Le monologue de Lucky. Beckett revivifié par Lambert-wild

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Godot africain. Beckett mis en scène par Lambert-wild

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La presse est unanime, n’en jetons plus. Faire jouer En attendant Godot par deux comédiens africains est une excellente idée, une idée qui renvoie la pièce de Samuel Beckett aux problèmes des migrants contemporains, aux sans-papiers et au racisme.

Ce n’est pas ce qui a retenu le plus mon attention, dans cette reprise de Godot, à la Cartoucherie de Vincennes. Ce qui m’a plu avant toute chose, c’est le charme de l’interprétation, la musicalité des voix et le plaisir d’acteurs.

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Bien loin de se laisser aller à un quelconque misérabilisme, la troupe de Jean Lambert-wild a voulu d’abord rendre justice au texte et à sa théâtralité. Les comédiens sont drôles parce qu’ils sont justes, au plus près du texte de Beckett, et qu’ils l’approchent comme des artistes, non comme des militants. Leur mission n’est pas de faire passer un message, mais de faire résonner au mieux un texte.

À la Cartoucherie de Vincennes

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On rêve de ce théâtre depuis l’adolescence et c’est seulement au milieu du chemin de la vie qu’on se rend à la Cartoucherie de Vincennes.

A la fin du siècle dernier, j’ai découvert l’art scénique d’Ariane Mnouchkine en province. Son Théâtre du Soleil, avait monté une trilogie basée sur l’oeuvre d’Eschyle, qu’elle avait renommée L’Orestie. Cela tombait à merveille pour moi car je rencontrais à l’époque la littérature et la culture grecques. La mise en scène d’Ariane Mnouchkine était évidemment fascinante. L’art des comédiens était parfaitement nouveau, ce n’était même plus de l’art, plus de la comédie, mais des corps transfigurés qui incarnaient des frayeurs, des puissances, des vertiges.

Je me souviendrai toute ma vie de la seconde où  le choeur des femmes, assises, était censé exprimer la terreur : sans bouger le corps, les femmes soudain ouvrent leur main et nous montrent la paume, peinte en rouge. Elles se cachent le visage derrière ces mains ensanglantées. C’était effrayant, c’était la tragédie.

Les comédiens se changeaient devant nous, l’espace était à peine séparé entre le public et la scène. Il paraît que c’était comme ça « à la Cartoucherie ». Et on entendait parlait de la « Cartoucherie » où tout cela avait pris naissance, si bien que c’était devenu un lieu mythique.

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J’y suis allé cette semaine pour voir En attendant Godot mis en scène par Jean Lambert-wild. J’avais rendez-vous avec ce dernier à 18h30, mais je m’y suis rendu plus tôt dans l’après-midi pour repérer les lieux. Il pleuvait des cordes.

Loin d’être une seule grande salle de théâtre, c’est un ensemble de fabriques d’armement et de production de poudre, datant probablement du XIXe siècle. Architecture militaire sobre et bourrue, avec de grands espaces et des cours assez vastes pour le défilé des chevaux et des carrioles. Un lieu qui a dû se trouver abandonné après la guerre et bouffé par la végétation. C’est pourquoi Ariane Mnouchkine l’a investi dans les années 60.

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Aujourd’hui, on y voit des théâtres, des roulottes, des lieux qui s’auto-proclament « centre de recherche » et des cafés plus ou moins auto-gérés.

Au coeur du bois de Vincennes, derrière le Parc floral, la Cartoucherie est un véritable endroit enchanteur, propice aux expériences communautaires et artistiques. Je ne sais rien de ce qui se passe à l’intérieur de ces bâtiments militaires et ouvriers, mais l’ambiance qui y règne est celle d’une formidable réserve de rêves.

Mon livre à la demande

 

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J’ai reçu le premier exemplaire broché de Lettres du Brésil. Le colis est arrivé par la poste, comme tous les livres que j’achète sur la librairie online. Ce livre-là, on ne le trouvera pas souvent dans les librairies en dur, car les librairies indépendantes n’aiment pas trop les livres indépendants.

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Au début, je voulais juste publier un petit texte en version numérique. Je me suis alors aperçu que de nombreux lecteurs préfèrent encore le papier. Soit, je me suis plié à leur exigence, et j’ai proposé le même texte sur le site CreateSpace, une filiale d’Amazon qui permet de voir son livre vendu sur les sites de tous les pays où le libraire étend son empire.

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La méthode utilisée est celle de PAD, « Publication à la demande ». A la réflexion, je ne sais pas si ça s’appelle comme ça. C’est une technique venue d’Amérique. En anglais, on dit POD (Print On Demand). Il s’agit de fabriquer un livre quand on l’achète, plutôt que d’imprimer un stock de livres à écouler.

 

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On va me dire qu’il y a là-dessous je ne sais quel projet maléfique. Que cette technologie met au chômage ceux qui faisaient autrement, que cela fait déchoir le livre, la culture et la civilisation. On va me dire que je collabore avec des néonazis.

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Ce que je voudrais simplement rappeler, c’est que l’auteur ne paie pas un centime dans ce processus. L’auteur fixe le prix du livre, sachant qu’un minimum est requis car l’imprimeur se paie sur chaque vente.

Quand on reçoit le bouquin, c’est une assez grosse surprise. On le trouve très gros : plus de 300 pages alors que c’était un texte plutôt court. Alors on cherche des qualités à ses défauts : c’est écrit en gros caractères, ce n’est pas plus mal pour celles et ceux dont la vue baisse. Après ce livre est constitué de lettres envoyées à un père qui avait de plus en plus de mal pour lire, et qui utilisaient des loupes à la fin de sa vie.

Sans le vouloir, CreateSpace a réalisé aveuglément un objet qui aurait peut-être plu à mon père.

 

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La route du travailleur tranquille

Le matin, prendre la voiture pour traverser la campagne vallonnée. Atteindre les Terres froides du Dauphiné en passant par des villages aux noms chantants : Villefontaine, Four, Artas, Beauvoir-de-Marc, Lieudieu, Saint-Jean-de-Bournay.

Aller au travail en empruntant des routes agréables augmente de beaucoup la qualité de vie et améliore les conditions de travail. Il m’est arrivé de me rendre tous les matins dans la banlieue lyonnaise, dans un lycée de zone d’éducation prioritaire : la seule progression matinale sur l’autoroute et le périph’ annonçait des journées ardues et froides, des journées violentes pour le moral.

Ces jours-ci, au contraire, j’emprunte de longs rubans de goudron qui suivent délicatement les dénivelés des collines iséroises. Cela annonce des journées douces comme le miel. Dans le soleil d’hiver, je conduis tranquillement et ne croise pas une voiture. Parfois, quand j’ai le temps, je m’arrête pour prendre une photo.

A quelques kilomètres du lycée où je me dirige, un panneau informe l’automobiliste qu’il approche du village natal d’Hector Berlioz. Encore un petit col à franchir et quelques virages à négocier, puis une longue descente jusqu’à un rond-point. Je tourne à gauche et je suis arrivé. Le lycée est à quelques pas du centre de La Côte Saint André.

Je dispense quelques heures de cours et retourne à la voiture pour m’enfoncer à nouveau dans les vallonnements gracieux de cette campagne ouverte.

Dans ces conditions, oui, la sagesse précaire reconnaît qu’il n’est guère de métier plus agréables que professeur de philosophie.

 

Nulle trace d’Ibn Battuta à Fès

Vous me croirez ou vous ne me croirez pas, je n’ai vu aucun vestige de la présence d’Ibn Battuta dans la bonne ville de Fès. Je ne savais pas trop ce que je cherchais, en réalité. Peut-être une plaque sur une vieille maison, sans doute une salle dans un musée municipal, à la rigueur une mention dans une mosquée ou une medersa. Certainement des gens passionnés et lettrés.

J’avais apporté mon micro-enregistreur pour commencer un reportage documentaire sur la vie et l’oeuvre du grand écrivain-voyageur. Plutôt que de le préparer en France, et de passer des heures sur internet ou au bout du fil, comme le font les journalistes fauchés, je suis allé directement sur place pour nouer des contacts et prendre des premiers sons. C’est la méthode dispendieuse de la sagesse précaire : les rédactions ne sont pas très chaudes pour ce genre de procédés, elles qui préfèrent qu’on prépare tout en amont avant de se déplacer. Le sage précaire, lui, est plus proche des reporters des années 30, qui partaient d’abord à l’autre bout du monde, et qui réfléchissaient après.

Mon repérage ne s’est pas avéré concluant. A part des sons de rues, des ambiances, des sons d’artisanats pétaradants, je n’ai pas enregistré grand chose. Je n’ai rencontré presque personne à qui parler d’Ibn Battuta. Ceux à qui je m’ouvrais de mon projet me promettaient un spécialiste de confiance, mais la forme que devait prendre notre entretien était celle d’une visite guidée culturelle de la Médina, à 20 euros de l’heure. Les chaînes de radio rémunérant déjà leurs reporters comme des chiens galeux (et ne remboursant pas les frais de voyage, d’où une raréfaction naturelle des émissions de reportage, au profit d’émissions de plateau, moins créatives et moins coûteuses), il n’était pas question de dépenser des mille et des cents pour une simple interview touristique.

Pourtant, tous les Marocains, tous les Algériens, tous les arabophones connaissent Ibn Battuta. Ils ne l’ont pas nécessairement tous lu dans le texte, mais ils connaissent son nom et sa réputation de grand voyageur. Dans la culture arabo-musulmane, il fait un peu figure de Marco Polo.

Il existe une « maison Ibn Khaldoun » par exemple, qui ne se visite pas, mais qui témoigne de  l’importance du grand géographe dans la ville. Ibn Khaldoun a d’ailleurs joué un rôle certain dans la dépréciation scientifique du récit d’Ibn Battuta.

Mais rien sur le grand voyageur.

Un étonnant frère jumeau

A la faveur de je ne sais quelle recherche sur internet, je suis tombé sur des articles qui me ressemblaient étrangement.

Sur des sites que je ne connaissais pas, sous des titres qui n’étaient pas les miens, introduits par des chapeaux que je n’aurais jamais écrits, je lisais des histoires sur la Californie qui faisaient écho avec ce que j’avais vécu là-bas. Le mec avait logé dans la même auberge de San Francisco que moi, il abordait la Silicon Valley avec le même angle, il exprimait des émotions identiques aux miennes.

Le plus troublant est que son style d’écriture me paraissait très proche de ma façon de raconter les choses. J’avais l’impression d’entendre quelqu’un qui parlait comme moi, avec la même voix, avec des tics similaires, voire les mêmes fautes de français. Comme moi, il disait « quarantenaire » au lieu de « quadragénaire ». C’était très désagréable. Bien sûr, je sentais là, chez cet inconnu du net, une fraternité étrange et profonde. Mais loin de trouver cela rassurant ou excitant, j’étais gagné par un sentiment de panique : je suis donc si peu original qu’un autre sage précaire, ailleurs, vit les mêmes choses que moi et en tire le même genre de prose ?

Mieux valait tout arrêter alors, et réaliser mon dernier rêve : devenir un clochard et laisser le hasard s’occuper de tout.

Il m’a fallu quelques minutes pour me rendre compte qu’il s’agissait bien de mes billets de blog, mais copiés et collés sur ce site de tourisme. Ce site avait pris plusieurs de mes billets sur la Californie et en avait fait un dossier spécial. Dans le style « J’ai testé pour vous », le site me faisait passer pour un professionnel du tourisme décalé, il citait mon nom et proposait une page d’auteur.

Sur la page d’auteur qui m’est consacré, je vois cette simple phrase : « Pour prolonger le plaisir de la découverte, visitez le blog La précarité du sage. »

Dans les écoles anciennes de Fès

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Dans les vieilles écoles médiévales où se bousculaient quelques étudiants, l’atmosphère est celle d’un recueillement qui sied à la sagesse précaire. L’oeil y est constamment attiré et stimulé par des détails de décoration infinis. L’oeil est diverti et se perd.

 

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L’oeil se perd car on cherche à étourdir l’esprit, on recherche l’ivresse sans alcool. L’ivresse dans les mots, dans les sons, dans la profusion des signes.

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L’art islamique se dévoile dans une de ses caractéristiques les plus charmantes : un art de l’ascèse qui passe par le débordement des plaisirs plutôt que par leurs restrictions.

Fès, au nord du Maroc. C’est ici qu’au XIVe siècle, les brillants sultans de la dynastie berbère Mérinides ont voulu construire une capitale culturelle et n’ont reculé devant aucune dépense. Il n’est pas indifférent que leurs chefs d’oeuvre les plus marquants soient précisément des medersa (écoles, ou université).

Abou Inan Faris, le dernier sultan mérinides avant le déclin, a donné son nom à plusieurs medersa au Maroc, dont celle de Fès. Il s’est aussi illustré en accueillant le grand voyageur Ibn Battuta et en lui permettant d’écrire son grand récit de voyage qui immortalise le nom de Fès.

C’est ici, mes frères, dans la Medersa Bou Inania, havre de paix dans le tumulte des ruelles de Fès, qu’Ibn Battuta venait parfois enseigner la géographie et l’anthropologie aux étudiants. Par contrat, il devait passer un peu de temps avec la jeunesse de Fès et l’édifier un peu avec le récit de ses voyages. Ibn Battuta faisait rêver les jeunes du Maroc comme les lettrés d’Andalousie.

 

 

 

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Quand il n’y avait pas cours, ni professeurs, ni obligation d’aucune sorte, les étudiants pouvaient toujours venir et profiter de la sagesse étourdissante qui s’étale, encore aujourd’hui, sur les façades intérieures de l’école.

Un art décoratif qui a rendu fous des orientalistes français. Venus apprendre, venus contempler, ils se sont mis en tête d’imiter et de reproduire les motifs décoratifs de l’art d’islam, et cela leur a fait tourner la tête. 

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C’est un art devant lequel il faut faire silence et prier, parce qu’on se sent perdu et pourtant dirigé par un ordre supérieur que l’oeil ne parvient pas à dominer.

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C’est pourquoi l’eau, la fontaine, coule au centre des vieilles écoles de Fès.

Non seulement on peut s’y laver (on n’oublie pas l’obsession de la propreté chez les musulmans),

non seulement on y trouve la fraîcheur sacrée (on n’oublie pas le bonheur simple de s’asperger d’eau claire quand il fait chaud), obsession naturelle d’une culture née dans le désert,

non seulement on fait jaillir le bien le plus précieux au centre de l’enseignement coranique pour souligner la dimension miraculeuse de la parole divine,

mais aussi, l’eau incarne l’absence de motifs décoratifs, l’absence de forme plastique, le vide des couleurs. L’étudiant, dont l’esprit et les sens sont chamboulés par la prolifération des formes à contempler, peut trouver refuge vers l’eau muette, l’eau informe, l’eau incolore, la transparence du savoir.

Lettres du Brésil, le livre broché

 

Lettres du Brésil, broché, ISBN 1508497532
Lettres du Brésil, broché, ISBN 1508497532

La saga Lettres du Brésil continue. On sait que ce livre a d’abord paru en version numérique, publié sur la plateforme d’édition pour Kindle.

Mais l’expérience s’est révélée frappante : les Français sont encore extrêmement rétifs à la lecture sur liseuse électronique. Beaucoup de raisons peuvent être invoquées pour cela, mais c’est ainsi, les Français de 7 à 107 ans préfèrent le papier, la colle et l’encre.

Par conséquent, de nombreuses personnes m’ont fait savoir qu’elles ne pouvaient ni l’acheter, ni le télécharger, ni le lire, ni rien.

Je lance donc la deuxième salve de mon expérimentation. La fabrication de mon livre en papier bien palpable.

La publication à la demande est une technique qui permet de limiter au maximum les problèmes de stockage : vous achetez le livre sur le site de la librairie, et automatiquement, le livre est imprimé, broché, fabriqué et envoyé à votre adresse. Tout cela pour le prix modique de 12,67 euros.

Cliquez sur ce lien, vous saurez tout.

Il reste le problème d’Amazon. Beaucoup de Français pensent qu’acheter sur Amazon est un acte aussi répréhensible que de tuer un chaton, ou de faire chuter une grand-mère dans la rue. A tous ceux-là, je suggère de contacter directement les vastes offices de la Sagesse précaire, et l’on trouvera une solution de remplacement.

Voyage à Fès, sur les traces d’Ibn Battuta

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c’est bardé de toute quincaillerie historique et littéraire que j’ai décidé d’aller voir à Fès ce qui restait de la présence d’Ibn Battuta. C’est ici que le sultan mérinide Abou Inan l’a accueilli et lui a permis de vivre ses dernières décennies. C’est ici qu’il a écrit son long récit de voyage avec l’aide d’Ibn Juzayy.

La vieille ville est vraiment très vieille et s’avère un véritable labyrinthe. Datant du XIIe siècle, elle est un dédale grouillant d’artisans et de promeneurs. Des micro-entrepreneurs comme la sagesse précaire les aime. Le sage précaire lui-même, micro-entrepreneur spécialisé dans tout ce qui se transmet, tout ce qui se pense et s’écrit, promène son micro pour réaliser un reportage radio.

Comme on s’y perd facilement, d’innombrables Marocains vous abordent pour vous servir de guide dans la vieille Medina. Cela pourrait être gentil, mais l’insistance avec laquelle ils vous abordent rend le séjour à Fès éprouvant. La première fois que je m’y perds (c’est-à-dire la première fois que je m’y rends) je finis par rendre les armes et accepter l’aide d’une bande d’enfants. Ces enfants me demanderont une somme d’argent outrageusement supérieure à la moindre course en taxi.

Un vieux couple viendra à leur rencontre et les tancera vertement. On ne demande pas d’argent aux touristes, on leur dit : « c’est pour le plaisir ». A ma grande surprise, les bambins obéissent immédiatement au vieux grand-père.

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L’hôtel est une sorte de palais pour précaires, où l’on vous offre un thé à la menthe, où le petit déjeuner se prend sur le toit-terrasse, et où votre amoureuse se fait mystérieusement bouffer par des punaises de lit.

Et les quartiers d’artisans se succèdent avec précision. Le quartier des tanneurs est sans doute le plus impressionnant : on peut observer depuis des toits la vie terrible des tanneurs qui traitent et teintent le cuir dans des cuves de liquides colorés. Si l’on en croit les effluves qui se dégagent desdites cuves, je ne donne pas cher de la santé des tanneurs. Ils respirent un air hautement toxique qui semble n’avoir pas beaucoup évolué depuis quelques siècles.

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