Ce n’est pas très difficile et, d’ailleurs, c’est probablement bénéfique pour nos chers adolescents : il suffit de préparer les tests PISA en eux-mêmes plutôt que croire naïvement que les tests évaluent fidèlement le vrai niveau de nos élèves. Un test évalue toujours la capacité à réussir ce test même, et pas grand chose d’autre.
Moi si vous me faites passer sans préparation un test d’intelligence ou de psychologie, je risque bien de passer pour un débile ou un autiste. En revanche si je connais à l’avance le type de questions auxquelles répondre, je me préparerai un peu avec le recul nécessaire et je passerai (tout aussi frauduleusement) pour un homme équilibré et d’une intelligence moyenne.
Comprenez une chose. Les tests sont inventés pour évaluer le niveau des gens dans un domaine en particulier. L’esprit est donc le suivant : pour réussir les tests de langue anglaise, eh bien pratiquons l’anglais, lisons et conversons dans la langue de Shakespeare. Le test viendra sanctionner notre niveau réel. Mais c’est une illusion.
Il y a une croyance dans le fait que les tests, les examens et les concours reflètent fidèlement le « niveau » (traduisez l’intelligence) dans telle ou telle discipline. En réalité ceux qui ont de bonnes notes aux examens sont ceux qui ont été entraînés aux attentes de ces examens là, exactement, et pas un autre.
Pour avoir participé à l’élaboration de tests de langue française, j’ai vu que les étudiants étaient souvent déstabilisés par le test lui-même et non par la langue française.
Bref, formons et payons grassement des enseignants spécialisés dans les « tests pisa » et le niveau des Français de 15 ans verra sa courbe remonter pour aller vers nos amis Chinois, qui appliquent exactement la méthode que je viens de vous présenter.
Alfred Binet (1857-1911) inventeur du QI, répondait à ceux qui lui demandaient ce que c’est que l’intelligence : « C’est ce que mon test mesure. » Les Alliances Françaises en Chine avaient, au temps où j’y étais, un « cycle Québec » pour préparer au test de français de l’immigration au Canada. A part ça, je suis en train de lire « Une langue à soi », de Mathieu Roger-Lacan, prof de français au lycée en lointaine banlieue parisienne. Pour le voir parler https://tinyurl.com/mcsfyt87 . Mon radotage favori sur la baisse de niveau : mon grand-père paternel né au XIXe siècle, qui avait quitté l’école à 13 ans pour partir en apprentissage, et que son instituteur n’avait pas présenté au certificat d’études, employait le passé simple dans ses lettres.
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