Sémiologie du bol

C’est une chose qui étonne les étrangers, notre grand bol dans lequel nous buvons notre café, notre café au lait ou notre chocolat chaud.

« Why don’t you use normal cups ? », me dit un jour un Autrichien, en faisant le geste de tenir une tasse par la anse de préhension.

De fait, nous connaissons depuis longtemps la technologie, sommaire, qui consiste à ajouter au contenant, une anse. La persistance du bol doit être reliée à des valeurs plus profondes, des signes de reconnaissance plus ancrés. Car l’explication qui se contente d’invoquer le trempage de la tartine pour justifier le bol n’est pas suffisante : nous aurions pu tout aussi bien tremper nos croissants et nos tartines dans de larges tasses, munies de grandes anses.

Non, les Français tiennent au bol évasé, qui brûle les doigts, dans lequel le visage encore endormi se contemple, le bol paysan.

Des étrangers croient que nous prenons notre petit-déjeuner dans des tasses à café, comme dans les cafés, et certains Français le prennent ainsi pour ne pas décevoir l’attente de l’ami étranger (ceci est à creuser.)

D’autres ne peuvent prendre leur café que dans des bols, et les emportent avec eux dans leurs déménagements à l’étranger. Il faut certainement y voir l’attachement à la terre, à la matière, au corps, que manifeste le Français qui se lève, par opposition à l’Anglais qui veut montrer une plus grande sophistication des manières, une spiritualisation dans son rapport à la bouffe. Le tea time et l’afternoon tea est un cérémonial qui éloigne l’homme de la matière, en soulevant la soucoupe, en levant le petit doigt, en buvant du bout de lèvres, les yeux mi-clos. En ingérant séparément les biscuits et le thé. Sans le bruit effroyable que les Français produisent quand ils mangent leur tartine, penchés en avant et laissant couler le café du pain vers le bol.

L’utilisateur du bol se rêve en aristocrate catholique qui a une conception de l’être enracinée dans un sol, un terroir et où l’homme n’est qu’un reflet passager. Le buveur de tasse est un libéral humaniste qui rejette l’animalité et la nature.

Vacances obliques

En vacances, il est bon de ne rien prévoir pour sauter sur des occasions qui, parfois, se présentent.

Je végétais depuis une semaine, peut-être deux, content de vivre au ralenti pour récupérer et me soigner. Beaucoup de sommeil et de promenades, de rangement paresseux pour guérir de l’absence de certaines sensations dues à des êtres chers. Une hibernation d’été qui ne demandait qu’à continuer.

Et soudain, une machinerie s’est emballée, et je me suis retrouvé sur les routes dans une incessante fugue, pasant d’un endroit à l’autre, d’une maison à l’autre, d’une activité à l’autre.
En une grosse semaine, j’ai visité des lieux et rencontré des gens comme personne n’aurait pu le faire en organisant son temps de manière rationnelle. De la famille, des copains, des copains de copains, de la famille de copains, des copains de la famille, des inconnus, et ce sur des territoires aussi étrangers les uns aux autres que le Vercors, Montélimar, Roanne,  la  campagne roannaise, Angers, Blois, les bords de la Loire, Saint-Etienne, Lyon.

J’ai appris le métier de charpentier, celui de déménageur, celui de guide touristique.

Sans avoir rien décidé par moi-même, j’ai pu visiter trois ou quatre châteaux de la Loire, ce qui constituait pour moi un vieux rêve que je n’avais jamais réussi à actualiser, par manque de temps sur le territoire français. Par la grâce du hasard, j’ai enfin posé mes yeux sur Chenonceaux, Blois, Chambord (qui est plus beau que tout ce que j’avais imaginé, plus extraordinaire, plus étrange).

Et j’ai fait une traversée de la France rurale, d’est en ouest, et oblique, du nord-ouest au sud-est. Une France que j’ai trouvé bien molle, pour dire le vrai. je me disais, n’y a-t-il que moi, pour avoir la niaque, dans ce bled ?

Les futurs contingents du président Sarkozy

Je ne comprends pas les anti-sarkozystes qui veulent absolument réduire le temps de parole du président dans les médias. Il faut croire que la haine rend aveugle. Il est pourtant clair que plus Sarkozy se montre, plus il parle, plus il est impopulaire.

S’il s’absentait des médias, outre qu’on rigolerait peut-être un peu moins, sa courbe de popularité remonterait, car par son simple silence, il reprendrait de la hauteur aux yeux du peuple. Nous, le peuple, il nous en faut peu pour trouver un dirigeant noble : qu’il se taise, qu’il bouge peu.

Je dis, qu’on le laisse parler, qu’on le laisse brasser. D’abord, cela nous divertit, et puis il se casse la figure tout seul. Car les Français ne l’ont jamais beaucoup aimé, et ne l’aimeront jamais vraiment, ils ne se reconnaîtront jamais en lui. On le voit, même les nouveaux riches, même les types un peu bling bling, ils ne se projettent pas en Sarkozy. Il n’y a guère que quelques expatriés, qui croient comprendre le monde sous prétexte qu’ils promènent leur ignorance hors de France – et j’en sais de quoi je parle –, qui gardent une certaine foi en ses réformes.

Une autre raison fait que je m’oppose à la comptabilisation de son temps de parole. Il serait dommageable que le président de la république soit réduit à son rôle de leader de parti politique. Il l’est, c’est entendu, De Gaulle était leader des gaullistes, Mitterrand régnait sur les socialistes, etc. Mais tous incarnaient plus ou moins l’ensemble de la communauté nationale. C’était évident pour Chirac à l’époque de la guerre en Irak, ou de ses discours reconnaissant les crimes de l’Etat français. C’est moins évident avec l’actuel président qui s’y entend comme une chèvre pour susciter de l’adhésion, mais ne légiférons pas à la hâte. Tous les présidents ne seront peut-être pas des agités de la com, et lui aussi pourra peut-être, un jour, incarner autre chose que lui-même. Laissons-lui le bénéfice, non pas du doute, mais, si je puis me permettre, des futurs contingents.

Laissons le président parler comme il l’entend, que diable, et cessons de vouloir tout compter, tout contrôler. Je doute que ce soit en encadrant à la seconde près les paroles des uns et des autres qu’on rendra notre démocratie plus saine et plus vigoureuse.

Promenade aurorale à Villefontaine

Debout à l’aube, j’ai voulu voir les premiers frémissements de la ville.

Ville nouvelle, ville dortoir, ville parasite des campagnes, et compagne morne des vraies villes. Comment vit-on à l’aube, dans une ville nouvelle ? C’est une question aussi importante que d’autres questions ; peut-être un peu plus importante que d’autres questions.

Bu un café chez le boulanger, sur l’esplanade, pendant que le boucher hallal, son voisin, préparait son magasin. Le boucher s’est assis à ma table et m’a parlé de l’histoire du quartier, des projets de parking et de grande surface. 

Me suis promené au hasard. Au bout de l’esplanade, monté la côte où se trouvent un autre boulanger, un point internet/téléphones, et le « Point PIJ ». Traversé des unités d’habitation de la ville. Peu de graffitis, peu de dégradations. Par endroits, malgré tout, les traces noires de voitures brûlées. 

Derrière les logements H.L.M., des résidences plus coquettes, des voitures plus cossues, mais toujours dans les mêmes couleurs ocres et terre qui se déclinent dans la commune.

Tout en haut de la côte, un espace dégagé s’ouvre sur les collines du Dauphiné et sur les Alpes, au loin. Par temps clair, on voit très bien le Mont-Blanc.

Un petit chemin descend sur la droite. Le chemin s’arrête et se transforme en sente, traverse une petite forêt, et la sente un peu cachée débouche sur une clairière en pente.

Au centre de la clairière, une arbre, un châtaigner je crois, pousse penché vers le ciel pour équilibrer la vision de la clairière en pente.

Je ne sais si la nature a été laissé en l’état, ou si cet agencement d’herbes folles, de forêt et d’arbres isolés a été pensé par des paysagistes de génie, mais la réussite est totale.

La promenade continue sur des chemins plus officiels et ramène sur la route. Des gens promènent leur chien. Je repasse par le centre commercial, l’esplanade du marché. Personne ou presque. J’achète quelques croissants et je rentre à l’appartement.

L’aube, ici, est peu suivie.

Jour de marché dans la ville nouvelle

Jour de marché sur l’esplanade Saint-Bonnet, à Villefontaine. Nous sommes à une vingtaine de kilomètres de Lyon, à la campagne, dans ce qu’on appelle une « ville nouvelle », une forme d’urbanisme lancée, je suppose, dans les années 1975, une ville qui s’est lentement peuplée dans les années 80, sans passion et sans faire parler d’elle.

Quand j’étais au collège, mes professeurs disaient que ces villes étaient très moches.

Vingt ans ans plus tard, le bilan humain est magnifique. Toutes les races du monde sont concentrées sur cette petite place du marché. Les commerces de nourriture sont tenues par des gens issus de l’immigration, les banques et les magasins du genre librairie, trucs informatiques, sont tenues par des Français de souche. La bibliothèque du centre Simone Signoret a, comme il se doit, un personnel bigarré.

Toutes ces populations vivent ici sans agressivité. Au contraire, il se dégage une impression d’harmonie tout à fait convaincante. Et je recommande au voyageur de s’asseoir à une terrasse et de regarder les visages, les façons de marcher, les façons de se saluer : un vrai livre ouvert d’ethnologie contemporaine. Je pensais à ce que pourrait en écrire un Nicolas Bouvier, et voici ce qu’il penserait. La ville nouvelle nous présente sur un plateau (l’esplanade), l’un des plus beaux échantillonnages de l’humanité du 21ème siècle que la terre puisse porter. On croit, pour cela, qu’il faut aller en Amérique, ou dans les creuset orientaux, mais parfois, dans un repli de la campagne française, on trouve de ces joyaux anthropologiques. 

Il n’y a pas trop de mélanges, cela dit, mais une tranquille cohabitation. Qu’est-ce donc qui permet cette heureuse cohabitation, alors que tout le monde veut se foutre sur la gueule, si l’on en croit les journaux ? Le marché, bien sûr, la gloire du commerce, l’argent qui coule et qui s’insinue partout, l’argent que tout le monde partage, ainsi que le soleil et l’air qu’on respire. De poche en poche, de mains en mains, l’argent qui brûle comme du feu et qui coule comme de l’eau, qui glisse entre les doigts comme du sable, l’argent qui fructifie comme une terre ou un arbre. 

On parle des marchés d’Asie centrale, celui fameux de Kashgar, des souks du monde arabe et des grandes rencontres de Bénarès, mais qui parle du marché de Villefontaine, Isère ?

Le problème des livres

C’est un de mes rares et grands problèmes. Que faire de mes livres ? Je ne parle même pas vraiment de ceux que j’achète aujourd’hui, mais ceux que l’on m’offre, et surtout, de ceux que j’ai achetés avant d’être nomade. Des centaines d’ouvrages de qualité, des classiques de la littérature mondiale et de la philosophie.

Certains amis me disent : tu gardes ceux que tu n’as pas lu ou que tu veux relire et tu te débarrasses des autres. Comme si les livres étaient des choses mortes en tant que telles, des boîtes encombrantes.

Encombrants, ils le sont de fait, mais je croyais naïvement, autrefois, qu’ils étaient surtout une richesse, qu’ils faisaient respirer une maison, ils l’ouvraient vers des milliers d’histoires, des myriades de propositions intellectuelles. Pour moi, une maison pleine de livres étaient un lieu de promenade.

Aujourd’hui, je m’aperçois que mes livres sont surtout vus comme un problème à règler. Un problème de stockage.

Cela dit beaucoup, je crois, des difficultés liées au logement en France. Mes proches n’ont plus les moyens d’être généreux en terme de place, de pièces, le mètre carré coûte trop cher.

Mais cela dénote peut-être aussi un rapport au logement lui-même plus nomade : les gens ne veulent plus d’objets à collectionner qui soient dépositaires de la mémoire du monde. Ils veulent des appartements aérés, électroniques, connectés et clairs. Ils ont besoin d’espace et de légèreté. Je les comprends et je commence à en vouloir à mes livres, moi aussi.

Une petite star

Justine est une petite star qui danse extrêmement bien, qui fait la comédienne, qui dessine et fait des poème. Elle chante, elle sourit, elle fait des ronds dans la vie. Je la soupçonne d'ambitionner une carrière de star.

Elle est très souvent absente de la classe, et quand elle est présente, il lui arrive de dormir. Mais elle sait se faire pardonner en souriant, en étant aimable avec ses camarades et ses professeurs, en écrivant au bon moment un devoir de qualité qui la sauve.  

Bref, une enjôleuse.

C'est grâce à elle si nous avons dessiné et écrit dans ce cahier. Elle me l'a offert dans le train Shanghai-Nankin, avec une couverture conçue par ses soins, sur laquelle on la voit incarner, dans une robe rouge et des poses suggestives, le rôle d'Esmeralda dans une comédie musicale tirée de Victor Hugo.

Son dernier vers :

 兴手涂鸦湖作诗

« Je m’amuse à gribouiller un poème sur le lac ». A noter que 兴 (Xing) le premier caractère a pour sens, entre autres : devenir célèbre.

Sarkozy et la Chine

Il participera aux Jeux olympiques, il a finalement pris sa décision. Inversement, ce sont les Chinois qui ne veulent plus l’y voir.

Sur internet, des sondages montrent qu’ils préféreraient qu’il s’abstienne, tout compte fait. Deux raisons à cela. Premièrement, les manifestations pro-tibétaines, les rumeurs concernant Carrefour ainsi que tous les bruits abracadabrants qui habitent l’âme de la jeunesse chinoise. Deuxièmement la manière dont notre président s’y est pris pour négocier.

Il avait dit qu’il viendrait à Pékin à condition que les pourparlers (re)prennent avec le Dalai Lama.

Le président de la France pose ses conditions pour poser ses fesses dans un stade olympique. Il pose ses conditions devant la Chine. Les Chinois sont outrés, non des convictions politiques de Sarkozy, dont ils se foutent, mais de sa manière arrogante de parler de la Chine, de se poser comme supérieur à ses interlocuteurs.

Non seulement les Chinois ne supportent plus l’arrogance de leurs « amis étrangers », mais en plus leur façon de négocier, de faire avancer ou de conduire des projets, comporte une grande dose de communication, de contacts répétés visant à créer une ambiance de confiance mutuelle.

Tous ceux que j’ai vu se présenter en Chine en bombant le torse, pensant négocier sous forme de conditions posées, par ultimatum, sans mettre les formes, se sont cassés les dents. Travailler avec les Chinois, cela peut être long et difficile, il faut de la patience et du doigté, et il faut, pour ne pas se faire balader, avoir les idées claires sur les objectifs qu’on voudrait voir réaliser. Et accepter par moments, de s’en éloigner, de s’en écarter.

Il faut à la fois être malin et témoigner d’une affection sincère, ce que faisait très bien Chirac, par exemple.

Alors bien sûr, on me dira que Sarkozy ne s’adressait pas aux Chinois, mais qu’il faisait signe vers son électorat et vers l’opinion publique occidentale. Auquel cas, il faudrait que son personnel l’informe qu’on ne peut plus étanchéifier les opinions publiques. Et qu’il y avait d’autres moyens, plus efficaces, pour faire avancer l’idée que le Dalai Lama devait redevenir un partenaire.

Traduire Chloé

踏古墙,尼古迹, 唯有天地,与你我

Sur l'ancienne muraille, bonnes soeurs, 

Où nous cherchions vos traces,

Nous n'avons trouvé que le Paradis,

Toi et Moi.

Difficile à traduire, comme d'habitude, et j'attends les tentatives de scrupuleux lecteurs. Chloé écrit 古迹 (Gu Ji), nonne bouddhiste, parce que cette section de la muraille longe un temple de nonnes. (Il me semble qu'elle oublie une clé au caractère Gu, mais je ne vais pas la ramener, pas moi!) Le deuxième vers est donc constitué par ces trois seuls mots : "Trace / Nonne(s) bouddhiste(s)", allez faire un vers en langue française avec cela. Je crois qu'elle veut dire : En allant sur la vieille muraille, on a cherché des traces, des signes laissés par des nonnes..."

Les deux derniers vers : "Seul / avoir / Paradis ; Avec / Toi / Moi". Le mot "avec" est là pour unir toi et moi, et non pour unir le couple avec le paradis. Mais j'ai pensé qu'il y avait peut-être un semblant d'énumération, puisque "Paradis" jouxte le dernier vers, si bien que cela nous donne : "en cherchant des signes du passé bouddhique, on n'a trouvé que le Paradis, toi et moi".  

Je fais d'emblée une autre proposition, pour le fun :

Vers les vieux remparts

Où des religieuses avaient laissé des traces,

J'ai connu le Paradis,

Avec toi

Bon, disons les mots, rien ne va, et la poésie de Chloé, étudiante en troisième année de français à Shanghai, restera mystérieux, et c'est tant mieux.

Poésie sur les remparts

Je leur avais dit, à mes petits étudiants, voyager avec moi, c'est fatigant. Il n'y a pas de bus qui nous dépose à chaque site, pas d'hôtels ni de restaurants réservés à l'avance, pas de magasins prédéterminés. Avec moi, c'est du crapahutage, des auberges pourraves, des douches froides et un soleil de plomb. C'est du dessin et de la poésie. On le voit sur certains visages, à midi, ils sont épuisés.

Camille a organisé ce voyage. Camille est le prénom français que s'est choisie cette étudiante shanghaienne. Elle a su prévoir les choses pour que quinze étudiants de l'université Fudan se retrouvent au même endroit de Nankin et restent ensemble malgré la chaleur et la fatigue. Pour la lecture de sa poésie que j'ai filmée, je lui ai demandé d'accentuer, voire d'exagérer la prononciation des caractères chinois, pour mettre en valeur les tons. Evidemment, les Chinois, ça les fait rigoler. Mais le dernier vers du poème, 心中一片天 ("Le ciel dans mon coeur"), indique que les rires sont aussi chez eux une marque de pudeur.

Pendant qu'elle dessinait, j'ai continué la promenade sur les remparts avec quelques autres étudiants. On parle souvent des remparts de Xi'an, et jamais de ceux de Nankin, alors qu'ils plus beaux à mon avis, moins droits, moins orthogonaux. Les remparts de Nankin longent les montagnes et épousent les courbes du lac Xuan Wu ; ils laissent la végétation pousser entre leurs pierres, et n'accueillent que très peu de visiteurs. Ils longent le temple bouddhiste du Chant du coq (鸡鸣寺) , ils longent des pagodes, des quartiers intéressants.

Dans ma promenade, j'ai cueilli un bouquet de fleurs que j'ai offert à Camille à mon retour. Elle l'a inclus dans son poème, l'a mis dans une bouteille en plastique et l'a gardé jusqu'au train pour Shanghai. "Au coeur de ma main des fleurs / Au coeur de mon coeur un ciel" : la poésie éclôt sous la main des jeunes Chinois comme une génération spontanée.