Du jardinet de moinillon

Fleurs, bain et jardinet 036

C’est un des grands commentateurs de ce blog, Cochonfucius, qui l’a baptisé : le « jardinet de moinillon » est le tout petit potager qui se trouve derrière la cabane. L’été dernier, il y poussait des tomates, du basilic et des courges de Nice.

Pendant l’hiver, le jardinet s’est reposé. Je l’ai recouvert de mon compost et d’un fumier humain délicat. Fin février, j’ai semé des graines d’oignons doux, et de l’ail. Comment appelle-t-on les petits quartiers qui composent une gousse d’ail ? J’ai planté trois de ces quartiers. Deux mois plus tard, l’oignon sort doucement, et l’ail pousse avec puissance. C’est la gloire de l’ail.

Fleurs, bain et jardinet 033

Mi mars, j’ai semé des radis, des laitues, du basilic, du persil, de la ciboulette et, un peu partout, des fleurs (des cosmos!).  Je m’inquiétais de ne rien voir arriver, jusqu’à ce que les radis ramènent leur fraise il y a quelques jours. J’étais fou de joie.

Je ne me suis pas arrêté là, mais je m’arrêterai là pour aujourd’hui.

Mon petit potager

J’aime m’occuper de ce petit coin que mon frère à préparé à la hâte, derrière le cabanon. Il a planté là des plants de tomates, du basilic, des plants de maïs et de courges de Nice, toutes choses qu’il avait en surplus et dont il ne savait que faire. Ce petit potager ne bénéficie pas du système d’arrosage « goutte à goutte », qui permet aux plantes de survivre même si personne ne s’en occupe quelques jours. Ce petit potager de poche, au contraire, il faut s’en occuper, arroser au jet d’eau ou à l’arrosoir, désherber, démêler les filaments divers.

Hier, j’ai compté pas moins de quarante tomates encore vertes, alors que ce petit potager me nourrit quotidiennement depuis des semaines déjà.

Ce qui me donne le plus de satisfaction, c’est de relever les plants de tomate pour éviter que les tomates ne traînent sur le sol. Je plante des bâtons de bois de-ci de-là et noue les bras de tomates. La plante de la tomate aime s’enrouler, se frotter, se suspendre. Parfois, il n’est pas besoin de ficelle, les feuilles et les ramifications filandreuses épousent les tuteurs et restent élevées, contentes de s’exposer au soleil.

Rien ne me plaît plus que de voir me tomates se soulever et éclaircir le sol. J’y vois une partition de musique, les tomates jouent le rôle des notes (les vertes seraient les moins sonores et les rouges les plus complexes), les tuteurs incarnent les barres de mesure, et les branches horizontales constituent des portées mouvantes.

Oignons doux des Cévennes

Un jour de la semaine dernière, il était temps de « casser » les queues des oignons doux. C’est la dernière étape avant le ramassage. Arrêter l’arrosage et couper le canal de la tige verte, en les couchant sur le sol – mon frère a opté pour une méthode expéditive, il a marché dessus. Ainsi, les radicelles vont encore pomper autant de sève que possible, mais cette dernière va se concentrer dans le bulbe, qui grossit une dernière fois. J’explique en gros, pour ceux qui n’y connaissent rien.

Mon frère est assez fier de cette terrasse. C’est la première fois qu’il cultive ces délicieux légumes, depuis la semance jusqu’au ramassage, en passant par l’obtention de semis et leur replantage en rangs, sur une terrasse à la terre riche, humide et bien ensoleillée. Il paraît que ce n’est pas évident, pour un amateur.

(Mon frère se perçoit toujours comme un amateur, en tout, dans le jardinage comme dans l’apiculture ; comme dans la musique. Cela convient aux préceptes dogmatiques et intangibles de la sagesse précaire.)

La nuit qui précédait cette dernière opération de couchage des queues d’oignon, un sanglier m’avait rendu visite pendant que je dormais. Il avait fouillé la terre de cette terrasse, non pour manger les légumes, mais pour trouver des vers de terre. . De fait, le matin, j’avais été un peu inquiet de voir cette terre labourée ; je prévenais mon frère pour qu’il vienne constater les dégâts, mais il ne se pressa pas, il savait de quoi il retournait. C’est à cause de la sècheresse : les sangliers commencent à s’approcher des vergers et des potagers, car la terre y est arrosée, et ils peuvent expérer y trouver plus de nourriture que dans les forêts un peu arides.

D’où l’avancement de la date d’ouverture de la chasse au sanglier. Le Midi libre nous apprend que pour les raisons susdites, la chasse commencera dès le 15 août, et non en septembre. J’aimerais bien participer à une battue, apprendre un peu cet art de la chasse, et le cas échéant, obtenir un petit morceau de viande, mais je ne suis pas introduit dans les bons cercles pour cela.

Tout est bien qui finit bien, en tout cas, pour les oignons de mon frère. Ce sont des mets exquis, je le certifie. Tout blancs, ces oignons peuvent se manger crus, dans des sandwiches et des salades. Revenus à la poêle, ils caramélisent et vous fondre de bonheur.

Sur le conseil de ma mère, je les coupe finement, les mets en bocaux et les fais baigner dans l’huile d’olive. Je rajoute de l’ail et quelques branches de basilic. La décoction patientent et c’est un condiment savoureux dans les assiettes de pâtes, de riz ou dans les salades en tout genre.

Qui a dit que je ne parlais jamais de cuisine ?