Le sage précaire en Oman

Oman, nouvelle patrie de la sagesse précaire
Oman, nouvelle patrie de la sagesse précaire

La sagesse précaire s’exporte dans le monde arabe. J’ai accepté avec joie l’offre d’emploi d’une université du sultanat d’Oman.

Vous ne voyez pas trop où se trouve l’Oman ?

Eh bien représentez-vous le Moyen-Orient, avec la terre-sainte au nord (Palestine, Syrie, Jordanie, Liban et même Egypte), les pays méditerranéens comme la Turquie. Au sud de ce qu’on appelle « Moyen-Orient », il y a la péninsule arabique, avec l’Arabie saoudite qui prend beaucoup de place.

La mer Rouge sépare la péninsule arabique de l’Egypte, de l’Erythrée et de Djibouti à l’ouest. Et à l’est, c’est le Golfe persique qui sépare la péninsule de l’Iran. L’Oman se trouve du côté iranien, au sud-est de la péninsule arabique. C’est d’ailleurs en Oman que se trouve le fameux détroit d’Ormuz, point de passage stratégique et tendu entre Perses et Arabes.

Le sultanat d’Oman a pour voisins les Emirats arabes unis au nord, l’Arabie saoudite à l’ouest et le Yémen au sud-ouest.

Il y fait extrêmement chaud mais les paysages sont très beaux. Des montagnes qui culminent à trois mille mètres d’altitude, des vallées, des rivières, des zones de désert et des zones tropicales. Des cultures en terrasses où l’on cultive la rose et les dates. Des arbres à encens, de la myrrhe. C’est l’ « Arabie heureuse » (Felix Arabia) « regorgeant de parfums et de richesses »chantée par les Grecs et les Romains. Arabie fertile opposée à l’Arabie déserte parcourue par les nomades.

D’une superficie de plus de 300 000 kilomètres carré, c’est un pays un peu plus grand que l’Italie, mais beaucoup moins peuplé : quatre millions d’habitants.

Son code téléphonique est le 968.

Des voyageurs arabes

Quand on aime la littérature viatique, on aime la grande tradition arabe des relations de voyage. Le problème est que nous sommes peu nombreux à les lire, et ce pour des raisons variées que je m’en vais dénombrer ici même :

1 – Les Français déprécient les récits de voyage, qu’ils considèrent comme inférieurs aux fictions. D’où une meilleure connaissance des contes et des poésies arabes.

2 – Les études sur le récit de voyage tendent à être éblouies par l’approche postcolonialiste, selon laquelle les voyageurs sont forcément impérialistes, donc les Arabes doivent rester passifs, victimes, inférieurs. Quand ils sont eux-mêmes voyageurs et écrivains, le modèle postcolonialiste devient caduque, donc on préfère ignorer le sujet.

3 – Les grands récits arabes sont des livres très longs.

4 – La tradition arabe atteint son apogée au XIVe siècle, avec Ibn Battuta. Nous sommes trop éloignés du Moyen-âge, mentalement parlant.

Il y aurait bien des raisons à ajouter, mais il suffit de dire le fait. La sagesse précaire est naturellement intéressée par les voyageurs arabes et vous en dira quelques mots pour accompagner vos froides soirées d’hiver.