La marche de 12 novembre

Dimanche 12 novembre, une marche a été organisée par la présidente de l’assemblée nationale pour soutenir Israël dans sa vengeance terrifiante sur la population palestinienne. Pour faire passer cette pilule amère, Mme Braun-Pivet a dit que ce serait pour dénoncer l’antisémitisme en France.
Sans même regarder les reportages qui ont rendu compte de cet événement, je sais déjà ce qui en sera dit à droite et à gauche car la manipulation est de mise dans le discours médiatique.
Ce qui est inquiétant, dès qu’on s’approche de la terre sainte, c’est la façon dont les journalistes français ne sont plus capables de penser par eux-mêmes. La petite émission d’analyse des médias que je mets en exergue ci-dessus fait un point sur le malaise qui a empêché notre champ journalistique de faire son travail depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre.

Voici les trois étapes de l’enfumage pro-israélien orchestré par la présidente de l’assemblée nationale :

1. En séance, elle déclare son « soutien inconditionnel » à Israël.

2. En Israël, elle fait corps avec l’un des belligérants et déclare que « rien de doit empêcher Israël de se défendre ».

3. De retour en France elle appelle la France entière à défiler en soutien au même belligérant. Ce soutien est explicite dans le texte d’appel publié dans Le Figaro et dans les drapeaux exhibés pendant la marche.

Conclusion : il était préférable de boycotter ce défilé, mais ceux qui ont voulu s’y rendre doivent avoir la paix.

Manifester contre Yaël Braun-Pivet et pour les juifs

La présidente de l’assemblée nationale a déshonoré la France à deux occasions. D’abord en déclarant officiellement son « soutien inconditionnel » à Israël, ensuite en déclarant que « rien ne devait empêcher Israël de se défendre ».

Rien.

Les mots ont un sens, glaçant et contondant. « Rien », il n’y a rien entre Israël et son action sur les Palestiniens. Par la présidence de l’assemblée nationale, la France commet la faute diplomatique et humaine de justifier les actions de l’armée israélienne.

Ce qui transpire des mots et des interventions de Yaël Braun-Pivet est l’annihilation de l’humanité même des Palestiniens. Ces gens arabes et musulmans existent, certes, mais leur vie, leurs droits, leur dignité ne valent presque rien, « rien », en tout cas rien en comparaison des êtres humains que sont les Israéliens.

Il n’est donc pas étonnant que la même politicienne, conservatrice modérée en France mais fanatique pro-sioniste au proche Orient, appelle à une marche contre l’antisémitisme en France au moment même où les Palestiniens se font massacrer sous les actions scandaleuses de l’armée israélienne. La même logique de mépris est à l’œuvre : il faut protéger les juifs car ils sont nos frères humains mais la sensibilité des musulmans n’a pas à être prise en compte car ceux qui meurent et étouffent en Palestine ne sont pas vraiment des hommes, ils n’existent pas autant que les familles israéliennes.

Par conséquent, l’extrême-droite française se rejouit de participer à cette marche avec Yaël Braun-Pivet. Sur ce point, comme sur bien d’autres points, ils sont sur la même longueur d’onde : rapprochement des juifs et des chrétiens et communion dans une même humanité ; exclusion des orientaux, des musulmans et des africains hors du champs de l’humanité. Leur calvaire, c’est rien.