Elections britanniques : où en est le multiculturalisme ?

J’avoue que je ne savais pas trop comment les prendre, ces élections. Les maladresses de Gordon Brown, le pâle conservateur David Cameron dont le meilleur argument est le charme de sa femme, et même la percée médiatique sans contenu du Liberal Democrat Nick Clegg, me laissaient indifférent. On sait ce qu’ils vont faire après les élections : naviguer à vue en réduisant les dépenses publiques.

Soudain, un débat télévisé entre des seconds couteaux des principaux partis m’a intéressé. Il y était question d’immigration. Les hommes politiques en présence se chamaillaient, mais c’était pour cacher le fait qu’ils étaient tous d’accord. Ils veulent tous une politique d’immigration plus ferme, car ils pensent tous qu’il y a trop d’étrangers en Grande Bretagne, même s’ils reconnaissent que les étrangers ont joué un rôle essentiel dans la croissance des quinze dernières années.

Un seul parti propose un truc différent, mais qui se trouve être de la poudre aux yeux : les Liberal Democrats veulent régulariser les « sans papier » qui sont sur le territoire depuis dix ans et plus. Quand on leur demande le chiffre de ces étrangers illégaux, ils répondent qu’ils n’en savent rien, et que personne n’en sait rien, mais qu’il faudra que les étrangers en question prouvent qu’ils travaillent ici depuis dix ans. Comme c’est impossible à prouver pour des gens qui bossent au noir, cette mesure n’est qu’un machin médiatique qui a pour but d’attirer l’électorat de gauche sentimental, celui qui n’a plus rien de politique mais qui voit les choses uniquement à travers le prisme de la morale, de la gentillesse et de la culpabilité.

Ce qui a attiré mon attention, finalement, c’est la question du multiculturalisme. On leur demande, à tous, s’ils privilégieront « l’intégration », ou le « multiculturalisme ». Le journaliste précise à plusieurs reprises que le multiculturalisme représente ce qui divise la société. Tous répondent « intégration », en particulier le parti d’extrême droite qui se réjouit de voir que ses idées ont finalement triomphé.

Le sage précaire franchouillard se dit, in petto, que ce n’est pas l’extrême droite qui triomphe dans la perfide Albion. Ce qui gagne du terrain, c’est le républicanisme à la française. Mais cela, nos amis et cousins grand-bretons ne peuvent l’admettre.

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