Allemagne, pays de vieux et d’étrangers

Il suffit de rester une période moyenne en Allemagne pour se rendre compte que la plupart des personnes avec qui vous avez à faire n’est pas allemande.

Dans les magasins, les administrations, les transports, tout le monde parle polonais, turc ou italien avant de s’adresser à vous en allemand.

J’ai déjà parlé de la vieillesse des populations allemandes dans les quartiers residentiels. Et vraiment, jour après jour, en tout cas dans une première année passée partiellement en Allemagne, l’impression qui s’impose à moi est celle d’un pays qui ne pourrait pas survivre sans une immigration soutenue.

Et c’est le moment que l’éternel racisme a choisi pour réapparaître.

Bégaudeau/Enthoven, deux manières opposées de raconter sa vie

Il est passionnant de lire deux autobiographies en parallèle, Deux singes ou ma vie politique de François Bégaudeau et Le Temps gagné de Raphaël Enthoven.

Les deux hommes sont nés au début des années 1970, étaient de bons élèves. Ils passent à la télé et dans les médias, les deux sont engagés politiquement, et sont d’excellents orateurs. Ils publient tous deux des livres. Ils sont agrégés, l’un de lettres l’autre de philosophie. Le parallèle se fait de lui-même.

Or, le lecteur fait une expérience radicalement différente quand il lit Le Temps gagné et Deux singes.

Dans le livre d’Enthoven, il n’apprend rien et reste assis dans son rôle de spectateur.

Dans le récit de Bégaudeau, le lecteur est debout et il se déplace. Il n’est pas spectateur, il participe à un atelier. Le texte fonctionne comme une proposition narrative qui explique comment la politique s’introduit dans une vie, et comment un indivu l’appréhende. Le lecteur est donc invité à chaque page à faire ce même travail de mémoire et de politique.

Quand on lit Bégaudeau, on n’est pas impressionné. On n’est pas au spectacle, on n’admire ni ne déteste jamais le petit Bégaudeau narrateur, car on est mis en mouvement. La fonction lecteur est dynamisée, et on est invité à se mettre au travail.

Enthoven, au contraire, prend soin de nous mettre à distance et de nous dire regardez-moi. Quand il parle des coups de son beau-père, de la défécation de sa femme, de la maison de Carla Bruni, c’est Raphaël qui danse devant nous, sur cette scène majestueuse que le monde éditorial et médiatique a construite pour nous. Raphaël n’oublie pas de se donner le mauvais rôle parfois pour ne pas apparaître malhonnête.

Bégaudeau, lui, parle de lui comme Sartre le faisait dans Les Mots, parce qu’une vie humaine en vaut une autre. Bégaudeau sait que sa vie n’est pas plus intéressante que la nôtre. Il traque son enfance dans ses éléments concrets pour trouver à quel moment et pourquoi il est devenu « de gauche », alors que son frère et sa sœur se fichent de la politique. Le déterminisme familial facile étant évacué, on peut chercher des déterminismes plus fins, plus complexes, et c’est une quête passionnante à poursuivre.

« C’est fini » / La bascule du 7 octobre 2023

Depuis les attaques du 7 octobre 2023, j’ai le sentiment très net d’un changement profond et radical dans la fabrique des idées en France. Une voix dit, à l’intérieur de moi : « c’est fini. »

Mais qu’est-ce qui est fini ?

Les espoirs de voir un État palestinien sont morts depuis longtemps, la paix était remplacée par le concept de sécurité pour les Israéliens, au prix d’un écrasement du peuple palestinien. Bien, c’était la victoire de l’extrême-droite, la solution raciste qui réussissait à s’imposer même aux pays arabes de la région. De ce fait, les Français pro-israéliens pouvaient imposer leur narratif en douceur.

C’est cette domination de l’idéologie pro-israélienne qui est en train de dérailler en France. Ils ne peuvent plus nous intimider en nous traitant d’antisémites. C’est fini. Ils essaient encore, les journalistes de télévision se déchaînent contre Jean-Luc Mélenchon, mais ça ne marche plus. La machine à intimider, à anathématiser, est maintenant grippée. Ce qu’ils ont réussi à faire avec Edgar Morin, Pascal Boniface, Jeremy Corbyn, Daniel Mermet, ou encore Siné, c’est-à-dire à leur pourir la vie, à les faire taire, à leur faire perdre leur emploi, ils n’y arrivent plus aujourd’hui.

Pendant une grosse vingtaine d’années, le discours israélien en France s’est imposé et a démontré sa puissance dans nos médias. Ce mouvement a commencé après les attentats du 11 septembre 2001, et a trouvé son terme le 7 octobre 2023. Vingt-deux ans de domination intellectuelle étouffante. Je ne donne pas de noms parce qu’ils sont innombrables : ceux qui travaillaient à la télévision avaient l’obligation soit de se taire sur la question israélienne, soit abonder dans le sens de la colonisation juive, soit disparaître des écrans. Prenez le cas de deux chroniqueurs de l’émission phare des années 2010, On n’est pas couchés : Aymeric Caron est gentiment (silencieusement) poussé vers la sortie pour avoir confronté une star des médias sur le sort des Palestiniens, entre autres faits d’armes qui lui sont encore reprochés. Yann Moix reste apprécié du fait de son soutien indéfectible à Israël. Ça se voyait, je le voyais, mais le dire nous faisait passer pour des antisémites.

Mais c’est fini tout ça. Ils ont trop tiré sur la corde, et de son côté, Israël a trop massacré, humilié et brutalisé. Soutenir la politique de ce pays, tout en diffamant ceux qui le critiquent, c’est maintenant être dans le camp de l’inhumanité la plus décomplexée. C’est une nouvelle tragédie pour les juifs, ils n’avaient pas mérité ce fardeau. Leur plus grand ennemi, depuis 2001, ce ne sont pas les musulmans, pas les « islamo-gauchistes », mais bien les défenseurs aveugles d’Israël.

Le cas le plus célèbre de ces gens intimidés par ce groupe d’intérêt est le comedien Dieudonné, que je défendais dans ce blog il y a quinze ans. J’y voyais déjà une injustice et je me faisais insulter. Je n’y reviens pas, car les historiens vont s’y pencher abondamment. J’ai fait ma part du travail.

Observons ce qui va se passer avec les comédiens de France Inter qui se trouvent sur la sellette. Selon toute probabilité, ils devraient disparaître eux aussi, car un mouvement d’oppression intellectuelle ne meurt pas vite, et puis les soutiens d’Israël restent majoritaires dans nos médias, donc il va y avoir de nouveaux soubresauts. Mais il va être passionnant d’observer comment la transition va se jouer et à quoi elle va mener.

Qui parle de « Cancel culture » ?

Cette émission de débat est intéressante en ce qu’elle dissimule. Les quatre intervenants expliquent ce qu’est la culture de l’effacement (cancel culture en anglais) sans jamais dire que ce terme est lui-même connoté et problématique.

En effet, ceux qui veulent renommer les rues du maréchal Pétain, ou les rues Adolf Hitler, déboulonner les statues de Lénine ou de Staline, retirer de la vente les pamphlets antisémites de Céline, ne cherchent pas à « effacer » la mémoire de ces personnalités. D’ailleurs personne ne songe à parler de cancel culture à leur propos.

On en parle depuis quelques années parce que ceux qui veulent déboulonner ne paraissent pas légitimes aux yeux des dominants. Ôter les nazis et les antisémites de nos villes, c’est normal, mais protester contre les colonialistes, les esclavagistes et les racistes, franchement, les maîtres trouvent cela exagéré. Alors on invente des mots incriminants : culture de l’effacement, nouvelle dictature de l’esprit, terrorisme intellectuel. Domination des minorités agissantes qui « nous » imposent leur vision et leur valeur…

Il n’y a pas de culture de l’effacement, ce terme a été inventé par des privilégiés qui cherchaient à décrédibiliser les simples citoyens qui voulaient faire entendre leur voix. Alors on les traite de « puritains », de « racistes », de « dictateurs », on leur prête une volonté d’interdire, de proscrire, d’annuler des oeuvres (« cancel » se traduit aussi par « annuler » !), comme si des minorités pouvaient imposer quoi que ce soit à un système médiatique verrouillé par de richissimes hommes d’affaires.

En réalité, quand on s’attaque à des statues d’esclavagistes, c’est pour éviter de célébrer des grands hommes comme s’ils n’avaient rien fait de mal. Quand on critique une star de cinéma accusée de viols et d’agressions, c’est pour ne pas oublier les nombreuses victimes qui ne sont pas écoutées, et qui finissent, chaque année, par mourir sous les coups de leur compagnon. Mais la mémoire n’est en aucun cas « annihilée ». Les films dans lesquels joue Gérard Depardieu seront toujours diffusés et aimés. En revanche les films les plus choquants peuvent être mis hors de portée des publics fragiles. Il s’agit seulement de retirer de l’espace public les signes ostensibles de célébration de certaines personnes, quand il a été avéré qu’elles ont participé à opprimer, à dégrader des gens qui furent méprisés dans nos sociétés.

Juifs, noirs, femmes, homosexuels, ouvriers, insurgés, beaucoup de gens furent persécutés de manière brutale et injuste, et quand ils prennent la parole, ils affirment ne pas supporter qu’on célèbre tranquillement ceux qui ont écrasé leurs ancêtres ou agressé les gens de leur espèce. Qu’y a-t-il de révoltant à cela ?

Cela ne les efface absolument pas. Nous continuons de lire Céline, et même ses pamphlets grâce aux prêts bibliothécaires. Nous continuons d’étudier l’histoire. Les statues déboulonnées ont toujours leur place, comme le dit un manifestant dans l’émission que je mets en ligne : leur place est dans les musées. L’expression « culture de l’effacement » est un donc mensonge. Ceux qui l’emploient sont soit menteurs, soit manipulés par des menteurs..

Après des propos polémiques de Meyer Habib, trente-neuf députés demandent la levée de son immunité parlementaire

Il a fallu attendre la fin de 2023 pour que des responsables politiques enrreprennent enfin une action contre le problématique Meyer Habib.

La Précarité du sage alerte sur cet individu indigne de la représentation nationale depuis plus de deux ans. L’appartenance à Israël est doucement en train de perdre l’immunité qu’elle garantissait avant le nouvel épisode apocalyptique que nous sommes en train de vivre depuis les attaques du 7 octobre 2023.

Je mets en ligne ci-dessous l’article du Monde qui relate l’action des députés de gauche contre M. Habib.

https://www.lemonde.fr/politique/article/2023/12/22/guerre-israel-hamas-apres-des-propos-polemiques-de-meyer-habib-trente-neuf-deputes-demandent-la-levee-de-son-immunite-parlementaire_6207245_823448.html?lmd_medium=al&lmd_campaign=envoye-par-appli&lmd_creation=android&lmd_source=default

Gangubai Kathiawadi, un film indien progressiste

Scène de danse du film Gangubai Kathiawadi

Film indien de 2022, Gangubai Kathiawadi raconte l’histoire d’une femme née dans une bonne famille, enlevée puis vendue pour devenir prostituée à Bombay. Le réalisateur est très célèbre en Inde. Il cherche à élaborer un discours d’émancipation pour les femmes de mauvaise vie dans un pays conservateur.

Comme tous les films de Bollywood, il y a des chants et des danses, mais très peu malheureusement. J’ai adoré ces scènes aux mouvements amples et à la sauvagerie maîtrisée.

Mais le plus impressionnant dans ce film, outre la flamboyance picturale des plans, ce sont les messages sociaux et politiques qui y sont diffusés.

L’émancipation des femmes est naturellement en première page de l’agenda. Le film met en scène un processus d’émancipation d’un groupe de travailleuses du sexe.

La coexistence entre indhous et musulmans est une ligne narrative très forte à mes yeux, même si elle n’est pas très explicite pour ceux qui ne seraient pas informés. Les personnages musulmans jouent un rôle plutôt positif puisque lorsque le personnage principal se fait frapper par un pashto, elle va chercher protection auprès d’un leader de la communauté musulmane, qui se comporte avec elle en gentleman.

De même l’héroïne tombe amoureuse d’un jeune tailleur de vêtements, mais sacrifie cet amour pour donner ce garçon en mariage à une de ses protégées qui ne veut plus se prostituer. On devine qu’elle ne s’autorise pas à être heureuse, mais aussi qu’elle ne veut pas des difficultés d’un mariage mixte, car on devine que le jeune amoureux est lui aussi musulman alors qu’elle est hindoue.

La légalisation de la prostitution est enfin une étonnante revendication du film. On y voit des travailleurs du sexe qui ne demandent pas qu’on interdise leur activité, mais qu’on les considère avec respect et dignité.

Tout cela me paraît étonnamment progressiste pour un film grand public dans un pays dirigé par un nationaliste raciste. Il y a même des dialogues qui m’auraient semblé osés dans un film français.

Hitler ou Moscou ? D’André Germain

La fiche Wikipedia d’André Germain n’existe qu’en allemand car l’écrivain a laissé une trace plus vive à Berlin qu’à Paris. À tel point d’ailleurs qu’il aurait inspiré un personnage du roman Mephisto de Heinrich Mann alors qu’il n’a rien inspiré à personne en France. Nul n’est prophète…

Ce n’est donc pas étonnant que j’aie pu trouver ses livres en éditions originales à la Bibliothèque nationale de Bavière. J’ai emprunté notamment Hitler ou Moscou ? publié en 1933 chez Denoël. Contrairement à ce que le titre laisse penser il s’agit d’un récit de voyage, ou d’une série de rencontres, de portraits et de reportages en Allemagne, à un moment très précis de l’histoire. Le livre est entièrement écrit entre les élections de 1932, qui ont donné la majorité relative à Hitler, et la nomination de Hitler au poste de chancelier. C’est donc le portrait d’une nation nerveuse, énervée, à bout de nerfs.

Au début du livre, on ne sait pas encore si Hitler va gouverner le pays, s’il accepterait un poste de ministre dans un gouvernement de droite, s’il sera capable de travailler en coalition. Germain insiste sur le fait que ses supporteurs sont fanatiques et qu’au moindre faux-pas la jeunesse nazie peut passer aux communistes.

Car selon notre voyageur qui était brillant germaniste, la vie en Allemagne réside aux extrêmes.

L’Allemagne est saturée d’esprit révolutionnaire. L’observateur impartial sent de plus en plus que la force et la vie sont aux extrêmes, aux extrêmes révolutionnaires de gauche et de droite.

André Germain, Hitler ou Moscou ?, 1932, p. 107.

Il admire les communistes et les nationaux-socialistes, et nomme « bouillie » les partis démocratiques qui font vivre la république de Weimar. Chez les communistes, il admire surtout les grands écrivains. Il fait la recension de plusieurs pièces de Brecht, notamment,

À la fin du livre, Hitler a bien été nommé chancelier et on comprend que la preférence de Germain, s’il fallait choisir, pencherait plutôt pour Hitler que pour Moscou. Non par haine des juifs car Germain ne semble pas habité par cette maladie, mais par un raisonnement bizarre selon lequel les nazis incarnent involontairement un projet chrétien, et qu’il faut bien faire un choix de civilisation en définitive. Quand les peuples et les médias soortent de leurs gonds, ils ressortent les vieilles chimères civilisationnelles, comme aujourd’hui et les vieux racismes qui exultent.

Dans les nationaux-socialistes on ne voit plus que des antisémites. C’est confondre la partie avec le tout ; ou plutôt c’est attribuer une importance excessive à un phénomène infiniment regrettable, mais qui s’atténuera, sous la pression des problèmes plus profonds.

Ibid., p.209.

Germain ne pouvait pas se tromper davantage. L’extrême-droite massacre les innocents précisément pour cacher les problèmes plus profonds.

L’anomalie du député Meyer Habib commence à se voir

Le trouble député

On commence seulement à voir le problème que pose à la république le député Meyer Habib. Ses déclarations ne peuvent pas être acceptées par le peuple français. Je me demandais quand la presse majoritaire allait s’intéresser à son cas.

Il y a un an, La Précarité du sage dénonçait les outrances de cet étrange personnage qui parle mal, qui semble aussi stupide qu’ignorant. Comment des individus aussi bornés peuvent atteindre des postes aussi convoités que celui de la députation ? Ou alors Habib cache-t-il son jeu ? Sa faconde vulgaire et agressive dissimule-t-elle un esprit étonnamment analytique ?

Lobbyiste, il ne dit jamais rien qui prenne la défense des intérêts français. Son unique obsession, c’est l’extrême-droite israélienne. Il soutient inconditionnellement un régime raciste et messianique, quitte à froisser l’armée française. Tout ce qu’il dit est contraire aux valeurs de la république laïque, sociale et universaliste qu’est censée être la France.

Tags étoile de David : Allez-vous présenter des excuses ?

Des étoiles bleues, aux couleurs du drapeau israélien, ont été vus sur des murs de Paris et de sa banlieue, fin octobre début novembre 2023. D’emblée, on a parlé d’antisémitisme et on a accusé les « arabes », la gauche, les islamistes et les immigrés musulmans.

Puis on s’est aperçu qu’un couple de Moldaves avait pu être à l’origine de ces tags, mais curieusement ces Moldaves ont été exfiltrés et se trouvent aujourd’hui en Moldavie. Mince alors, la justice française ne pourra pas les interroger et faire la lumière sur ces étranges actes de vandalisme.

Les jours passent et la question reste en suspens de savoir si finalement c’étaient des actes antisémites ou au contraire des signes de supporters d’Israël…

En revanche, les « arabes », les musulmans et les gauchistes n’ont pas été lavés des insultes qui les ont éclaboussés pendant plusieurs jours. Ils n’ont rien à voir avec ces tags, on les accuse quand même, puis on parle d’autre chose quand on se rend compte que l’événement était plus compliqué que prévu. Plus obscur que ne le pensait celui qui parla d’antisémitisme « couscous ».

Il serait bienvenu qu’on présente ses excuses à ceux qui sont continuellement accusés abusivement. Ce serait aussi un signe de cette « civilisation » dont on est si fier et dont on nous rebat les oreilles.

Manifester contre Yaël Braun-Pivet et pour les juifs

La présidente de l’assemblée nationale a déshonoré la France à deux occasions. D’abord en déclarant officiellement son « soutien inconditionnel » à Israël, ensuite en déclarant que « rien ne devait empêcher Israël de se défendre ».

Rien.

Les mots ont un sens, glaçant et contondant. « Rien », il n’y a rien entre Israël et son action sur les Palestiniens. Par la présidence de l’assemblée nationale, la France commet la faute diplomatique et humaine de justifier les actions de l’armée israélienne.

Ce qui transpire des mots et des interventions de Yaël Braun-Pivet est l’annihilation de l’humanité même des Palestiniens. Ces gens arabes et musulmans existent, certes, mais leur vie, leurs droits, leur dignité ne valent presque rien, « rien », en tout cas rien en comparaison des êtres humains que sont les Israéliens.

Il n’est donc pas étonnant que la même politicienne, conservatrice modérée en France mais fanatique pro-sioniste au proche Orient, appelle à une marche contre l’antisémitisme en France au moment même où les Palestiniens se font massacrer sous les actions scandaleuses de l’armée israélienne. La même logique de mépris est à l’œuvre : il faut protéger les juifs car ils sont nos frères humains mais la sensibilité des musulmans n’a pas à être prise en compte car ceux qui meurent et étouffent en Palestine ne sont pas vraiment des hommes, ils n’existent pas autant que les familles israéliennes.

Par conséquent, l’extrême-droite française se rejouit de participer à cette marche avec Yaël Braun-Pivet. Sur ce point, comme sur bien d’autres points, ils sont sur la même longueur d’onde : rapprochement des juifs et des chrétiens et communion dans une même humanité ; exclusion des orientaux, des musulmans et des africains hors du champs de l’humanité. Leur calvaire, c’est rien.