Jean Rolin et les pétunias dans le Golfe persique

Les villes côtières du Golfe persique peuvent être très belles. Mascate, par exemple, est pleine de charme. Une des choses qui me plaît le plus dans la capitale d’Oman est la végétation, les fleurs et les arbres cultivés en bord de route. Autour des rond-points, s’étendent en étoile de véritables parcs avec des pelouses impeccables et des arbres remarquables, certains anciens et tous plantés avec soin, voire avec science.

L’écrivain Jean Rolin, qui est allé dans le Golfe au début du siècle pour écrire son récit Ormuz, se moque dans une vidéo tournée chez son éditeur P.O.L. de tous les pétunias qui ont été plantés dans les villes de cette région. Pour lui, il s’agit d’un gâchis épouvantable. De la minute 8’28 à 9’20, Rolin s’amuse de ces pétunias pour conclure que cela relève d’une « vision caricaturale du monde dans lequel on vit et de celui dans lequel on pourrait être amené à vivre ».

S’il n’y avait que des pétunias, je serais d’accord pour me moquer avec le grand écrivain, mais ce que l’on trouve comme plantes est bien plus divers en Oman. Et surtout, une information d’importance doit être apportée : contrairement à ce que l’on pourrait penser, les autorités omanaises n’utilisent pas d’eau potable pour ces parcs et ces jardins, ni n’épuisent les nappes phréatiques du pays. Les autorités ont mis en place un réseau de stations d’épuration, ainsi que de désalinisation de l’eau de mer, et c’est dans ces ondes à peine dépolluées que l’on puise pour arroser ces milliers de pétunias. Je tiens cette information d’ingénieurs hydrauliques français qui travaillent en Oman.

Quand vous viendrez vous promener en Oman, ne soyez pas surpris par la magnificence des fleurs et des essences. Au contraire, ayez foi dans le fait que, malgré la chaleur des longs été, peut-être verrons-nous pousser de véritables forêts dans l’Arabie heureuse.

Three famous French writers

Au lycée français de Mascate, le brillant professeur de lettres qui officie en classes de collège et de lycée est un spécialiste de l’écrivain égyptien Albert Cossery. Il a terminé sa thèse de doctorat il y a quelques années et ne sait s’il va sacrifier encore du temps et de l’énergie à publier cette dernière, ou sacrifier aux passions paresseuses de son écrivain favori et tout abandonner à l’autel de la plage.

Cyril (c’est son nom), que j’avais dû harceler en 2016 pour qu’il participe à mon colloque sur la littérature des voyages en Arabie, est un faux fainéant dans une vallée fertile. Il a organisé en 2018 un projet de longue haleine avec ses étudiants et des collègues du lycée, sur les questions du portrait et du voyage. Un volet de ce projet pédagogique prévoyait une rencontre avec des « écrivains voyageurs ».

J’étais donc invité en compagnie de deux auteurs que j’aime beaucoup : Nicolas Presl qui crée des bande dessinée sans parole (des romans graphiques, dit-on aujourd’hui), et Antonin Potoski qu’on ne présente plus aux lecteurs de ce blog. Auteur notamment de Nager sur la frontière (Gallimard), de Cités en abîmes (Gallimard) et de L’Hôtel de l’amitié (POL), Antonin Potoski écrit des récits de voyage résolument contemporains, qui ressemblent enfin à la façon de voyager des années 2010-2020. Il est aux antipodes de ces « nouveaux explorateurs » qui veulent nous faire croire qu’ils voyagent comme au XIXe siècle et qui cherchent à écrire comme on le faisait dans les années 1930 (oui, je pense notamment à Sylvain Tesson). Potoski prend en compte ce qui se passe vraiment dans la vie quotidienne des gens qui vivent dans les pays traversés. D’ailleurs ils ne les traversent pas, il y vit. Il vit en transit et passe de points de chute en logements provisoires.

Fin mars 2018, nous fûmes réunis au Lycée français de Mascate pour une soirée littéraire très bien préparée par les élèves, leurs professeurs et d’autres membres du personnel. Les questions fusaient, posées par des étudiants différents à l’un de nous trois. Nous fûmes aussi invités à raconter notre vie en quelques mots, à commenter une image que nous avions choisie, ainsi qu’à lire quelques lignes sur le voyage. Moi, j’ai fait le cabot, car c’est à peu près tout ce que je sais faire quand j’ai un microphone. Mon épouse était là, au premier rang du public, elle rayonnait d’une beauté sombre et je voulais l’impressionner en faisant rire le public composé essentiellement d’élèves du lycée et de parents d’élèves.

Étaient présentes aussi les huiles de la francophonie et de la diplomatie française en Oman, dont l’Ambassadeur lui-même qui avait pris ses fonctions quelques semaines auparavant et qui voyait là l’occasion de rencontrer quelques-uns de ses administrés.

Je lus des extraits d’œuvres de Potoski, pour bien souligner que c’était un grand écrivain, et non juste un ami de la famille. Je fis enfin des commentaires drolatiques et impertinents sur les livres de voyage rassemblés pour l’occasion par la bibliothécaire du lycée. Ce fut l’occasion de brandir Ormuz de Jean Rolin et de clamer une nouvelle fois que si Potoski était un très bon écrivain, Rolin était carrément le meilleur parmi les vivants.

L’ensemble de nos interventions fut un succès culturel et éducatif couronné par un dîner dans un hôtel très charmant de ce nouveau quartier de Mascate, ainsi que d’une nuit avec ma femme passée dans ce même hôtel, offerte par les sponsors pour défraiement.
L’ambassadeur vint nous serrer la main à la fin de notre performance : « J’écris moi aussi, me dit-il. Je vais faire paraître un polar dans quelques jours. » Intéressant. Je me promis intérieurement de lire son livre, même si le genre littéraire adopté par l’ambassadeur n’était pas ma tasse de thé. Il revint vers le livre de Jean Rolin, qu’il prit à son tour à la main : « C’est amusant que vous ayez parlé de Rolin ; dans quelques jours, j’accueille son frère, Olivier, qui vient passer une semaine en Oman. »

Quelques semaines plus tard, des journaux locaux faisaient paraître des articles couvrant l’événement : l’un d’eux nous présentait comme trois écrivains célèbres : https://timesofoman.com/article/famous-french-authors-find-oman-experience-inspiring

Un autre article fut signé par le chroniqueur iconique néo-zélandais Ray Petersen qui, de son côté, rendait compte de cet événement dans l’Oman Observer en termes élogieux, amoureux qu’il est de la littérature française : https://www.omanobserver.om/french-literature-takes-centre-stage/

La Pluralité des mondes au Qatar

On sait que le Qatar subit un blocus de la part de l’Arabie Saoudite, des Emirats Arabes Unis, du Bahrein et de l’Egypte. La situation est très tendue depuis plusieurs mois et il paraît que le Qatar en profite pour développer des manières de s’en sortir indépendantes.

J’en saurai davantage la semaine prochaine car je suis invité par l’ambassade de France à Doha pour donner deux présentations, une à l’université du Qatar, et l’autre à l’Institut français du Qatar.

Intéressante est la façon dont je suis présenté : à l’université, on souligne la venue d’un chercheur docteur en lettres tandis qu’à l’IFQ, comme en témoigne la photo ci-dessus, je suis annoncé comme « écrivain voyageur ».

A chacun son prestige.

La Pluralité des mondes

Les Presses de l’Université Paris-Sorbonne ont finalement publié mon livre. C’était en septembre 2017. La joie que cela m’a procuré était profonde, avait commencé avant que je puisse même toucher l’objet, et n’est pas tout à fait éteinte aujourd’hui.

J’avais travaillé à ce livre depuis 2008, presque dix ans.

Le hasard veut que L’Usage du monde de Nicolas Bouvier tombe cette année au programme de l’agrégation de lettres modernes. Or, les lecteurs fidèles de ce blog savent ou devinent qu’il y a un chapitre entier sur Bouvier dans mon livre. (Ce blog a même fonctionné comme un atelier préparatoire à ce chapitre, à bien des égards.)

En vertu de ce hasard, La Pluralité des mondes est surtout lu par des agrégatifs et des profs de fac qui préparent l’agrég dans les universités de France. Le sage précaire déteste les concours, quelle ironie de l’histoire.

Espérons que cela ne soit que le début de l’aventure.

La Pluralité des Mondes. Le livre de ma jeunesse enfin paru

Mon livre de théorie et d’histoire littéraire est enfin paru. Cela fait de nombreuses années que je prépare cet événement. Rappelez-vous, quand vous lisiez mon blog chinois, que j’annonçais vouloir conquérir le monde avec une thèse sur la littérature de voyage. J’en ai bien sûr beaucoup rabattu mais j’ai fini par faire une thèse. Quelques années plus tard, après avoir écrit de nouveaux chapitres, voilà donc l’objet de toutes mes attentions.

Pays en paix et en diversité

Nous vivons des temps historiques, par définition, mais il est toujours amusant pour l’esprit de se demander de quelle histoire il s’agit.

En ce moment, j’ai la sensation que le sultanat d’Oman vit une période de grande harmonie et de paix qui, avec l’aide du très haut, va perdurer, mais qui pourrait aussi bien se détériorer.

En deux mots, avant 1970, et la prise de pouvoir du sultan actuel, Oman était un pays encore assez pauvre et divisé.

Les grands récits qu’on peut lire, ceux des explorateurs britanniques des années d’après-guerre, décrivent tous un pays parcouru de grandes tensions, des seigneurs locaux régnant sur leur tribu et refusant tout compromis avec les puissances de la « modernité ». A la fin du Désert des déserts, Wilfred Thesiger montre même que mon petit village, Berket el-Maouz, et tout le massif montagneux de la montagne verte, est aux mains d’un imam ouvertement hostile au sultan de Mascate.

Ce qui s’est passé entre les années 50 et aujourd’hui, pour que le pays soit unifié, je ne le sais pas en détail, je suppose que le pétrole et la croissance économique y est pour beaucoup, mais je dois confesser mon manque de lumière. En tout cas, le sultan est aujourd’hui la seule figure de pouvoir légitime dans le pays.

Et ce qui est remarquable, c’est la diversité de la population. La présence d’un monarque absolu et l’unicité des hommages qu’on lui rend donne une impression d’homogénéité anthropologique. De même pour les habits qui définissent l’appartenance nationale, robe blanche pour les hommes, robe noire pour les femmes. En réalité il n’en est rien, et les habits traditionnels sont beaucoup plus bariolés et chamarrés que ceux qui sont portés au quotidien actuellement. Les visages aussi sont variés : Arabes des plaines, Bédouins du désert, tribus de la montagne, à cette diversité s’ajoutent tous les Omanais d’origine africaine.

Il n’est pas rare d’entendre parler swahili, par exemple, et mes amis arabophones me disent que l’arabe parlé ici est mâtiné de mots indiens et philippins.

C’est pour la tolérance et l’apparence d’harmonie qui règne dans ce creuset que j’espère voir durer cette page d’histoire pacifique.

 

Comment se conduire avec un écrivain qu’on a critiqué

Cette table ronde avait une saveur particulière. J’avais égratigné assez sévèrement le dernier livre d’un des auteurs invités. Je l’avais égratigné pour des raisons que j’avais exposées ici, mais j’avais proposé aux organisatrices qu’elle l’invitent pour la table ronde, car son livre était parfaitement calibré pour notre journée d’étude. Donc sur l’échelle de la méchanceté j’avais été modéré, presque éliquilibré.

J’anime avec Anaïs, une des organisatrices du colloque, cette session de discussion entre les écrivains et le public grenoblois. Tout se passe à merveille dans la belle Librairie du Square, ledit écrivain est charmant avec tout le monde, même avec moi.

Heureusement que j’ai écrit ma critique avant de faire sa connaissance. D’abord parce qu’il est extrêmement sympathique, ensuite parce qu’il est beau comme un demi-Dieu. Blond, baraqué, tatoué, yeux bleus, souriant, il fait craquer les filles et les dames qui se pâment et lui font signer des exemplaires de son récit de voyage.

Si j’avais critiqué son livre après notre rencontre, on aurait dit que c’était par jalousie.

Au restaurant, le soir, voilà mon écrivain voyageur qui m’apostrophe à voix haute : « J’ai bien apprécié ton article très critique« . Je suis surpris et déstabilisé. D’habitude, ceux qui me lisent ne croisent pas ceux que je descends en flèche. Je me récrie : « Oh, critique, comme tu y vas. Ce n’était pas très critique… » C’est la première fois que je me retrouve dans cette situation.

Comment se comporter avec un homme qu’on a critiqué ? Passé ce moment de désorientation, je préconise qu’on reste confiant, sans proférer d’excuses, à moins qu’on ait fait un sale boulot. Je préconise surtout de ne pas se justifier, car se justifier vous amènerait immanquablement à remuer le couteau dans la plaie et à redoubler la critique d’un inutile renforcement.

La France d’ailleurs

Retour de Grenoble, où s’est déroulée une belle journée d’étude sur « La France d’ailleurs ». C’était un colloque sur la littérature des voyages, consacré aux territoires et départements d’outre-mer. Organisée par deux doctorantes qui m’ont contacté sur ce blog même, sur la page de biographie du sage précaire.

Etaient invités des chercheurs venus de la France entière, (et je dis bien la France entière, car il y avait une Réunionnaise et un écrivain originaire de Saint-Pierre et Miquelon) et surtout quelques étrangers de marque, comme Charles Forsdick dont j’ai déjà parlé ici.

Comme d’habitude, j’ai fait une conférence sans lire mes notes pour la rendre vivante, et comme d’habitude je sors de cette performance avec l’idée désagréable que le monde universitaire préfèrerait que l’on lise ses notes. Il va falloir que je travaille mes conférences, à l’avenir, pour trouver un équilibre entre mon désir de divertissement et les exigences de rigueur de l’exercice académique.

Ma conférence portait sur L’Arche des Kerguelen de Jean-Paul Kauffmann. L’ancien otage au Liban (1985-1988) s’était rendu sur l’archipel des terres australes françaises quelques années après sa libération, et le livre qu’il en a tiré est prémonitoire de toute son oeuvre à venir. Historique, sensible, sensualiste, à la recherche de lieux suspendus, à l’identité flottante. Ce qui caractérise les récits de Kauffmann, ce sont les territoires concrets qui sont décrits comme s’ils étaient des régions de l’imagination, de la sensibilité. Ce sont des lieux où le réel se sert de la fiction pour pouvoir exister.

Forsdick a fait une belle conférence sur le bagne de Guyane. J’ai beaucoup appris de sa façon de faire, et je me fais le serment de prendre le chercheur de Liverpool comme modèle. Pour la prochaine conférence que je vais donner, en mai à Oxford ou en juillet à Belfast, je vais suivre exactement son exemple, avec un support powerpoint de même facture. Moi aussi je prendrai une voix suave et arrêterai cette gesticulation d’halluciné qui caractérisent mes interventions.

Ce qui m’émerveille chez Forsdick, c’est sa personnalité sans ombre. Il a su construire une carrière splendide sans se faire un seul ennemi. Je crois qu’il a réussi ce prodige en distinguant très nettement le monde des paroles et le domaine des écrits. En situation mondaine, il est toujours d’accord avec son interlocuteur, il reste pondéré, modéré, et drôle. Par contre, dans ce qu’il écrit, il n’hésite à avancer des idées osées, et même parfois totalement polémiques.

Au fond la sagesse précaire aurait mieux fait d’être représentée sur terre par Charles Forsdick que par Guillaume Thouroude, elle y aurait gagné. Thouroude fait exactement le contraire de ce qu’il faudrait faire : il aime la confrontation au moment de prendre un verre, et il est conciliant dans ses prises de position officielles.

Number one by mistake

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Comme le montre cette capture d’écran, mon petit récit indépendant se hisse parfois en tête des ventes dans la catégorie « Guide touristique du Brésil ».

Pourtant, Dieu sait que ce n’est pas un guide touristique, mais le sage précaire ne fait pas la fine bouche. Ce qui fait sourire, c’est certainement de se trouver devant le Guide du Routard et Lonely Planet, les deux guides que trimballent des millions de touristes. Il va sans dire que je n’ai pas vendu des millions d’exemplaires, loin de là, mais il est plaisant d’imaginer des voyageurs qui, à Rio, Recife ou Salvador de Bahia, se servent de mon livre comme un vademecum décalé.

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Autant on m’a beaucoup parlé des relations familiales qui sont à l’oeuvre dans Lettres du Brésil, ou des émotions variées qui y sont exprimées, autant je n’ai encore jamais entendu de commentaires sur la dimension viatique du récit.

Si, à la réflexion, quelques personnes m’ont dit que leur curiosité avait été titillée concernant le Brésil. Mais nulle part, pour l’instant, de critique massive sur cette question. Pas encore de : « Vous n’avez rien compris à ce pays », ni de « votre vision est européocentrée ».

 

Cela va peut-être venir si des gens achètent mon livre par erreur, pensant que c’est un meilleur guide que le Routard, contenant de meilleures adresses, et des « bons plans » encore plus chauds. Qui sait ? Peut-être qu’un jour vous verrez ce livre dans les rayonnages des bibliothèques d’auberges de jeunesse, remplis de livres d’occasion laissés par les voyageurs.

Lettres du Brésil, le livre broché

 

Lettres du Brésil, broché, ISBN 1508497532
Lettres du Brésil, broché, ISBN 1508497532

La saga Lettres du Brésil continue. On sait que ce livre a d’abord paru en version numérique, publié sur la plateforme d’édition pour Kindle.

Mais l’expérience s’est révélée frappante : les Français sont encore extrêmement rétifs à la lecture sur liseuse électronique. Beaucoup de raisons peuvent être invoquées pour cela, mais c’est ainsi, les Français de 7 à 107 ans préfèrent le papier, la colle et l’encre.

Par conséquent, de nombreuses personnes m’ont fait savoir qu’elles ne pouvaient ni l’acheter, ni le télécharger, ni le lire, ni rien.

Je lance donc la deuxième salve de mon expérimentation. La fabrication de mon livre en papier bien palpable.

La publication à la demande est une technique qui permet de limiter au maximum les problèmes de stockage : vous achetez le livre sur le site de la librairie, et automatiquement, le livre est imprimé, broché, fabriqué et envoyé à votre adresse. Tout cela pour le prix modique de 12,67 euros.

Cliquez sur ce lien, vous saurez tout.

Il reste le problème d’Amazon. Beaucoup de Français pensent qu’acheter sur Amazon est un acte aussi répréhensible que de tuer un chaton, ou de faire chuter une grand-mère dans la rue. A tous ceux-là, je suggère de contacter directement les vastes offices de la Sagesse précaire, et l’on trouvera une solution de remplacement.