Der Blaue Reiter, le livre

L’Almanach de 1912, dirigé par Kandinsky et Marc

Gardons à l’esprit que le mouvement Der Blaue Reiter est avant tout un projet éditorial. J’ai été très impressionné par ce fait dans l’exposition que j’ai visitée au musée Lenbachhaus, à Munich. Der Blaue Reiter est un livre avant d’être une exposition. Une revue savante qui sert de machine de guerre pour soutenir et accompagner les productions et diffusions des oeuvres d’art.

Les auteurs des articles de cette publication sont les artistes eux-mêmes, qui ne parlent pas de leurs propres œuvres mais de celles de leurs collègues. C’est ce que la sagesse précaire ne sait pas faire, par un mélange de paresse et de vieille morale, se mettre en situation collective pour que chacun fasse la publicité de l’autre. Moi, je découvre que La précarité du sage est cité ou mentionné à droite à gauche sans avoir été averti, ce qui est flatteur mais ne permet pas de faire système.

Peinture d’art populaire en illustration de l’Almanach Der Blaue Reiter.

Les images choisies pour illustrer cet Almanach (il n’y a eu que deux numéros du fait que le mouvement s’est dissout à l’occasion de la guerre de 1914) sont une belle surprise. Quelques dessins et peintures de nos chers Munichois, autant d’œuvres de grands artistes français perçus comme les parrains de l’entreprise (surtout Delaunay et Matisse), et une majorité d’images venues d’ailleurs.

Des photos de sculptures médiévales, beaucoup de Moyen-âge, des masques asiatiques, des décorations arabes, un peu d’antiquités égyptienne et gréco-romaine, et une forte présence d’art naïf. Art brut, art populaire, dessins d’enfants et de fous. Les expressionnistes trempaient leur imaginaire dans ce que la technologie moderne permettait de mettre à disposition du spectateur occidental curieux.

Quatrième de couverture, où l’on reconnaît la signature de Kandinsky.

Le mépris au cœur de l’expérience humaine

La vie et l’œuvre de Golda Meir sont remarquables, comme le démontre ce documentaire radiophonique. Mais ce qui est aussi clairement mis en lumière, c’est son indifférence pour la population arabe vivant là, en Palestine. Pour elle, ils n’existent pas plus que des nuisibles.

On retrouve aujourd’hui chez certains Français et Israéliens cette attitude mentale. Les Palestiniens n’existent pas, il n’y a pas de peuple palestinien, leur souffrance est une donnée historique négligeable. Il suffit de regarder les émissions de télévision financées par l’homme d’affaire Bollorée, qui ambitionne d’unifier la droite et l’extrême-droite. Leurs émissions depuis l’attque du Hamas du 7 octobre 2023 sont un excellent révélateur de ce qu’est, aujourd’hui, l’extrême-droite : considérer les chrétiens et les juifs comme des êtres humains en danger, les arabes musulmans comme des sous hommes, des barbares.

En face, les mouvements de défense pour la Palestine ne donnent pas très envie non plus. On voit des mouvements de foule, des cris, des chants de haine contre Israël qui font mal au cœur. Mépris contre mépris.

Crier Allahou akbar dans les rues de Paris et de Londres, très peu pour moi. Amoureux de la culture arabe et amoureux de l’islam, je ne reconnais pas ce que j’aime dans ces manifestations.

Le pire pour moi est de voir ces amis qui mettent en scène leurs enfants, ici en Europe, et les filment en train de crier des paroles de rejet d’Israël. Un pauvre petit récite sa leçon : « aujourd’hui c’est mon anniversaire mais je ne le fêterai pas parce que des enfants meurent à Gaza. » Les enfants, la sagesse précaire ne s’en soucie guère, mais quel type d’adulte cela va-t-il produire ?

L’éternel mépris pour l’autre semble être au cœur du cerveau d’Homo sapiens. Il doit être indispensable à sa faculté extraordinaire pour l’usage de la violence et sa soif de pouvoir. L’homme nous déçoit. Pas seulement les pro-israéliens et les pro-palestiniens, mais l’espèce humaine dans son ensemble.

Qu’il ne faut jamais écouter ceux qui ont réussi

Demander à ceux qui sont devenus célèbres comment faire pour devenir célèbre, ils vous disent toujours les mêmes et vous donnent des conseils désastreux : il faut croire en ses rêves même si ces rêves sont communs, il faut toujours y croire, il faut quitter l’école car on n’y apprend rien. « Le secret, dit un fameux basketteur, c’est de ne pas avoir de plan B ».

Cela est désastreux car il n’y a pas de place pour tous ceux qui en veulent. Prenez le football et tous les sports professionnels. On sait combien de personnes peuvent accéder au haut niveau. On sait donc que l’immense majorité de ceux qui tentent leur chance ont échoué ou vont échouer.

Ceux qui ont reussi ont une tendance naturelle à penser qu’ils l’ont mérité, que la chance et le hasard n’y sont pour rien, et donc ils disent des inepties fondées sur le fait qu’eux ont réussi sans avoir plus talent que d’autres, ni sans avoir travaillé davantage. Ils occultent le facteur chance dans la réussite car ils l’ignorent, et ils l’ignorent car justement l’argent leur est tombé dessus.

Même les joueurs de casino et les rares gagnants du Loto finissent par trouver qu’ils méritent leurs gains.

Il est donc impératif de suivre les conseils des losers et de la sagesse précaire. Jeunes gens qui rêvez d’être une star, jous n’y parviendrez pas, alors prévoyez tout de suite un plan B. Travaillez votre musique, votre football et vos vidéos Tik-Tok. Travaillez mais ne croyez pas en vos rêves. Vos rêves sont cons comme la lune. Travaillez et si vous avez de la chance, alors peut-être recevrez-vous quelques gratifications.

Mais n’oubliez jamais que, statistiquement, vous n’avez aucune chance de réussir.

Le baroque pour tout étourdissement

La galerie verte a été construite dans les années 1730. À cette époque, l’homme fort de la Bavière s’appelle Charles-Albert, on ne le connaît pas car son ambition l’a dirigé vers l’est. Il fut même empereur du saint empire romain germanique sous le nom de Charles VII.

Galerie verte, Residenz, Munich, 1730

Dans son arbre généalogique, on voit que ses ancêtres directs sont notre roi Henri IV et Catherine de Medicis, ainsi que le grand roi d’Espagne Philippe II. Il ne faut donc pas voir les choses sous l’angle national. Un palais munichois ne vous permet pas de déceler une culture spécifiquement bavaroise, ni encore moins allemande.

Jeu de portes, de fenêtres et de miroirs

L’influence de la France, dans cette galerie verte, est évidente pour le simple flâneur. Puis on apprend que le souverain de cette époque avait assisté au mariage de Louis XV, qu’il était soutenu militairement par la France, et qu’il envoyait ses artistes et architectes à Paris pour se former.

Ces tableaux exposés, ces dorures et ces miroirs, étaient le lieu de fêtes extraordinaires, car la galerie verte était éclairée par de nombreuses bougies, et les flammes se reflétaient dans les dorures et les miroirs, créant un jeu visuel proprement étourdissant.

Ce qui importe, c’est la tendance baroque de l’Europe 1730. L’air de rien, à cette époque, on renversait radicalement les codes de ce qu’il fallait regarder.

L’oeil est autant attiré par les peintures que par les décorations

Le regard est sollicité par les décorations murales, les encadrements, les miroirs et même le parquet, autant que par le contenu des tableaux qui compose ce véritable musée privé.

Je rappelle qu’en 1730, nos villes et nos villages ne connaissent pas le musée. Pour voir des sculptures et des peintures, le peuple n’a que les églises et les cathédrales. La même chose peut se dire des livres et du savoir : les bibliothèques sont privées et les sages précaires sont employés par les familles riches qui ont besoin d’un vernis culturel pour faire bonne figure. Moi, en 1730, j’aurais probablement travaillé comme ouvrier itinérant dans les innombrables chantiers du type de la galerie verte. Je me serais fait virer pour manque de précaution et inaptitude. Je me serais cultivé sur le terrain et, comme j’aurais vite atteint les limites de mes capacités manuelles, je serais devenu précepteur pour instruire les enfants. À Munich, je leur aurais enseigné le francais, l’anglais et le latin. La philosophie et l’art. Rien qu’avec la galerie verte de la Résidence, il y a assez de richesse artistique pour constituer plusieurs années de masterclasses.

L’image de la France : dissimulation réussie de sa véritable identité

Romantisme à deux balles

Quelle image se fait-on de la France ? Compte tenu qu’elle a maltraité ses voisins, colonisé ses lointains et protégé des dictateurs quand des peuples voulaient se libérer, on peut tabler sur une image plutôt degradée.

Or, la France demeure le premier pays touristique du monde depuis les années 1980, et sa réputation ne semble pas être entachée par les guerres incessantes qui ont fait d’elle ce qu’elle est. Voici pourquoi selon moi.

D’abord, la propagande française a agi depuis le XVIe siècle pour faire croire à tous que la langue française était belle et aussi solide que le latin. Que la France était le siège d’une culture plus distinguée qu’ailleurs, que ses rois étaient divins, que sa gastronomie n’avait pas d’égale, etc.

Jardin à la française

Personne ne pouvait y croire sincèrement car l’autopublicité ne fait jamais recette. Mais une autre couche de peinture fut déterminante dans l’image moderne que se font de nous les étrangers : une propagande alternative délayée par des voisins malveillants.

Les Anglais ont abondamment dit de nous que nous étions des êtres sans honneur, sans fierté, sans honnêteté, que nous étions lâches, que nous nous étions couchés devant les Allemands. Cela fut repris par les Américains et l’ensemble du monde anglophone. Pour qui nous sommes pervers, libidineux, malodorants et outrageusement intellectuels, arrogants et profiteurs.

Ces deux propagandes contradictoires ont fini par se fondre l’une dans l’autre. L’idée qui ressort de ces discours est que la France est un pays habité par des cons mais où l’on peut voir des choses magnifiques. Où l’on mange bien même si les serveurs sont arrogants. Où l’on risque de se faire rudoyer mais où le romantisme reste une valeur. Où la paresse est subventionnée mais où l’on expérimente un art de vivre et une joie de vivre (que les anglais écrivent en italique dans leurs guides touristiques).

Où la démocratie n’est pas aussi développée que chez les anglo-saxons mais dont le peuple s’en fiche car il râle tous les quatre matins à coups de grèves et de barricades.

Où le sexisme règne en maître mais où les femmes sont malgré tout libres et pas farouches.

En bref, tous ces clichés permettent au moins une chose extraordinaire : faire oublier la dimension martiale de l’identité française, et la remplacer par des images orientalisées, un peu vieillies mais bénignes.

Cliché généré par une banque d’images internationale quand on saisit le mot « French ».

On voit toujours les Allemands comme des militaires, les musulmans commes des conquérants, les Chinois comme de froids calculateurs qui vont nous bouffer, les Américains comme les maîtres du monde capitaliste, les Russes comme d’invincibles agents prêts à tout pour arriver à leurs fins… mais nous, malgré nos conquêtes, notre tendance à l’invasion, notre bombe nucléaire, nos magouilles néocoloniales, nous jouissons d’une étrange réputation d’inoffensifs buveurs de vin.

Allemagne : pays cherche fête nationale

Hier, 3 octobre, tout était fermé à Munich. C’était la fête nationale, commémorant la réunification de 1990. Aucune célébration populaire, rien que des magasins fermés et un jour de congé.

Pour les Allemands, la fête nationale est un deuxième dimanche.

Avant la réunification, la RDA et la RFA avait chacune sa fête nationale, et c’était tout aussi décevant : ils célébraient des événements des années 1950.

Pourquoi ne plongent-ils pas plus profondément dans leur magnifique histoire ? Ils ont peur de leur histoire ?

La sagesse précaire s’est spécialisée dans ce genre d’événements, il fallait nous consulter. J’avais une panoplie de propositions à faire qui auraient pu donner lieu à d’excellentes réjouissances nationales pour fêter l’identité allemande.

La date de naissance d’Emmanel Kant.

La création du Faust de Goethe.

Le jour où une oreille humaine a entendu pour la première fois la Passion selon St Mathieu de J.-S. Bach. J’en aurais fait la fête nationale de la sagesse précaire.

La première victoire de la Mannschaft à la coupe du monde de football.

La mort de Hegel.

La création de l’ôde à la joie de Beethoven.

Le jour où Nietzsche est devenu fou.

Promenade au bord de l’Isar

Les bords de la rivière qui traverse Munich, dimanche 01 octobre 2023

Un long fleuve intranquille : l’action culturelle et la psychiatrie

Cécilia de Varine, 2023

Cécilia de Varine est à la fois une artiste, une médiatrice culturelle et une administratrice. Un peu comme le sage précaire, si à la place d’artiste on écrivait « blogueur », à la place de médiatrice « chercheur en littérature/prof de philo », et à la place d’administratrice « dictateur en puissance ».

Il fallait pour ce profil hors norme un métier incroyable, une activité insoupçonnée. Après avoir travaillé en musées, Cécilia a trouvé sa place chez les fous. Elle dirige depuis des années le service culturel d’un hôpital psychiatrique de Lyon, non pas le Vinatier, mais le Saint-Jean de Dieu.

Pour parler de son action et de cet hôpital, elle a rendez-vous tous les mois au micro d’une station de radio qui lui ouvre son antenne. Là encore, un concept d’émission très original, inouï sur les ondes traditionnelles des chaînes majoritaires.

La chronique de Cécilia est très bien faite. Elle tresse les histoires passionnantes de l’hôpital psychiatrique, de la ville de Lyon, et de l’exposition qu’elle met en place pour commémorer le bicentenaire de l’hôpital.

https://www.rcf.fr/bien-etre-et-psychologie/un-long-fleuve-intranquille-rcf-lyon?episode=403894&fbclid=IwAR3R8cVeiOYkm1VTSGqn5VziVxPwqORS1EdUZrP362rokMWdwjMoCmGPZ30&share=1

Julia Cagé et les conseils de lecture. Une faille dans la rhétorique de nos élites

L’économiste Julia Cagé est un bon produit du système scolaire français. Dès le début de l’entretien qu’elle a accordé à Thinkerview, on sait qu’elle a fait une thèse en Amérique et qu’elle a fait une grande école en France. On ne sait pas encore laquelle.

Tout le long de l’entretien, elle parle de choses dont elle n’est pas spécialiste, mais elle se comporte avec le charme de quelqu’un qui a l’habitude de passer des oraux. Elle se dit : comment passer pour un connaisseur sur cette question alors que je n’y connais rien ? Pour le sage précaire, qui n’est spécialiste que de cela, le bullshit intelligent, la prestation de Julia Cagé est très encourageante.

Le seul gros défaut dans la roublardise de Mme Cagé se révèle à la fin de l’émission, quand elle doit pourtant répondre à la question la plus facile.

Une des questions finales des entretiens Thinkerview consiste à donner trois conseils de lecture. Franchement, c’est du pain béni pour bricoler des réponses avantageuses. Or, souvent, les intervenants sont fatigués à ce moment-là et donnent des réponses mal foutues. Même l’écrivain François Bégaudeau ne s’en est pas bien sorti et a lancé trois noms comme ça, à l’arrache, sans habiter sa réponse.

Julia Cagé est très amusante à observer dans cet exercice car elle joue le rôle qu’apparemment on enseigne dans les classes préparatoires et les grandes écoles : l’art de parler de tout avec éloquence et de paraître aussi convaincant que possible. C’est en tout ce dont se flattait l’historien Patrick Cabanel en son temps. On ne devrait pas être fier de cela, et le sage précaire n’est fier de ce talent que parce qu’il n’en a pas d’autre.

D’abord elle dit : « ouais ! » mais elle n’a pas encore les trois livres en tête.

Après un silence, elle cite un livre de Barbara Stiegler mais elle en dit juste assez pour impressionner. Elle ne l’a pas lu. Elle en a tout juste entendu parler.

Ensuite elle galère pour trouver un deuxième conseil. Elle soupire, pense à voix haute, se demande ce qu’elle a lu récemment, et rien ne vient. La honte pour une intellectuelle française. Ressaisis-toi Julia.

À court d’idées, elle lance un truc de baratineur que nous connaissons tous : « Alors là je vais vous dire, ça va vous étonner. Je vais vous faire bondir, là. » C’est génial de voir, ça nous rend les élites plus proches de nous. Tenez-vous bien, je vais vous conseiller un truc, mais c’est une dinguerie, retenez-moi ou je fais un malheur…

Elle conseille toute l’oeuvre de Hanna Arendt. Comme c’est ridicule, et pour se rattraper, elle prétend l’avoir relue récemment. Pour faire passer la pilule, elle n’a d’autre choix que d’insister, de grossir le trait : »J’ai tout relu du début à la fin », dit-elle, en vous regardant bien dans les yeux, pour s’assurer que ça passe. C’est évidemment un gros bobard. Elle en tire de pauvres idées sans grand intérêt, des choses à moitié fausses, du bla bla convenu sur Hanna Arendt, mais elle pense avoir produit son petit effet.

Son troisième conseil est un roman de Paul Auster, et là non plus elle n’est pas brillante. Bon, c’est la fin de l’émission, elle n’est clairement plus la fringante normalienne qu’elle est d’ordinaire.

À part ça j’aime bien Julia Cagé et je regarde cet entretien pour la deuxième fois, ce qui est assez dire.

Ne l’appelez plus Fête de la bière mais « Fête d’octobre »

Photo générée par une banque d’images gratuites, quand j’ai saisi le mot « Oktoberfest »

Beaucoup de gens portent des costumes inspirés de la tradition bavaroise, à Munich, fin septembre. Culottes courtes en cuir pour les hommes et chaussettes en laine ; robes à fleurs pour les dames et cheveux tressés. L’imagerie populaire les montre souvent une chope de bière à la main et ventripotents. Contrairement à cette image véhiculée, les gens que je croise se mettent en fait sur leur 31 et deviennent très séduisants dans ces accoutrements.

Oktoberfest, à Munich, n’est pas qu’une fête de la bière. C’est curieux d’ailleurs, cette habitude française de désigner les fêtes des autres par un élément gastronomique. La « fête de la bière » pour les Allemands, la « fête du mouton » pour les arabo-musulmans. Un critique postcolonialiste dirait que cela indique une réduction orientaliste de la culture des autres à une simple boustifaille, afin de déprécier ladite culture et la rendre consommable. Mon impression superficielle est que pour les Bavarois, il se joue toute autre chose au sein de la communauté que de belles bitures, à l’occasion de la fête d’octobre.

Plusieurs fois, en nous promenant dans la capitale de la Bavière, nous fûmes impressionnés par le nombre de gens de tous âges costumés. Nous pensâmes que l’Oktoberfest devait fonctionner comme un grand terrain de drague, un gigantesque salon de la rencontre amoureuse.

De judicieux tailleurs se sont ingéniés à couper les vêtements traditionnels de façon à exhiber de généreux décolletés chez les femmes et d’avantageuses carrures chez les hommes. À nos yeux, les stations de trains de banlieue se transforment en défilés de mode.

Or, comme nous ne buvons pas de bière, nous ne nous introduisons pas dans les fameuses tentes où les gens se livrent à des activités infernales et font ce qu’à Dieu ne plaise. En conséquence de quoi, mon reportage s’arrête là.