Soutenir, les jours de soutenance

Aujourd’hui etait une journee speciale, un peu excitante pour le bureau des thesards. Deux d’entre nous passaient leur soutenance. Ils sont arrives ce matin, tires a quatre epingles, et tout le monde les a encourages, comme avant de disputer un match de boxe.

Ils ont tous les deux passe l’epreuve avec succes, ce qui fut source de joie, de sourires radieux, d’embrassades, d’accolades,tout cela faisait plaisir a voir. Nous qui avons encore un an de travail devant nous, ou un an et demi, ou deux ans selon les cas, nous felicitons nos aines avec grande effusion : c’est que nous sentons poindre l’angoisse de ne pas reussir a terminer cette these qui nous occupe tous les jours. Alors, savoir que Ricky, Trish, David ou Eamon ont reussi sans entrave, c’est un espoir, un soulagement. Cela prend donc fin quelque part, a un certain moment. 

Il y a une sortie du tunnel. Nous le savons, nous les avons rencontres ceux qui en sont sortis. Nous les avons embrasses, nous leur avons serre les mains, nous les avons palpes, incredules et emerveilles.

Dans le groupe des thesards, des sourires francs se melaient a des soupirs, a des tetes prises dans les mains. L’angoisse le dispute a l’esperance. C’est tres precieux de pouvoir partager sa vie de chercheurs avec d’autres chercheurs. Un sens communautaire se forme et un apprentissage de la temporalite propre a a these se fait. Voir les uns et les autres terminer leur travail, cela cree une disposition mentale favorable a l’achevement, a la completude, cela nous fait tendre vers l’accomplissement.

C’est d’ailleurs un tres grand jour pour Ricky. Le jour meme de sa soutenance, son groupe, Not Square, sort son premier album! Demain, samedi soir, grand concert de Not Square ou chacun balancera son corps au gre de ses incertitudes et de ses investissements.

  

Le nez de Napoléon

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Un deuxième Letton

Ma maison s’est augmentée d’un deuxième Letton. Un jeune homme que mon colocataire letton a rencontré au boulot, et qui avait besoin d’une chambre. Il semble ravi de sa nouvelle demeure, et cela me ravirait si les deux jeunes hommes ne prenaient pas leur chambre à coucher pour principal lieu de sociabilité.

Les deux Lettons ont parfois un ou deux invités, et ils aiment se raconter des histoires de Lettons jusqu’à minuit passé, ce qui m’oblige à rester au boulot très tard le soir.

Celui qui morfle, en revanche, c’est le Pakistanais. Il se sent exclu, avec tous ces chrétiens autour de lui. Alors, il décide de ne plus rien foutre, ne plus rien laver, ne plus rien ramasser. Il me dit que les « nouveaux » ne font pas leur vaisselle, alors il n’y a pas de raison qu’il soit le seul à la faire. Pauvre ami, il se sent si seul. L’autre soir, je pris mon dîner avec lui, dans la cuisine, et il me remercia, quand je rejoignis mes appartements, de lui avoir tenu compagnie. 

J’essaie de lui faire comprendre que si lui et moi continuons de faire la vaisselle que les autres ne font pas, avec le temps et avec quelques remarques diplomatiques mais explicites – si les deux sont compatibles – les Lettons comprendront. Le Pakistanais me répond que je suis un philosophe et que ma vision du monde est peut-être trop optimiste.

Quand je lui explique que les nouveaux sont jeunes, et qu’ils n’ont sans doute pas l’habitude de se débrouiller tout seul, il me rétorque qu’avant d’arriver à Belfast il n’avait jamais lavé une assiette.

C’est donc moi qui me farcit la totalité du ménage de cette maison. Je ne sais pas combien de temps cela peut durer.

Un mélange toxique

Il y a encore eu des attentats récemment. Je ne les compte plus depuis longtemps.

Les journaux le font à ma place. Ce dimanche 22 août, The Observer dénombre vingt actes de violence majeure dans les dix-huit derniers mois. Le journal de gauche consacre une double page à l’Irlande du nord, et au « mélange toxique » que représente la crise économique et la « nostalgie » pour un combat républicain où l’héroïsme et la martyrologie avaient encore droit de cité pour les jeunes oisifs agités du bocal.

Moi, j’ai finalement réussi à me sortir de ma torpeur dominicale pour aller me promener dans le nord de la ville, un territoire que je connais mal. Je voulais visiter une galerie d’art contemporain, mais je ne l’ai pas trouvée et me suis égaré dans les quartiers populaires qui jouxtent les docks.

Je ne me sentais pas rassuré. Mais, en voyant des femmes se promener seules, j’ai pensé que si c’est elles qui se promenaient dans mon quartier, elles ne se sentiraient pas rassurées non plus. Le sentiment d’insécurité s’annule d’un quartier l’autre.

Dans l’Observer, je lis que la police attribue aux paramilitaires 49 incidents liés à une bombe, et 32 fusillades pour cette année seulement. C’est beaucoup. Un bon nombre de ces « incidents » ne se sont pas transformés en explosion car la police a fait son travail d’enquête, de saisie et de déminage.

C’est étrange, ces promenades du dimanche, où l’on couvre des kilomètres sans raison. Une forte odeur de céréale grillée me fait penser à la bière. Odeur entêtante que je sentais près de la brasserie Guinness à Dublin. Odeur que j’ai retrouvée à Glasgow. J’aurais voulu savoir quelle bière était brassée dans le quartier. Peut-être une bière à découvrir, un prétexte culturel pour boire… Je n’ai pas osé demander aux gens qui fumaient en dehors d’un pub, qui paraissait à la fois très coloré et très sectaire.

En empruntant une rue sur ma droite, je me suis retrouvé dans une rue toujours populaire mais plus avenante, à l’ambiance moins lourde, moins démunie.

L’information principale, révélée par l’Observer d’hier, est que des groupes terroristes projettent d’étendre leur action sur le territoire anglais. C’est ce qui justifie une double page dans un grand journal du dimanche. Des informations concordantes annoncent que des groupes pourraient prendre le parti conservateur comme cible. La « conférence » du parti, prévue à Birmingham en octobre prochain, serait donc visée. A suivre.

Moi, en fin de journée, j’ai atteint un rond-point que j’adore : à l’intersection de Crumlin road et d’Antrim road, deux rues qui mènent dans les montagnes. Ce rond-point possède le plus joli des noms de rond-point : Carlisle Circus.

Ce que j’aime le plus, sur Carlisle Circus, c’est l’église abandonnée qui le borde. Un chauffeur de bus m’a dit un jour qu’elle n’était pas du tout abandonnée. Que la végétation luxuriante qui poussait dessus et autour était un fait exprès. Il m’a dit que c’était maintenant un centre pour hindous! et que c’est pour cette raison qu’il y avait de la végétation. Pour rappeler les tropiques aux Indiens.

De fait, au milieu des mauvaises herbes, il y a des sortes de palmiers.

Juste à côté de l’église, un vieux bâtiment à la gloire de Guillaume d’Orange, coiffé d’une superbe sculpture de William III, sur un cheval cabré. On dit « cabré », pour un cheval dans cette position ? Ah, je dois faire des recherches, autant pour cet Orange Hall que pour l’église « tropicale » de Carlisle Circus.

Femmes en pyjamas et espaces

Fréquemment, dans la supérette du coin, le « Spar » de la station service, des femmes font leur course en pyjamas.
Ces codes vestimentaires étaient déjà observés en Chine. Certains en concluent que dans ces régions, on peut porter n’importe quoi, aucune gêne n’est perceptible car il n’y a pas ni règle ni goût.
Il est pourtant évident qu’il y a là un code vestimentaire sûr. Les « nord-irlandaises » du Village (le quartier populaire où je vis) perçoivent le pyjama comme une tenue d’intérieur mais pas nécessairement de couchage, ou d’intimité. Après la toilette du soir, ou dans l’entre-deux qui sépare la journée active et le coucher, un espace de confort un peu relâché peut être partagé avec les voisins. On fume sa cigarette accoudée au portail de chez soi. Toute une classe d’objets, nounours, sucette, bavoirs, cycles, jouets, traversent la rue dans les mains des mamans qui viennent discuter les unes avec les autres. Par conséquent, elles étendent la notion d’ « intérieur » à leur voisinage, ainsi qu’aux commerces de proximité.
Même si les vendeurs du Spar ne sont plus Monsieur ou Madame Untel, avec qui l’on parle du temps et des gosses, mais des jeunes précaires qui trouvent là un « job », le magasin a gardé la fonction de l’épicerie de village, qui n’est qu’une extension symbolique de la maison. On peut aller à la supérette en pyjamas parce que ce n’est pas loin du salon, pas loin de la salle de bains où le mari prend sa douche, et juste à côté de la télé devant laquelle les gamins sont collés.
En revanche, les mêmes, quand ils vont au centre-ville, ou au centre commercial, à quelques rues de là, s’habillent proprement. Ce serait mal vu de s’y promener en savates.

Alex Higgins est mort

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Le héros de mon quartier, légende du billard et grand alcoolique, Alex Higgins est mort la nuit dernière. Dès ce matin, le journal local en fait des tonnes, et c’est parfaitement mérité. Le Sunday Life couvre l’événement en onze pages, sans compter la une, qui lui est entièrement consacrée elle aussi. Il y a deux mois, j’avais relevé que la presse locale préparait la communauté à la fin prochaine d’Alex, et deux journalistes ont eu le temps de préparer les articles pour qu’en quelques heures, dès l’annonce de la mort de l’artiste, tout fût prêt à partir sous presse.  

Il est né, a grandi et est mort dans la même rue de Belfast, Sandy Row, connue pour son aspect sectaire et paramilitaire. Quand le voyageur se promène sur Sandy Row, il voit des boutiques pour unionistes, pour orangistes, pour loyalistes, des trottoirs peints aux couleurs du drapeau britannique. Des fresques murales avec des hommes armés qui préviennent le passant qu’il entre ici dans un territoire « libre ». C’est ici le coeur palpitant du loyalisme paramilitaire. Ici que les bûchers sont les plus flamboyants. Ici que les feux d’artifices sont allumés au milieu du peuple. Alex Higgins appartient à cette rue sans police, cette zone de non-droit : Alex n’a suivi aucune règles à part celles du billard. Et encore, il les a réinventées.

Sa vie est un chaos furieux. Il n’a pas que gagné des tournois, il en a perdu aussi. Et il a été interdit de compétition assez souvent, pour avoir frappé des arbitres, agressé des partenaires, menacé de mort des adversaires. Quand il s’est cassé la cheville, ce n’était pas, comme tout le monde, en faisant du ski, mais en tombant du deuxième étage d’un immeuble. Il a eu deux femmes et deux enfants, qu’il n’avait plus le droit même d’approcher.

Pas de doute qu’il a marqué les esprit comme une star : comme tous les grands de la culture populaire, sa vie se résume à un match. Quelques matches plutôt, qui suivent le même scénario. Il est mené au score, son adversaire est si loin de lui qu’il n’a plus aucune chance de gagner. Puis, soudain, du plus bas qu’il est tombé, il se reprend et fait rentrer les boules les unes après les autres pour remporter la partie.

Dans la vraie vie, Alex est de ceux qui ne comprennent que les très haut et les très bas. Il ne concevait que la chute et la gloire. Il n’aimait pas la vie pour la vie, mais la vie qui se transforme en légende. Dans mon quartier, on n’a que ce mot à la bouche, « legend« . Dans une ville où les quartiers populaires bougent au rythme des fresques murales, les martyres et les héros sportifs sont élevés au rang de saints, et on ne demande pas aux saints d’avoir des vies normales. Les saints ne sont pas forcément exemplaires, tant s’en faut. Qui prendrait Saint Benoît Joseph Labre pour exemple ? Un pauvre homme pouilleux qui traversait l’Europe du XVIIIe siècle à pied, comme un dément, et qui faisait des miracles sans le faire exprès ?

De même, qui, parmi ses admirateurs, voudrait vivre comme Alex Higgins ? Personne, bien entendu, mais on l’admire car il a sacrifié une vie entière pour un beau geste, une trajectoire pure et simple, qui va de l’obscurité à la gloire, et de la splendeur à l’infamie. Légende dorée, ou plutôt, légende plaquée or.

Il est évident que je vais conserver ce numéro du Sunday Life, journal que je n’achète jamais d’ordinaire. Pour moi, mais c’est confus, Alex Higgins est associé à ce quartier mal aimé de Belfast. Quand on dit « Sandy Row« , « Royal pub« , « Donegal Road« , les gens bien élevés de l’université Queen’s font la grimace, ou sourient d’une manière sarcastique. Quand j’invite des amis à boire un pot dans le pub où Alex avait lui aussi ses habitudes, rares sont ceux qui veulent bien s’y aventurer.

Pour lui rendre hommage, j’invite tous ceux qui liront ceci aujourd’hui à aller prendre une pinte de bière ce soir au Royal, et à communier avec tous ces gros tatoués qui forment la clientèle zélée de cet établissement borgne et respectable.

Semaine de la rose

Après avoir évoqué les roses de Belfast, je ne voulais manquer pour rien au monde la « semaine de la rose » dans un parc que je n’avais, en plus, jamais visité. C’est un jardinier rencontré dans la roseraie du jardin botanique qui m’avait prévenu de l’événement, on ne peut pas trouver source plus idoine.

Comme j’étais dans une période filmique, j’ai fait une vidéo de ma promenade. Comme, même raccourcie, celle-ci était trop longue pour le site Youtube (où je stocke mes vidéos) qui exige de ne pas dépasser dix minutes, j’ai fait deux films. Celui-ci est le premier, mais il me semble que les deux peuvent se visionner indépendemment l’un de l’autre.

Ce que je retire de cela, provisoirement, c’est que la culture victorienne a développé un fort tropisme végétal. Pour le dire autrement, le voyageur est impressionné, dans les villes britanniques, par les jardins, les parcs et les arbres qui datent d’un bon siècle et qui relèvent d’un véritable art. Le règne de la reine Victoria (1837-1901) a dû accompagner des recherches spécifiques dans ce domaine.

Faites-le donc taire

Mon amour des fleurs me rend bavard, c’est ainsi, mais c’est peut-être aussi un effet de la bicyclette. Quand on fait beaucoup de sport, on sécrète je ne sais quelle hormone qui fait penser et qui fait parler.

En fin d’après midi, je suis parti à vélo au parc Dixon, sur les hauteurs du sud de Belfast, sans savoir que c’était si loin. je voulais voir les roses de la « Semaine de la rose ». Comme c’était loin et haut, j’ai beaucoup sécrété.

Au retour, c’était pire, car j’ai suivi la rivière Lagan pour rentrer chez moi. Et comme je me suis trompé de direction, j’ai pédalé, en bon abruti que je suis, jusqu’à la ville de Lisburn, située à une petite vingtaine de kilomètres de chez moi. Il était près de 19h30 quand je m’en aperçus et que je dus faire, sous la pluie, lesdits vingt kilomètres. Je peux garantir que j’ai sécrété infiniment.

Heureusement, mon appareil photo/caméra tomba hors d’état de nuire en déclarant une batterie faible. J’aurais filmé mon retour et j’aurais commenté, au grand damn des lecteurs patients de ce blog.

Un 14 juillet irlandais

Notre fête nationale tombe au bon moment. Le 14 juillet, c’est deux jours après les marches orangistes du 12, qui marquent l’attachement des protestants au monarque du Royaume-Uni. Les républicains peuvent en profiter pour leur faire un pied de nez en fêtant la prise de la Bastille et la chute de la monarchie française.

Les nationalistes d’Irlande du nord ne cherchent pas à se rapprocher de la France, mais à célébrer une révolution républicaine, cela est sensé. Vieux pub à la mauvaise réputation, le Kelly’s Cellar organise un 14 juillet très sympathique. Les fanions tricolores sont en fait ceux que les loyalistes mettent dans les rues de leur quartier pour rappeler les couleurs de l’Union Jack. Bel exemple de détournement d’objet culturel et politique. Les gens se déguisent en ce qu’ils imaginent être des Français : pulls marins, bérets basques, moustaches, bas résilles, maquillage outrancier. Vin rouge gratuit, mes amis, et musique des années 40 et 50 toute la nuit.

Du reste, si je puis me permettre de ramener ma science, les premiers républicains irlandais, qui venaient de la province d’Ulster et qui étaient presbytériens, soutenaient la France libérale, et avaient obtenu son soutien pour une révolution, en 1798, qui fut un échec. Quand le leader, Wolfe Tone, fut arrêté, il prétendit servir dans l’armée française.

Quand on y pense, comme le monde eût été différent si cette révolution avait rencontré le succès. L’Irlande serait aujourd’hui une république bien plus proche de la France qu’elle ne l’est. Au XIXe siècle, lors des famines, les émigrants irlandais en Amérique et en Australie auraient parlé français et se seraient alliés aux autres francophones d’Amérique, ceux qu’on appelle les Québécois et que nous avons abandonnés comme des salauds lorsqu’ils avaient besoin de nous.

Bon, je m’emporte sans doute. Le monde n’eût peut-être pas été si différent. En revanche, dans une Irlande républicaine les catholiques n’auraient pas été exclus du pouvoir et n’auraient pas été mis en demeure de se convertir. Le corps de la population serait resté catholique mais à la française, en s’éloignant du pape. La laïcité serait telle que les protestants et les catholiques auraient fini par se retrouver dans la citoyenneté nationale. Le pays serait certainement divisé, mais pour des raisons sociales seulement.

Nous célèbrerions le 12 juillet aussi, non pour souligner la prédominance des protestants, mais pour rappeler le libéralisme de Guillaume d’Orange, que nous verrions comme un proto-républicain… Cela a-t-il du sens, tout ce que j’écris là ? 

Pour y voir plus clair, lire l’article de l’ami Pierre dans rue89. Il y était et il a fait des recherches. 

12 juillet 2010

Cette année, plutôt que de les appeler les « marches orangistes », les « parades », ils ont voulu donner à cet événement un aspect plus ouvert sur le monde, plus cool, plus jeune, plus international. Ils l’ont marchandisé sous le titre d’Orange Fest. « Fest » comme « festival ». C’est l’époque des festivals, des grands rassemblements populaires où l’on s’amuse, il était donc normal que les orangistes, pour donner une meilleure image d’eux, cherchent à s’y associer.

Les jeunes casseurs de la communauté catholiques, qui se disent républicains par défaut, ne l’ont pas entendu de cette oreille et ont repris des affrontements avec les forces de l’ordre. En conséquence de quoi, les images qui prévalent dans la presse et les journaux télévisés sont des images de haine et de violence sectaire, non de célébration culturelle familiale.

La presse d’aujourd’hui est dans l’affliction. Il n’y a pas eu de mort, c’est déjà ça. Mais ce qui domine, c’est un ras-le-bol absolu.

C’est ça la politique. Il faut se coltiner la violence de gens qu’on ne sait pas comment maîtriser. On sait d’expérience que la répression violente ne sert à rien et qu’il faudra, malgré la lassitude, reprendre des positions de dialogue.