Dans les remous de la Lagan

Le jour finissait. Je lui donnais trois ou quatre heures, maximum.

Mon désir de rivière, lui, croissait. Je voulais ardemment faire un peu de rivière, un peu de canot. L’eau était froide, en octobre, mais j’avais acheté une combinaison aquatique, un truc en néoprène à manches courtes, que je voulais étrenner de toute force.

J’ai plié mon bateau gonflable dans ma sacoche pour vélo, enfilé ma combinaison et mis des vêtements par dessus, et ai roulé jusqu’aux bords du fleuve Lagan. Il pleuvait un peu.

En pleine nature, je vois un embranchement, où l’eau prend de la vitesse à droite, et reste molle à gauche. Curieusement, le cours d’eau donnait l’impression de monter une côte.

Je vais y voir de plus près et je constate que ce sont de vrais rapides qui se forment sous un pont de bois court et haut. Je tâte un peu le terrain : il est très facile d’accéder à la rivière en amont, et en aval il est relativement aisé de revenir sur la berge.

Je gonfle mon bateau et me jette à l’eau. C’est la première fois que je tente l’aventure dans des rapides qui ont l’air dangereux. Un promeneur me dit que d’habitude l’eau est bien plus calme.

Je me laisse glisser et me fais tanguer furieusement dans les remous. Mais je ne chavire pas. Le bateau est plein d’eau, je suis évidemment tout mouillé. Je remonte sur le côté et retourne à mon vélo, un peu sonné.

J’ai fait le passage plusieurs fois pour m’entraîner. Mon but est descendre des rivières, et de ne pas craindre le premier remous.  

Mon vrai but est de descendre le fleuve Liffey, en Irlande, qui traverse Dublin en fin de course. Je sais qu’il y a quelques rapides et quelques cascades. Il faut que je me prépare pour prendre tout le plaisir possible, le cas échéant.

2 commentaires sur “Dans les remous de la Lagan

  1. Citation de Joyce :

    « A skiff, a crumpled throwaway, Elijah is coming, rode lightly down the Liffey, under Loopline Bridge, shooting the rapids where water chafed around the bridgepiers, sailing eastward past hulls and anchorchains, between the Custom House old dock and George’s quay. »

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  2. Oui, il va falloir bien potasser mon Joyce quand j’écrirai mon récit de voyage le long de la Liffey. Car, outre qu’il est le grand chantre d’Anna Livia, mon hypothèse est que Dublin redevient joycienne avec la crise.

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