Les belles élections de 2024 : des législatives acrobatiques

Les élections européennes de 2024 ont servi de laboratoire intéressant, offrant à chaque parti le temps de se préparer et de mettre en place des stratégies bien pensées. En revanche, les élections législatives qui ont suivi, en raison de la dissolution de l’Assemblée, ont été marquées par l’improvisation. Cette situation inattendue a néanmoins révélé et clarifié les alliances possibles avec l’extrême droite, exposant ainsi le potentiel déclin républicain. Bien qu’une victoire de l’extrême droite ne signifie pas nécessairement la fin de la République et de la démocratie, elle demeure une possibilité, comme on le voit en Hongrie et en Italie.

Malgré l’improvisation, ces élections législatives ont permis de découvrir une surprenante capacité des partis de gauche à négocier et à s’entendre. Contrairement à 1981, où le Parti communiste et le Parti socialiste avaient présenté des candidats séparés, cette fois-ci, ils ont réussi à s’unir autour d’un programme commun et, peu avant les Jeux olympiques, à se mettre d’accord sur un potentiel Premier ministre. Cela démontre une nouvelle capacité de coopération au sein de la gauche, inattendue jusqu’à présent.

Cependant, la montée inexorable de l’extrême droite demeure préoccupante. Bien que les élections législatives de 2024 aient montré une capacité de la gauche à s’unir, elles n’ont pas offert de solution évidente pour contrer l’arrivée potentielle de l’extrême droite au pouvoir. Les racistes et leurs collaborateurs se préparaient pour 2027, et ces législatives n’ont rien changé : une France mue par la haine des Africains et de l’islam se renforce contre une France tolérante qui respire encore.

Ces élections furent certes belles mais leurs résultats provoquent malgré tout un soupir de mélancolie. La sensation écoeurante que les obsessions identitaires de la classe dirigeante ont fait le lit du parti raciste qui pourra se lover dans ces institutions républicaines pour en faire ce qu’il désire.

Les belles campagnes électorales de 2024, # 3 : La France Insoumise. Collectif et coordonné

Ce qui m’a le plus intéressé dans la campagne de La France Insoumise, c’est leur capacité à faire coexister différentes figures puissantes au sein d’un mouvement sans pilier central unique. Contrairement aux campagnes de Glucksmann et de Bardella, celle de La France Insoumise reposait sur trois personnalités distinctes qui ont dominé les médias.

D’abord, Jean-Luc Mélenchon, le chef omnipotent, a réussi à régner sur ses troupes malgré des dissensions internes. Ensuite, Manon Aubry, avec son premier mandat européen, a su démontrer tout son travail politique, économique et institutionnel, incarnant le sérieux et le renouvellement au sein du groupe. Enfin, Rima Hassan, juriste d’origine palestinienne, a marqué les esprits par sa beauté et sa capacité à répondre avec grâce et fermeté aux interviews agressives, mettant en avant la question palestinienne avec une compétence juridique et un aplomb remarquables.

Ces trois figures ont représenté des aspects différents mais complémentaires : Mélenchon avec une stratégie radicale visant à mobiliser les abstentionnistes, Aubry avec un travail concret et intellectuellement rigoureux, et Hassan avec sa capacité à aborder des sujets sensibles et actuels. Leur coordination a montré que La France Insoumise était le parti qui travaille le plus efficacement, à divers niveaux stratégiques, médiatiques et programmatiques.

Ce qui m’impressionne particulièrement chez eux, c’est leur capacité à comprendre les nouvelles compositions populaires de la France, représentant divers groupes marginalisés comme les Français d’origine africaine, les intellectuels précaires, les paysans coopératifs et les jeunes. Leur campagne a été exemplaire, réussissant à augmenter leur score par rapport aux précédentes élections, malgré le fait que les élections européennes ne soient historiquement pas favorables à la gauche radicale. Cette réussite démontre une intelligence politique et stratégique qui mérite d’être saluée par une troisième place dans le palmarès de la sagesse précaire.

Ceux qui aiment la France voteront à gauche

On a vu ce qui s’est passé tout le long des élections européennes. Une bonne partie de la France cherche à criminaliser la gauche. Et pour criminaliser la gauche, on s’en prend à son chef le plus charismatique, Jean-Luc Mélenchon. Donc on tape sur lui, abondamment, de tous côtés. Les gens disent qu’il est un frein, qu’il est un poids, qu’il est un repoussoir. Ce qui n’est pas complètement faux pour des personnes âgées surtout. Mais il est un repoussoir aussi parce qu’il concentre toutes les attaques sur lui.

S’il se retirait de la lumière, étant donné que la classe médiatique a très peur de la gauche, et qu’elle est organisée contre un projet de rupture, elle concentrerait exactement la même intensité de l’attaque sur différents sujets, sur le leader suivant. Ça pourrait être n’importe qui. Et d’ailleurs, si Mélenchon se retirait, la plus grande probabilité est que les chefs se retrouveraient à nu et ne trouveraient pas de point d’entente. Marine Tondelier serait incapable de s’entendre avec M. Faure, qui serait très agacé par M. Roussel, et qui serait à son tour radicalement opposé à M. Bompard ou Mme Pannot. Et ils ne trouveraient pas de point de ralliement.

Depuis 2022, et pour la première fois depuis longtemps dans l’histoire de la gauche, l’ensemble des partis de gauche se mettent d’accord sur un programme. C’est déjà extraordinaire. Ils passent des accords électoraux, et s’ils font campagne sans leader, eh bien c’est rafraîchissant.

Mais ceux qui aiment la France voteront pour eux.

Des collusions avec des puissances étrangères

D’un pur point de vue géopolitique, tous les partis en place ont des connivences avec des étrangers, mais c’est le front de gauche qui présente le moins de prises à l’argument de collusion avec l’ennemi. D’un côté, nous avons des soutiens du président russe Vladimir Poutine, qu’on trouve surtout à l’extrême droite. D’un autre, on trouve des soutiens inconditionnels à Israël, beaucoup présents au RN, chez les Républicains et dans le bloc centriste. On en trouve aussi quelques-uns dans les appareils de partis affiliés au centre gauche, mais ils ne pèsent pas très lourd dans la dynamique du bloc populaire.

Le gros des forces de gauche, pour essayer de faire contrepoids, est accusé d’être antisémite et d’aimer le Hamas plutôt que d’aimer la France. Or, il n’y a jamais eu de soutien inconditionnel au Hamas. On a essayé de lier la France insoumise au Venezuela, disant que Mélenchon serait Chavez, une comparaison faite par le philosophe Raphaël Enthoven, lorsqu’il a dit qu’il voterait pour l’extrême droite plutôt que pour la gauche, révélant ainsi sa vraie nature. Il a préféré Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, « Trump à Chavez », montrant par là qu’il serait prêt à accepter que la France se donne au néofascisme, du moment qu’on laisse Israël commettre le nettoyage ethnique en regardant ailleurs.

Cette histoire de Venezuela était une blague. Personne n’a jamais cru qu’un parti de gauche était vraiment sous l’influence d’un pays d’Amérique du Sud. Comparé au lien évident entre la Russie et l’extrême droite française, il n’y avait jamais eu de lien de subordination concret. Au contraire, les pays d’Europe orientale favorisent la montée de l’extrême droite en France, depuis des années. La presse révèle même que des membres du RN (ou proches du RN) sont payés pour produire de la propagande pro-russe.

La soumission à l’État d’Israël est une chose différente mais tout aussi grave, car on trouve des personnalités jusqu’à la tête de l’Assemblée nationale qui déclarent leur soutien inconditionnel à ce pays. On assiste à un vrai problème de loyauté. C’est pourquoi la critique à la France insoumise et à Mélenchon est si dure et intense aujourd’hui. L’accusation d’antisémitisme est infondée, mais elle se comprend car il existe un petit nombre de personnes très influentes dans les médias et les lieux de pouvoir pour qui il ne faut pas toucher à Israël. Si on défend le droit des Palestiniens, cela les rend extrêmement nerveux. Le fait que l’on ose dénoncer un génocide en cours commis par les Israéliens rend cette communauté nerveuse.

Il ne s’agit pas que de personnes de confession juive, mais aussi de catholiques, protestants et même des musulmans pro-Israël. C’est une option politique, un soutien total à Israël, quelque chose d’épidermique. Comme ils n’ont pas d’arguments face à ceux qui défendent la Palestine, ils les traitent d’antisémites. Et pour convaincre les Français, ils composent des plateaux télé du matin ou soir avec des intervenants répétant en boucle les accusations. La réalité est qu’il n’y a pas vraiment d’antisémitisme parmi les militants du Front Populaire, et c’est chez eux que l’on trouvera plutôt des gens qui veulent défendre la France.

C’est la raison pour laquelle la sagesse précaire, qui est un patriotisme mou et un libéralisme solidaire, préférera donner comme consigne d’aller voter au second tour pour les candidats du Front Populaire.

L’aventure franco-chinoise continue. 25 ans d’amitié et de collaboration

MLO, Liverpool University Press, juin 2024

Ah, l’aventure des Franco-Chinois, quelle épopée.

En 2012, accompagné de mon amie inébranlable Rosalind Silvester, j’ai eu la joie de piloter un ouvrage intitulé Trais Chinois/Lignes francophones. Publié aux Presses universitaires de Montréal, ce livre était un véritable pont entre deux cultures, une ode à la francophonie sinisante, en quelque sorte. Et voilà qu’une décennie plus tard, Rosalind, toujours aussi passionnée et infatigable, me propose de remettre ça.

Nous voilà donc en 2019, Rosalind orchestre avec maestria un nouveau colloque international, écho de celui de 2009. Certains contributeurs font leur retour, prêts à embarquer pour cette nouvelle aventure littéraire et artistique . L’excitation est palpable, les idées fusent, et nous nous lançons avec ardeur dans la création de ce deuxième volume. Initialement prévu pour une parution en 2022, le sort en a voulu autrement, et c’est finalement aujourd’hui, en ce mois de juin 2024, que notre ouvrage voit le jour.

Rosalind, qui a porté ce projet à bout de bras, mérite pleinement d’être la seule directrice mentionnée sur la couverture. J’ai insisté pour que son nom brille en solo, tant son implication a été sans faille. Néanmoins, j’ai le plaisir de co-signer l’introduction avec elle et de contribuer avec un article sur l’artiste franco-chinoise Chen Xuefeng, une histoire d’amitié et de passion artistique qui remonte à 2012.

Mon article sur l’artiste Chen Xuefeng, publié aujourd’hui

Ah, Chen Xuefeng.

Je me souviens encore de cette rencontre à la galerie Françoise Besson à Lyon, à l’occasion de l’exposition d’une artiste chinoise en France, dont les œuvres résonnaient harmonieusement avec notre premier livre. C’était l’été 2013, et cette rencontre a marqué le début d’une nouvelle recherche. Conférences, échanges culturels, médiations artistiques, tout était en place pour une collaboration fructueuse.

Françoise Besson, cette talentueuse galeriste, m’a même commandé un texte pour le catalogue de l’exposition, ce qui a donné naissance à mon premier écrit critique sur Chen Xuefeng en 2014 : « L’amoureuse. Le monde symbolique de Chen Xuefeng ». Depuis, je n’ai cessé de suivre son parcours artistique, de la Chine à la Bourgogne, où elle a travaillé en résidence parmi les vignes.

En 2019, lors du deuxième colloque organisé par Rosalind, Chen Xuefeng et moi avons animé une séance de conférence dialoguée. Plutôt que de lire un discours, nous avons échangé nos idées, mêlant nos voix pour offrir une interprétation vivante de ses œuvres.

Finalement, en 2021 ou 2022, j’ai proposé un texte sur la matérialité de son art pour le numéro spécial orchestré par Rosalind. Aujourd’hui, en ce jour du solstice d’été, nous célébrons la parution de ce nouveau volume, fruit de tant d’amitiés et de collaborations entre intellectuels et artistes de tous horizons. De la Chine à la France, en passant par l’Angleterre, la Suède, la Roumanie, les Etats-Unis et le Canada, cette publication est un témoignage vibrant de la vie chinoise de langue française.

Je donne donc dès à présent rendez-vous à Rosalind pour un troisième volume de Traits chinois/Lignes francophones autour de 2034, puis en 2044 et enfin en 2054, date à laquelle il sera raisonnable de mettre un terme à cette histoire.

Le témoignage d’un sage : Rony Braumann

C’est un homme de confession juive qui est né en Israël et qui a grandi dans une adhésion naturelle au projet sioniste.

Son récit de vie est intéressant et sa manière de mettre en perspective sa biographie intellectuelle est passionnante.

L’entretien que je mets ici en ligne est l’épopée d’une conscience qui se libère de ses dogmes et qui cherche une voie droite dans un monde tordu.

Un dimanche pas au niveau

Pendant que ma moitié et la sagesse précaire en corps constitué se promenaient au lac Tegern, Tegernsee en allemand, les médias français tournaient des entretiens politiques.

Sur BFM, Benjamin Duhamel interrogeait Adrien Quatennens sur Lula, le président du Brésil. Au moment au Israël bombardait sans répit des pauvres gens sans défense, pris au piège d’un territoire fermé, l’intervieweur voulait qu’on commente une phrase de Lula.

Le président brésilien, en effet, avait comparé l’action gravissime d’Israël avec la Shoah, ce qui était choquant aux yeux de M. Duhamel mais qui est une banalité inévitable dans l’esprit des hommes depuis cinquante ans déjà.

Sur France 3, Éric Zemmour refusa de parler des bombardements d’Israël. Francis Letellier fut pourtant moins hors-sujet que son confrère M. Duhamel, et rappela les enfants morts dans un hôpital détruit par Israël, mais Zemmour préféra parler des crimes du 7 octobre 2023. Un journée d’horreur d’il y a quatre mois pèse plus lourd que cent cinquante journées d’horreur commises depuis le 7 octobre.

Zemmour déclara finalement : « Nous n’avons pas à exiger quoi que ce soit des Israéliens. Les Israéliens conduisent leur guerre comme ils veulent. Ils doivent éradiquer le Hamas après ce qui s’est passé le 7 octobre. »

L’inénarrable CNews a invité ce dimanche l’inénarrable Michel Onfray, on sait donc par avance ce qui fut dit, et que ce ne fut pas à la hauteur des temps que l’on vit. Par acquit de conscience, j’ai écouté cette heure indigente en lecture accélérée, tout en cuisinant une ratatouille. Je confirme qu’il n’y a eu aucune surprise, donc je vous fais le décompte de l’émission présentée par Sonia Mabrouk :

  • Publicité : 14 minutes
  • Introduction et sommaire : 1 minute
  • CNews est la seule chaîne pluraliste en France : 21 minutes
  • La colère agricole : 12 minutes
  • Russie/mort de l’opposant Navalny : 5 minutes
  • Israël comparé au nazisme : 6 minutes
  • Conclusion/présentation du dernier livre de Michel Onfray : 1 minute.

Sur la tragédie qu’Israël fait vivre aux Palestiniens, Onfray aura eu cette phrase extraordinaire : « Israël se défend, ce n’est pas au Hamas de dire jusqu’où Israël peut aller. » Le philosophe a aussi parlé des « jérémiades » des Palestiniens qui n’auraient pas assez d’argent pour payer « des violons à leurs enfants », alors que les dirigeants palestiniens « ont détourné tellement d’argent ». Pas au niveau.

L’émission C Politique sur France 5, présentée par Thomas Snégaroff, s’est concentrée sur l’unique question de la guerre en Europe, coincée entre la Russie et l’Otan. Les invités, spécialistes de politique internationale, ont surfé assez brillamment sur les derniers mouvements de Poutine, de Trump, de Scholz, de Van der Leyen et de Macron, mais de manière concrète et pragmatique.

Finalement, il n’y a que cette émission, sur le service public comme par hasard, qui était au niveau des événements de notre temps et de notre actualité.

Qui est responsable de tous ces massacres ?

C’est triste à dire, mais Israël est le seul responsable de la tragédie qui a lieu sous nos yeux au Proche-Orient.

Notre amour des Juifs, notre admiration pour les cultures juives dussent-ils en souffrir, Israël est le coupable de ce qui se passe car il est le dominant.

Quand les Ouïghours commettent des attentats pour se libérer de la tutelle chinoise, personne ne proteste. On n’aime pas les attentats, les actes terroristes, les attaques au couteau, mais on ne dit rien. Quand l’armée chinoise réplique par des massacres, des camps de concentration et des tortures, on dénonce la Chine. Cette dernière nous accuse alors de faire un « deux poids, deux mesures ». Ils disent : ces attentats ouïghours sont le plus grand massacre de Chinois depuis le Viol de Nankin de 1937, mais cela n’émeut pas l’Occident, ni personne d’autre.

Il y a une raison à cela : quand vous êtes dominant, vous êtes responsables de ce qui se passe sur le territoire. L’État français est responsable (et même coupable) des révoltes paysannes actuelles, des soulèvements de type Gilets jaunes, des émeutes urbaines et des mouvements sociaux. L’État français sait que faire pour éviter ces incessants soulèvements, mais décide en conscience de brutaliser les pauvres et les travailleurs. C’est son choix, il en paie le prix, pour l’instant ce qu’il en retire (les dividendes de son action en faveur de la finance) lui paraît convenable, et cela durera le temps que cela durera. Mais l’État français, quoi qu’on dise, mérite de voir son peuple se révolter.

Les puissances dominantes doivent assumer leur position en assumant la responsabilité de ce qui leur arrive.

La Chine est responsable des mouvemements séparatistes tibétains et ouïghours.

La France est responsable des émeutes et des soulèvements populaires qui éclatent sur son territoire.

Israël est responsable des massacres ignobles qui ont lieu en Palestine.

On parlera du Hamas, quitte à le dénoncer, quand les Palestiniens auront un État digne de ce nom.

Le CNRS tourne le dos à Scopus

Image libre de droit générée quand j’ai saisi le mot « scopus »

Je peux comprendre que le titre de ce billet puisse laisser perplexe. Je vais expliquer sans attendre. L’université n’est pas qu’un lieu d’enseignement, c’est avant tout un lieu de recherche. Voyez l’article « Université » dans l’Encyclopaedia Universalis, trois missions sont attendues d’elle : 1. Élaboration du savoir. 2. Transmission du savoir. 3. Questionnement du savoir.

Mais la question se pose de savoir comment juger de la qualité d’une recherche. Il faut rendre public les fruits de nos recherches, au moins de temps en temps, mais comment juger si on est bon ou si on n’est qu’un gros nullos ? Après la guerre, des Americains ont mis au point des systèmes pour évaluer les recherches. Ils ont, par exemple, compter le nombre de citations qu’un article avait inspirées, et cela déterminait un « facteur d’impact » de cet article.

Scopus est la base de donnée qui est censée garantir la qualité des recherches d’individus, de revues scientifiques ou d’institutions. De nos jours, il y a des universités qui exigent pour vous recruter un nombre minimum d’articles publiés dans des revues référencées par Scopus.

Dans certaines facs, des spécialistes vous disent que Scopus est un gage d’excellence. Je peux parler de ce sujet avec sérénité puisque j’ai dans mon tableau de chasse au moins cinq articles estampillés Scopus. Or je peux garantir que l’excellence de la recherche n’est plus corellée depuis longtemps avec ce système de classement.

En effet, il y a eu beaucoup d’effets pervers liés à cette bibliométrie. Comme c’est un classement américain, seules les revues anglophones sont prises en considération. Si vous écrivez vos articles en allemand, en chinois ou en arabe, vous serez toujours perçus comme un mauvais chercheur car vos travaux ne seront pas référencés dans le système Scopus.

Conséquence perverse de cet effet pervers : de nombreux chercheurs abandonnent leur langue natale pour écrire directement en anglais. Ce n’est pas gênant dans les sciences expérimentales, où l’important gît dans les chiffres et les résultats de laboratoire, mais c’est gravissime dans les lettres et les arts. Imaginez que Heidegger, Deleuze ou Gramsci aient écrit dans un anglais international, leur pensée n’aurait simplement pas existé. C’est ce que je répondais à mes collègues qui ne comprenaient pas pourquoi la majorité de mes publications étaient toujours en français. Pour eux, je me tirais une balle dans le pied en restant fidèle à ma langue et aux éditeurs des pays francophones.

Les effets pervers sont nombreux et c’est l’ensemble des scientifiques qui pointent les lacunes et les défauts de Scopus. Triches, corruptions, gabegie, mauvais calculs, les critiques s’amoncellent pour alerter sur l’obsolescence des systèmes de référencement.

Pour vous donner un autre exemple tiré de mon expérience, voyez mon profil de chercheur sur Google scholar ou Scopus : les citations répertoriées sont très peu nombreuses alors qu’une recherche manuelle d’une minute suffit pour voir que des dizaines de citations ont été purement et simplement omises par les algorithmes en charge de cette affaire.

Et voici que la fine fleur de la recherche scientifique française se désabonne, carrément, de la base de publication Scopus. Pour en savoir plus, cliquer sur le lien ci-dessous :

https://www.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/le-cnrs-se-desabonne-de-la-base-de-publications-scopus

Ce qui se passe dorénavant, c’est que chaque champ de recherche se compose son petit catalogue de revues reconnues comme qualitatives, et discute pour trouver un consensus dans les méthodes d’évaluation de la recherche.

Restent malheureusement les pays et les universités sous-cotés qui, n’ayant pas les moyens ni les ressources humaines pour se doter d’un système propre, n’ont pas d’autres choix que d’être pieds et poings liés aux systèmes Scopus et apparentés.

Après des propos polémiques de Meyer Habib, trente-neuf députés demandent la levée de son immunité parlementaire

Il a fallu attendre la fin de 2023 pour que des responsables politiques enrreprennent enfin une action contre le problématique Meyer Habib.

La Précarité du sage alerte sur cet individu indigne de la représentation nationale depuis plus de deux ans. L’appartenance à Israël est doucement en train de perdre l’immunité qu’elle garantissait avant le nouvel épisode apocalyptique que nous sommes en train de vivre depuis les attaques du 7 octobre 2023.

Je mets en ligne ci-dessous l’article du Monde qui relate l’action des députés de gauche contre M. Habib.

https://www.lemonde.fr/politique/article/2023/12/22/guerre-israel-hamas-apres-des-propos-polemiques-de-meyer-habib-trente-neuf-deputes-demandent-la-levee-de-son-immunite-parlementaire_6207245_823448.html?lmd_medium=al&lmd_campaign=envoye-par-appli&lmd_creation=android&lmd_source=default

Tuer Dominique de Villepin, mode d’emploi

L’ancien ministre Dominique de Villepin fait un sans faute depuis la nouvelle séquence de la guerre en Israël. Il incarne à sa manière la voix de la France, ce que devrait être la voix de la France, pour la quasi totalité des Français : équilibre, refus de soutenir aveuglément l’un des belligérants, refus de se laisser intimider par les puissances financières, appel au cessez-le-feu, recherche d’une solution politique.

Les Français de droite et de gauche sont d’accord avec Villepin. Il est donc dangereux pour les fanatiques pro-Israël qui squattent nos médias, noyautent les partis politiques et possèdent certaines chaînes de télévision. Il faut l’éliminer. Pour le détruire, voilà le mode d’emploi : le faire passer pour un antisémite. Mais comment faire s’il n’est pas antisémite ? Lui faire dire le mot « juif » quand il ne l’a pas prononcé. C’est ce qu’a fait BFM, dans la bouche d’un présentateur dont je ne parviens pas à retrouver le nom. Cette affaiire est dénoncée notamment par Daniel Schneidermann sur son blog. Cliquez sur le lien ci-dessous.

https://www.arretsurimages.net/chroniques/obsessions/tuer-villepin-mode-demploi

L’ignominie de la malhonnêteté journalistique n’a plus de limite.