« Disgrace », le film

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Je ne voulais pas rater le film après avoir tant aimé le roman. Plus le temps passe, plus je considère Disgrace de J.M. Coetzee comme important.

Alors le film, bien sûr, on le voit en pensant constamment au livre, et c’est ce qui peut arriver de pire pour un film. Je suis incapable de savoir ce que j’aurais pensé du film si je n’avais pas lu le livre, et donc incapable de savoir si c’est un bon film. Il est fidèle au livre, certes, du point de vue de la suite des scènes. Mais précisément, mon impression est que le réalisateur n’a surtout pas voulu trahir Coetzee et qu’il a mis bout à bout tous les éléments constitutifs du roman, sans avoir le liant littéraire qui permettait de tisser suffisamment tous les fils narratifs.

On se retrouve avec des histoires juxtaposées. Je me demande vraiment, par exemple, comment les spectateurs peuvent sentir la nécessaire présence des animaux, dans le film.

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En revanche, le film met en avant un aspect du livre qui m’avait échappé : le besoin de rédemption du héros. Après le viol de sa fille, le professeur se rend compte de l’atrocité de ses rapports sexuels avec son étudiante, au début du récit. Sa sexualité devient même altruiste, voire charitable : il couche avec la dame sans beauté de la SPA, et il va demander pardon aux parents de son étudiante. Il va jusqu’à s’agenouiller devant la mère et la soeur de son étudiante, et quand il couche avec la dame sans beauté, c’est pour lui faire plaisir, pour lui redonner sa dignité de femme ou quelque chose comme ça.

J’y pense, cet aspect moral du personnage, qui cherche la rédemption, je me demande s’il est vraiment présent dans le livre.

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La dernière image est très belle, et ajoute enfin quelque chose que le livre ne pouvait pas apporter. Une vue panoramique des montagnes d’Afrique du sud, avec les deux maisons perdues dans la nature. La maison de la fille blanche, enceinte de son viol, qui a tout perdu sauf la maison. La petite maison au toit bleu du grand Noir qui a tout gagné. Mais leur isolement et leur ouverture sur l’immensité, leur refus d’être protégées par des murs et des armes, montre combien ces deux maisons sont fragiles, unies. Personne ne peut ni vraiment perdre, ni vraiment gagner, dans ce monde d’hommes, de terre et d’animaux. 

2 commentaires sur “« Disgrace », le film

  1. Afrique du sud, Sénégal, Cameroun…des pays qui font rêver ceci dit. Et je ne parle pas de la cote d’Ivoire où je rêve d’aller un jour, il le faut. Histoire d’aller aux origines (j’ai été conçu la bas et failli naitre à Abidjan et baigne dans la culture ivoirienne depuis ma plus tendre enfance…-c’est le quai Branly chez moi : statuettes, masques,drapeux, affiches, bibelots en tout genre et films super 8 des années soixante dix -enfin chez ma mère- gallerie Africaine).

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