L’eau, les Cévennes et l’espace

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C’est l’endroit que je préfère au monde. Non pas l’endroit le plus beau, ni celui où j’ai vécu les plus belles émotions, mais celui que je préfère, et où je prévois de passer une année entière, hiver compris, lorsque je serai parvenu à me débarrasser de tout espoir.

Autrefois, c’était une montagne boisée. Au Moyen-Âge, des hommes s’y sont installés et ont construit des murets pour faire des terrasses, sur lesquelles planter. Le châtaigner y pousse naturellement et on le voit partout. Lors de l’exode rural, au XXe siècle, la forêt a recouvert toutes ces montagnes qui paraissent aujourd’hui sauvages.

Mon frère, dans les années 1990, cherchait un lieu où s’établir. Après avoir voyagé et erré, il avait un boulot de nuit à Montpellier, et la journée il partait dans l’arrière pays, et faisait de longues courses dans les Cévennes. Il rêvait de s’octroyer un terrain, avec une source d’eau, où il pourrait vivre en relative autarcie. Il traînait sur les routes de montagne, il nouait quelques contacts avec des paysans. Il apprenait le patois local, pour engager plus naturellement avec les vieux. Il faisait preuve de patience.

Il garait sa voiture et s’enfonçait, à pied, d’abord sur les chemins, puis dans la végétation. Il apprenait à lire les montagnes sous les arbres et les buissons. Il distinguait les terres naturelles des parcelles dotées d’infrastructures en pierres, abandonnées et recouvertes par la forêt. Après des mois de recherche, il élut symboliquement domicile sur un terrain qui réunissait tout ce qu’il désirait : un petit cours d’eau, une vue dégagée sur la vallée, de nombreux espaces invisibles depuis la route en contrebas, des constructions en pierre (terrasses, escaliers, bassin, maisonnette en ruine), bref tout un monde à faire revivre. 

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Il finit par acquérir ce terrain pour le prix d’une parcelle de forêt inculte. Tout le monde, et la propriétaire autant que les autres, avaient oublié ces ouvrages en pierres sèches, qui témoignaient d’une activité paysanne multi-séculaire. A partir de ce moment, mon frère passa tous ces week-end à débroussailler, à arracher, à couper, à tailler, et à bétonner, cimenter, à remonter des pierres qui s’étaient éboulées, à renforcer des terrasses qui s’étaient affaissées.

Il a construit un cabanon, où il a installé des lits, une cuisine, un cabanon d’où il peut surveiller la vallée, et voir passer les nuages. A côté du cabanon, il a aménagé une salle de bains en plein air. Quand la baignoire est pleine d’eau de source, le voyageur combat la chaleur d’été en prenant des bains d’eau froide.  

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Ce que j’admire le plus sur ce terrain, c’est la manière dont la question de l’eau est traitée. C’est lorsqu’on se trouve perdu dans la nature qu’on réalise combien l’eau est la ressource la plus précieuse. Les hommes ont déployé des trésors d’intelligence pour la capter, la détourner, la distribuer, s’en protéger. En vivant dans la nature, mon frère a réappris à vivre avec l’eau, pour l’eau et contre l’eau. Il lui fallait capter le petit cours d’eau qui vient des sommets et ne sert qu’à grossir un affluent de l’Hérault. Pendant les mois d’été les plus secs, il se transforme en mince filet et ne peut ni arroser les légumes, ni offrir l’eau nécessaire à la vie humaine.

A l’aide de tuyaux, mon frère a rempli le bassin en pierre déjà prévu à cet effet, mais à aussi rempli un gros conteneur qui, installé sur la terrasse du dessus, permet d’aménager un système de douches et de lavabo. C’est ainsi que, dans les temps de canicule et de sècheresse, ce terrain est l’endroit du pourtour méditerranéen le plus accommodant au sage précaire. Il s’y douche au milieu des fleurs, l’eau de sa toilette court arroser les pommes de terre sur la terrasse en contrebas, son corps nu se sent en accord fragile avec les courbes de la nature.

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Vivre sur ce terrain, c’est redevenir un corps. Retrouver son corps et ses besoins, ses lacunes. Tout le terrain est construit sur le rythme d’un corps d’homme, sur ses mouvements et ses capacités. Les dimensions y sont rapportées : rien n’excède en longueur, en largeur ni en surface, ce qu’un homme peut faire. C’est pourquoi il n’y a pas de lignes droites. La circulation y est organisée en zig-zag, en retournements, en accélérations et en stationnements.

Chaque fois que j’y vais, j’essaie de le photographier, mais je n’y arrive jamais car c’est un lieu qui multiplie les espaces, les encoignures, les points de vue. C’est un terrain pour le mouvement du corps tout entier, et non pour les yeux seulement.

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Il me faudrait une année, pour écrire sur ce lieu, et pour le décrire. Une année pour aller à la rencontre des catholique de Notre-Dame de la Rouvière et des protestants d’Ardaillès. Une année pour apprendre à sentir le poids des choses, évaluer la force qu’il faut pour faire tenir des pierres les unes sur les autres, intégrer le mouvement simple et mystérieux de l’eau qui, à l’automne, vient contester bruyamment les édifications humaines.

Je considère ce terrain comme un petit paradis depuis longtemps. Sur mon premier blog, Nankin en douce, j’évoquais déjà l’idée d’aller y vivre quelques mois, comme si j’y sentais quelques chose d’essentiel à percevoir. En Chine, j’avais participé à une émission de télévision sur la France, où l’on m’avait demandé ce qui me manquait dans mon pays.

Rien, ai-je dit, sauf peut-être un petit bout de montagne, dans les Cévennes, dont on ne trouve pas d’équivalent ailleurs dans le monde. 

21 commentaires sur “L’eau, les Cévennes et l’espace

  1. C’est très beau, mais comment vas-tu gagner ta vie pendant un an ?
    Et ton frère, il vit sur cette montagne ? Même question, de quoi vit-il ?
    A te lire, on pourrait penser que vous êtes dans un monde sans argent, sans échanges et sans famille. C’est ça la sagesse précaire ?

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  2. C’est donc ça hein ? tu ne penses qu’a vivre d’amour etd’eau fraîche, comme ton frére ??? !!! hein hein !
    Et fonder une famille tu y penses oui ! Tu as presque quarante ans maintenant il serait temps de se ranger des voitures…ca ne te dis pas de faire comme notre Bon Maître Monsieur le Président avec sa famille recomposée, sa Jolie Femme Jeune et Jolie ?? Ca c’est un exemple par exemple, un modéle pour tous les français je le sais je l’ai lu dans Paris Martch euh Mart euh Match pardon avec de belles photos…Enfin bon moi ce que je dis hein tout le monde s’en fout…et l’atgent ca pousse dans les arbres peut etre hein !!??….ah mon pauvre fils…!

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  3. Je pense vivre d’amour et d’eau fraîche, oui. Le projet serait de vivre avec le maigre pécule que j’aurai mis de côté, et au maximum de ce que je pourrais produire et conserver moi-même. Il faudrait y réfléchir auparavant, ça c’est certain.
    Et puis, comme je suis un chic des types, j’imagine peut-être un peu naïvement que des amis viendraient m’apporter des douceurs, en échange d’un accueil chaleureux autour d’un feu de bois. Je leur raconterais des histoires de mon cru, mâtinées de légendes cévenoles, et ils me rinceraient le gosier de leurs vins et de leur fruits exotiques.

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  4. Pour ce qui est de mon frère, il élève des abeilles et fait du miel dans les montagnes du coin. Je n’entrerai pas dans les détails de sa vie car il n’a pas demandé à figurer dans ce blog. Enfin, vivre dans cet environnement ne l’a pas empêché de fonder une famille.
    Que moi je fonde une famille ? Eh bien on ne sait jamais, ces choses là ne se planifient pas, si ? Peut-être cela se fera-t-il lors de ces longues kermesses au coin du feu que j’imagine loin de tout stress. Une bonne amie pourrait bien succomber au charme fou de l’ours que je serai devenu, et commettre l’irréparable.

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  5. « Je pense vivre d’amour et d’eau fraîche, oui. Le projet serait de vivre avec le maigre pécule que j’aurai mis de côté, et au maximum de ce que je pourrais produire et conserver moi-même.

    Alors ça ! Moi, ce que j’aime chez le Sage Précaire c’est qu’au moins il ne triche pas avec sa propre intégrité, ses valeurs, ses concepts. Son programme a au moins le mérite d’être clair, net et concis ; …Rousseauisme mal dégrossi et stérétotypé habilement réadapté a la société Internet histoire d’amuser la gallerie composée de ses commentateurs geeks habituels ? ou réinvention géniale,formidable, excitante , fascinante et jouissive du mythe du bon sauvage avec des concepts encore inédits qu’aucun commun des mortels contemporains ne peut encore comprendre pour l’heure et qui fairont réver dans les livres de philo dans vingt, trente ans, gravé dans dans le marbre de l’Histoire de la Philosophie entre Fourier et Voltaire, a coté de Lévi-STRAUSS ? …je ne sais jamais définir ce, en tout les cas ca me plait bien ce projet de douce rébellion baudelairienne au coin du feu entourées d’amies (oui plein !) et de vins de toutes sortes (oui pleins pleins !)…du moment que ca ne tourne pas a la secte et que ca énerve les biens pensants bien gentils bien dociles ca me plait et c’esst tout ce qui compte finalement.

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  6. La cabane au fond du jardin ? Pour cela, il faudrait qu’il y ait une habitation. Non, ici, il n’y a que le cabanon, et la montagne.
    Rousseauisme, non, je ne vois pas de rousseauisme dans ma démarche, ou pas de manière évidente. Je ne pense pas que vivre dans la nature nous rapproche d’une quelconque nature humaine, ni que celle-ci, si elle existe, soit bonne.
    Je n’y vois pas non plus de rébellion. Contre quoi grands dieux ? Moi, j’aimerai toujours autant les villes, les machines, les échanges, la vitesse du virtuel.
    Je n’ai pas mis de jugement de valeur dans mon billet.

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  7. Voila qui est bien repondu ma foi.
    Un ami (un certain F…bibliothecaire de son etat) qui a beaucoup sevi sur ce blog et qui desormais se consacre a la cause politique et philosophique pour le salut de son pays et qui m’a dit quitte ces pages pour cause de fatigue nerveuse m’avait deja signale ce sens de la repartie assez pertinente chez le Sage Precaire. Je suis ravi de voir qu’il avait entierement raison.
    Je profite de cet espace d’expression et de liberte qui m’est offert sur ce blog pour signaler que ce meme F..(un stereotype rousseauiste a lui tout seul,mon ami et impresario !).travaille actuellement en plus de sa tache harassante de militant anarcho-segoleniste a la traduction et a la diffusion massive de mon oeuvre -quand il ne se prend pas trop la tete sur les rapports artistiques franco-chinois dont il reve d’ecrire untruc sur le sujet (sur Pa Kin par exemple ) et faire le partage de ses recherches en Irlande par exemple. (mais ca , c’est une auttre histoie…) . Oui, je ne me suis pas completement presente : je suis Paco Baikal, poete-pouet et ecrivant d’origine ukraino-mexicaine tres inspire par Michaux, Neruda, Ponge,Queneau, Octavio Paz, Segalen, Rimbaud of course et Juan Marti , Villon et Novalis entre autre…suivant les traces d’un certain Michel H raelien notoire j’espere ainsi pouvoir lancer ma carriere artistique et pourquoi pas gravir un jour les marches de Cannes , faire la une des magazines , etre connu , etre beau, gagner de largent, et partout etre intelligent et partout dans la rue je veux qu’on parle de moi, que les filles soient nues qu’elles se jettent sur moi, etc…. Je prend date de ce billet pour signaler que l’essentiel de mon oeuvre poetique de jeunesse (traduite et annote par ce meme F) est en cours de preparation et aura je ‘espere beaucoup de lecteurs des l’annee prochaine, 2010 annee du tigre je le rappelle. Vous en serez plus sur ma page Facebook/myspace en construction ainsi que sur un blog eventuel (en coyrs d’elaboration egalement)UNe annee dynamique donc et pleine de rebondissements.
    Cette auto-promotion etant faite, je signale que l’essentiel de mon oeuvre a ete ecrite d’ailleurs dans une cabane de ce meme type (bien que plus petit et en banlieue parisienne) et qu’il est for agreable , meme recommande (pour des raisons de sante mentale) d’ecrire  »au fond du jardin »…

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  8. Tiens un fantome, d’un auteur totalement inconnu de ma connaissance de surcroit..le neo materialiste-marxiste-keynesiano-cohn bendiste (a quand le rimbaldisme tzarien quintanesque eleve au rang de propositions politiques definitives : voici la vraie ligne du Parti un peu grossiere j’en conviens, le vrai changement mais personne n’y comprend que KouiK et riKane facon Jean Francois Kahnn alors on regresse et c’est back to the futur comme si il se passait rien et on fait semblant de se la rejouer Beckett, l’absurde, les annees cinKante, eKonomie du langage , SarKo Karla KeskipudonKtan Koi voila que je cause comme ce bon F kan il s’enerve et parle PolitiK Komme dams un bouKin de Kueneau etck…) que je suis a du mal a y croire je dois bien l’avouer, mais je dois reconaitre que pour une fois cette apparition tout a fait paranormale est tout a fait inspirante et enrichissante au vue de ce lien :

    http://www.larousse.fr/encyclopedie/article/Roberto%20Bola%F1o/11008079

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  9. C’est pas tellement Rousseau, c’est plutôt Henry David Thoreau, l’oncle américain de Guillaume. Dans ta cabane, tu pourras lire Walden et Emerson, mais la question que je le pose, c’est : est-ce que y aura internet ? Quand y a pas internet, comme pour moi en ce moment, ça change beaucoup de choses.

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  10. Ah non pas d’internet, pas un poste à 15 km à la ronde. Pas d’électricité non plus d’ailleurs. Quand on vit dans ces conditions pendant quelques jours, en général on s’emmerde, mais je suis sûr que sur une plus longue durée, nos perceptions changent et qu’on s’adapte bien.
    Je n’ai rien contre l’électricité, bien au contraire, mais en prévision des grandes coupures, il serait bon de s’habituer à vivre sans.
    Lire Walden pendant que soi-même on vit dans les bois, je ne suis pas sûr. Je me vois bien prévoir des lectures fondamentales, Hong Lou Meng ou Xi You Ji, et puis finalement passer mon temps à lire des journaux, des vieux magazines, voire des livres qui ne m’avaient jamais donné envie au préalable.

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  11. Merci pour la reference a Emerson, Ben, cela va beaucoup plaire a mon ami F..em plein trip philosophie americaine en ce moment et qui recherchait un philosophe americain sur lequel ecrire un petit article autre que Thoreau mais dans la meme lignee de pensee que celui ci.

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  12. Bonjour,
    Ca fait rêver, quel coin splendide !!! Mais les Cévennes sont réputées pour la beauté de sa nature !!!
    Merci pour ce beau témoignage et cet instant de sérénité !
    J’y recherche une parcelle de terrain pour y installer ma yourte, puisque vous êtes sur place, si vous entendez parler de quelque chose… pouvez-vous me contacter stp ?! (achat si peu cher, location à l’année, échange de services/entretien ou « sauvage » ; si possible près d’un cours d’eau). Merci et bonne continuation dans l’aventure !
    Khayaa

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  13. Je ne suis pas sur place, Khayaa, et serai bien en peine de pouvoir vous aider. Les yourtes, en effet, mon frère m’a dit que cela devenait furieusement à la mode dans les Cévennes. Je ne sais plus s’il avait dit qu’il aimait ou non, mais enfin, oui, cela se fait.
    Pour ma part, je suis pour que chacun fasse ce qu’il veut, mais je préfère me couler dans les habitats qui existent sur une terre donnée. J’ai aimé dormir en yourte en Asie centrale, mais je ne le ferais pas nécessairement en France. De même, j’aime le vin en France, mais en Irlande, je préfère la bière.

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  14. Pour l’aide, ce n’est pas grave, demander ne coûte rien.
    Mais votre commentaire me laisse pantoise et, à la fois, un « petit sourire » se profile sur mes joues…
    AH, la mode ! Oui, LOLLLLL, la mode, bien entendu !
    Vous confondez « gamping » pour gens moulus et creux, en manque de sensations, … et « décroissance »/sortie de la si vile société/survie/écologie/ etc.
    Les gens qui vivent en yourte, à l’année longue, ne le font pas pour la mode !
    Je vous laisse ce lien, très bien mené, d’une « yourteuse » exemplaire :
    http://yurtao.canalblog.com/archives/2009/08/24/14830013.html
    Et sinon, continuez à parcourir mon blog, peut-être allez-vous comprendre mes motivations… Tenez, une petite piste (au pire : à relire un peu mieux ?) : http://khayaa.canalblog.com/archives/2009/08/07/14674146.html

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  15. Bonjour, je découvre votre petit article sur les Cévennes, qui vont devenir populaires (peut être hélas …) et je l’aime bien. Je vis là depuis 6 ans et que j y suis bien !!!!! pas de cabane mais une petite maison qui me va bien, j ai trouvé ici mon paradis ! mon manque : l’eau, mais je travaille à en récupérer un maximum. C’est d’aileurs en recherchant des idées que j’ai trouvé votre site… Vous expliquez fort bien ce bien être que j ai trouvé ici !

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    1. Merci Miette. Eh oui, les Cévennes deviennent populaires, et c’est une très bonne chose, surtout que les « néo-ruraux » qui sont attirés par les Cévennes n’ont pas pour ambition de détruire les patientes constructions en pierre des montagnes, mais au contraire de s’y lover. C’est donc tout bénéf : une région qui revit malgré l’exode rural, et un patrimoine qui se conserve.
      Où êtes-vous donc, dans les Cévennes ?
      L’eau, c’est toujours le grand problème, le grand truc. J’ai revu Jean de Florette l’autre jour, avec Montand et Auteuil, c’est très beau. J’aime que la dramaturgie entière d’un livre ou d’un film tourne autour d’une chose aussi simple et fondamentale que cela : avoir de l’eau.

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