Je suis toujours à Riyad, en Arabie saoudite, et le vol prévu pour mon retour en Europe a été annulé. Je pense donc à mon avenir en cherchant concrètement ce que je peux faire pour partir d’ici et rejoindre ma femme à Munich.
Bloqué loin de chez moi par la guerre, je pense automatiquement à la nécessité pour la sagesse précaire de fuir le monde pour aller faire un jardin. Toute cette agitation dans les aéroports, ces incertitudes, me ramènent à une intuition que j’ai depuis longtemps. Cela fait déjà depuis 2008 ou 2009 que j’évoque sur ce blog l’idée d’un affrontement majeur entre les États-Unis et la Chine. Aujourd’hui, j’ai le sentiment que nous sommes entrés dans une phase de conflit mondial qui ne dit pas encore son nom, mais qui se manifeste par différentes zones de tension.
Dans ce contexte, les tensions entre l’Iran, les pays du Golfe, Israël et les États-Unis s’inscrivent dans un mouvement plus large. Et parmi les conséquences possibles, il y a des questions très concrètes comme l’accès à l’eau. De plus en plus de médias évoquent des difficultés d’approvisionnement en eau potable.
Tout cela renforce chez moi une conviction personnelle : il faut se recentrer sur ses proches et sur un ancrage territorial concret. Depuis plus de dix ans, j’ai acheté un terrain à Aiguebonne, dans les Cévennes, avec cette idée en tête. C’est un lieu isolé, mais accessible, avec de l’eau grâce à une source. Ce n’est pas un lieu de repli au sens défensif ou survivaliste.
L’idée n’est pas de se cacher ni de se préparer à affronter des ennemis. L’idée est de créer un espace de vie simple et beau, un lieu où l’on peut accueillir la famille et les amis. Il ne faut pas se crisper sur ce que l’on possède ni se refermer sur soi-même. Il faut au contraire construire quelque chose qui s’ouvre amplement sur ses affinités électives, cultiver un terrain, faire un jardin.
Un jardin, ce n’est pas seulement pour produire. C’est un espace de jeu, un lieu de respiration, un endroit où peuvent se développer l’amitié, les échanges et une certaine forme de vie commune. C’est une manière de rester humain dans un contexte qui peut devenir de plus en plus tendu. Je nous vois d’ici lire des livres à l’ombre de mes arbres fruitiers, composer des salades et des airs de guitare, nous baigner dans le bassin de mon terrain pour nous rafraichir pendant la canicule.
Je pense à tout cela aujourd’hui, interdit de mouvement, le jour de l’Aïd 2026.
En ce jour d’Aïd, je souhaite une bonne fête à tous les musulmans de la Précarité du Sage, ainsi qu’à tous ceux qui ne sont pas musulmans.
Et pour les Lyonnais qui ont vu perdre l’OL hier contre un club espagnol qui ne le méritait pas, je dirais simplement : consolez-vous en cultivant votre jardin.
Ah mon chère ami sage précaire bloqué dans le tumulte du monde. Je trouve enfin le temps de me poser pour lire ce dernier billet de toi et te dire que cela fait pas mal de jour que je m’inquiète à te savoir loin de nous tous dans ce moyen et si lointain orient.
j’avais écrit un commentaire après un précédent billet, mais parfois il faut à nouveau montrer patte blanche au moment de valider le post et cela tombe au mauvais moment, alors on renonce et on repart dans la course des heures.
Oui, il faut cultiver son petit morceau de terrain et s’occuper des siens. pas si facile quand, comme moi, on prend un jardin trop grand… autour d’une maison trop grande…. mais c’est ainsi qu’on se sent à sa place. Cependant, la vie dans un petit territoire n’est pas facile. Il y a des petites guerres de proximité qui sont terriblement usantes. Mais à nous peut-être de savoir les vivre et les résoudre puisqu’elles sont à notre dimension.
Hâte que tu reviennes vers nous, hâte de te savoir auprès d’Hajer, hâte de revenir chanter sous la lune dans les Cévennes avec toi.
Le défaite de l’OL ne me concerne pas, mais la possible victoire aux élections métropolitaines de l’ancien directeur de l’OL, le détestable Aulas, et de ses collaborateurs, oui.
Bonne fête de l’Aïd dans ta solitude reliée et la profondeur de ta sagesse.
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Waow, Cécilia, tes mots sont très réconfortants.
Je vais essayer de me rendre à l’aéroport ce soir pour prendre un vol vers 2 heures du matin. Prions Dieu que ce vol me mène près de ma mie.
Pour ce qui est de la difficulté des commentaires, c’est vraiment pénible, et je remercie chaleureusement ceux qui ont la patience de laisser quelques mots par moments.
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