Voyage à Fès, sur les traces d’Ibn Battuta

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c’est bardé de toute quincaillerie historique et littéraire que j’ai décidé d’aller voir à Fès ce qui restait de la présence d’Ibn Battuta. C’est ici que le sultan mérinide Abou Inan l’a accueilli et lui a permis de vivre ses dernières décennies. C’est ici qu’il a écrit son long récit de voyage avec l’aide d’Ibn Juzayy.

La vieille ville est vraiment très vieille et s’avère un véritable labyrinthe. Datant du XIIe siècle, elle est un dédale grouillant d’artisans et de promeneurs. Des micro-entrepreneurs comme la sagesse précaire les aime. Le sage précaire lui-même, micro-entrepreneur spécialisé dans tout ce qui se transmet, tout ce qui se pense et s’écrit, promène son micro pour réaliser un reportage radio.

Comme on s’y perd facilement, d’innombrables Marocains vous abordent pour vous servir de guide dans la vieille Medina. Cela pourrait être gentil, mais l’insistance avec laquelle ils vous abordent rend le séjour à Fès éprouvant. La première fois que je m’y perds (c’est-à-dire la première fois que je m’y rends) je finis par rendre les armes et accepter l’aide d’une bande d’enfants. Ces enfants me demanderont une somme d’argent outrageusement supérieure à la moindre course en taxi.

Un vieux couple viendra à leur rencontre et les tancera vertement. On ne demande pas d’argent aux touristes, on leur dit : « c’est pour le plaisir ». A ma grande surprise, les bambins obéissent immédiatement au vieux grand-père.

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L’hôtel est une sorte de palais pour précaires, où l’on vous offre un thé à la menthe, où le petit déjeuner se prend sur le toit-terrasse, et où votre amoureuse se fait mystérieusement bouffer par des punaises de lit.

Et les quartiers d’artisans se succèdent avec précision. Le quartier des tanneurs est sans doute le plus impressionnant : on peut observer depuis des toits la vie terrible des tanneurs qui traitent et teintent le cuir dans des cuves de liquides colorés. Si l’on en croit les effluves qui se dégagent desdites cuves, je ne donne pas cher de la santé des tanneurs. Ils respirent un air hautement toxique qui semble n’avoir pas beaucoup évolué depuis quelques siècles.

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