S’il voulait vraiment, comme le disent les autorités chinoises, faire sécession, voici comment il pourrait s’y prendre.
Il lui suffirait d’écrire une lettre, une seule, en tibétain, à la main. Sous l’oeil des caméras, il la lirait, ou il la donnerait à un journaliste qui se chargerait de la diffuser. Une lettre qui dirait ceci:
J’ai longtemps oeuvré pour la paix et pour l’obtention de l’autonomie pour le peuple tibétain, mais aujourd’hui je suis désespéré. Je ne vois plus d’espoir dans la survie culturelle de mon peuple et c’est la mort dans l’âme que je crois nécessaire d’entrer en conflit armé avec les forces chinoises qui occupent notre pays.
Dès maintenant, je demande à tous les pays du monde de bien vouloir soutenir notre effort de libération et, dans la mesure où la Chine est devenue une puissance importante pour l’économie mondiale, empêchant les gouvernements d’agir à découvert dans cette affaire, je me tourne vers les individus du monde entier, les organisations, les associations, tous les gens qui ont un coeur etc.
Je vous laisse imaginer l’engouement d’une telle missive. Avec la popularité dont jouit la cause tibétaine, des millions de gens, des centaines de millions de gens feraient un don de plusieurs dizaines de dollars, des stars du show business feraient tout pour se montrer : presque instantanément, des milliards de dollars seraient générés pour soutenir l’effort de guerre. Le Dalai Lama recruterait des généraux étrangers pour organiser tout cela. Des militaires à moitié mercenaires viendraient aussi de toutes parts, appâtés par les salaires mirobolants ainsi que par l’aventure excitante et médiatique que cela représenterait. Mourir en héros sur fond de montagne enneigée, ce sera le nouveau rêve des adolescents en quête de gloire.
Nous assisterions à la première grande guerre fashion, pour les stars, par les stars. Le temps de cette guerre serait rythmé par les médias. Les Chinois n’auraient quasiment pas une chance de s’en sortir : après quelques milliers de morts, la pression de la communauté internationale et la nécessité économique de voir le calme revenir seraient trop fortes pour une armée chinoise isolée, mal entraînée et souffrant du « mal des hauteurs ».
Voilà ce que ferait le Dalai Lama, s’il était vrai qu’il nourrissait de funestes projets contre la Chine. Mes amis chinois, si le Dalai Lama ne fait pas cela, c’est qu’il ne veut pas de conflit armé et qu’il est certainement sincère lorsqu’il dit qu’il ne cherche pas l’indépendance.