Se casser à Qassim

Me voilà donc parti pour quelques jours dans la province de Qassim.

Je me suis « cassé à Qassim ». Ce mauvais jeu de mots est une manière de répondre à cette double manie littéraire qui consiste à multiplier les allitérations et à chercher un autre mot que « voyage ».

Moi, je suis avocat de garder le mot voyage et de lui donner toute sa force. Je ne vois pas très bien pourquoi nous devrions prêter à ce mot une dimension particulièrement aristocratique, bourgeoise, romantique ou économiquement privilégiée. Il est d’abord une affaire de chemin et de déplacement. Selon les dictionnaires étymologiques que j’ai consultés dans les années 2000, cents mot vient du vieux français « veage », prendre la route pour raison professionnelle. Pendant des siècles, on a voyagé pour le plaisir et parce qu’il fallait gagner sa vie.

Pour ma part, c’est précisément ainsi que je voyage en Arabie saoudite. Je vais à La Mecque pour des raisons spirituelles, lorsque je veux remercier le Créateur de l’univers d’avoir créé l’univers. En dehors de cela, mes voyages sont liés au travail. Je pars parce que j’ai une réunion, une visite, un musée à découvrir, un projet à suivre, des collègues à rencontrer.

Et cette fois-ci, je suis particulièrement heureux de me casser à Qassim.

Qassim est l’une des grandes provinces du centre de l’Arabie saoudite, connue notamment pour ses palmeraies et ses dattes. C’est aussi la province de mon ami et collègue Zia, qui travaille avec nous au ministère de la Culture et qui est chargé de l’institution muséale appelée à se développer dans la capitale régionale, Buraidah.

C’est donc un déplacement professionnel mais c’est aussi quelques jours de plaisir. Quelques jours pour retrouver des amis, découvrir la région avec eux, visiter ses musées, comprendre son histoire et, accessoirement, manger beaucoup plus de dattes que ne le recommande probablement n’importe quel nutritionniste compétent.

2 commentaires sur “Se casser à Qassim

  1. « Je vais à La Mecque pour des raisons spirituelles, lorsque je veux remercier le Créateur de l’univers d’avoir créé l’univers. »     Quand je recommande la lecture de « Birkat Al Mouz » (2021, toujours disponible), je dis, comme si je connaissais l’auteur : « Il voulait épouser la femme musulmane dont il était amoureux, et pour cela il s’est fait musulman, a acquis le savoir et la pratique, mais ce n’est pas pour cela qu’il se serait mis à croire à l’existence de Dieu. » J’ai donc tort, ou bien je retarde. 

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