
J’ai appris une chose étonnante sur les chats.
Loin d’être de faibles être dépendants de l’homme, menacés d’être boulottés par la première sauvagine venue, ils sont de véritables prédateurs qui se reproduisent à une grande vitesse et tuent sans pitié des espèces en voie de disparition. Contrairement à ce qui se dit, ce sont eux les dangereux animaux. Apparemment, ils sont en train de devenir nuisibles dans nos campagnes. Les sociétés de chasse sont contactées pour qu’elles aident à réduire le nombre de nos charmants matous.
En dehors des chats sauvages, il y a les chats qui deviennent sauvages, et ceux qui, comme ceux qui habitent chez moi, sont sauvages quand ça leur chante. Beaucoup de chats quittent le domicile humain où ils trouvent câlins et croquettes, et s’en vont, au clair de lune, chasser dans des sabbats nocturnes horribles. Le matin, leurs maîtres les trouvent ronronnant sur des canapés en faux cuir, et se font caresser comme des vieilles cocottes.

Je regarde mes chatons avec de nouveaux yeux. Ces mignonnes petites bêtes sont en fait de féroces animaux sauvages. Quand ils s’amusent et se chamaillent, en réalité, ils s’entrainent à la guerre de tous contre chacun dans laquelle ils vont passer toute leur existence. Cela m’effraie un peu mais, bizarrement, l’affection que je leur porte s’en trouve redoublée. Mes adorables petits guerriers, je les vois soudain comme ce qu’ils sont vraiment, des félins sanguinaires, des petits tigres européens sans foi ni loi. Des soldats individualistes et claniques qui me font penser aux nomades d’Asie centrale.
Je pense même que l’adoration que leur vouent les petites filles a confusément partie liée avec cette sauvagerie miniature qu’ils jouent de manière inoffensive, mais qui n’est que le théâtre de répétition d’une grande scène de carnage. Les petites filles sont toutes des petites Alice de Lewis Carroll, la cruauté ne leur est pas étrangère. Elles sont charmées par l’innocence des grands carnassiers.


























