Les Bûchers de Donegal Road

Quand je suis rentré chez moi, dans la nuit du onze au douze juillet, j’ai compris que le calme qui avait régné n’était qu’illusion. Je n’ai pas filmé ce que j’ai vu, des individus à terre, des hommes qui couraient ignorant les appels de riveraines au calme. Une femme en larme assise sur le trottoir. Les journaux du lendemain me diront que Belfast a encore connu des violences, dans d’autres quartiers, et surtout dans les quartiers dits « interface », où catholiques et protestants tentent de cohabiter.

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Le quartier où j’habite est presque entièrement protestant, grâce à quoi il n’y a pas de violence. Il n’y a pas de dialogue non plus. Il n’y a peut-être pas d’issue, en fin de compte. Cette année, sur le site de l’hôpital, le bûcher avait été attaqué et brûlé par des catholiques, à la différence de l’année dernière où ils n’avaient réussi qu’à voler les drapeaux.

Le long de Donegal Road, dans le sud de Belfast, plusieurs sites proposaient des réjouissances sectaires et familiales. Quatre ou cinq bûchers avaient été érigés, plantés de drapeaux irlandais et de messages de haine en direction de l’IRA.

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L’ambiance était beaucoup plus calme que l’année dernière, et ce pour plusieurs raisons que nous essayâmes de détailler : la coupe du monde de football venait de se terminer le soir même avec la victoire des Espagnols sur les « oranges » hollandais ; la lassitude de cette célébration ; les violences récentes ; l’absence de diversions organisée par les autorités qui, l’année dernière, avaient essayé de détourner l’attention du peuple et des médias par des bûchers officiels allumés la veille des « vrais » bûchers (machination qui avait peut-être exaspéré les militants loyalistes et mis leur volonté festive en incandescence)…

Au bout de Donegal Road, le rond-point de Broadway marque la fin du Village et le début du quartier catholique Falls. Il y avait des émeutes, ici, la semaine précédente, et la police s’y était installé pour éviter tout contact entre communautés. la fête ici, était un peu lugubre. Tina Turner n’était même pas le pire morceau de musique. Un sommet de vulgarité fut atteint avec une version techno de la Lettre à Elise. Seule une jeune femme à l’ample chevelure noire et à la peau blanche relevait le niveau avec un art de la danse joyeux, harmonieux et exhibitionniste. Le reste de la population essayait de s’amuser, mais quand il y a de la gêne, comme disent les anciens, il n’y a pas trop de plaisir. La gêne venait, non pas de la police et des citoyens qui nous empêchaient d’aller vers le rond-point de Broadway, mais du risque d’affrontement qui pesait sur les épaules de chacun. Tous se souvenaient des violences de la semaine passée. Ils étaient là, ce soir, par militantisme et par devoir, plus que par plaisir. Il était question de démontrer aux républicains qu’on n’avait pas peur, qu’on était toujours maître chez soi, et que rien n’empêcherait de danser sur la Lettre à Elise.

C’est à mon retour que je vis une population passablement en émoi, ce qui n’empêchait pas quelques jeunes couples de se rouler des pelles.

Le rond-point de Broadway a bien été le théâtre d’affrontements, plus tard dans la nuit. Le Belfast Telegraph daté du 12 juillet fait état de projections de cocktails Molotov et même de tirs d’armes à feu, blessant 13 policiers sur le rond-point. Dans l’ensemble de la ville, c’est 27 membres des forces de l’ordre qui ont été blessés, selon le même quotidien.

Défilés de Belfast – Lauréats et Loyalistes

L’été, on aime se déguiser, on aime défiler ensemble, en aime bomber le torse et montrer à la société de quel bois on se chauffe.

J’aime traverser le campus universitaire à l’époque de la remise des diplômes. La bonne société de Belfast vient célébrer la réussite de sa descendance. La bonne société vient surtout se contempler et se rassurer sur sa distinction. On se contemple en majesté dans ce temple qu’est l’université. Prendre des photos de ses enfants, c’est aussi prendre en photo l’ensemble de la classe sociale que l’on se plaît à incarner. Ici, au Royaume-Uni, les frais d’inscription sont très élevés, et faire des études est un luxe. La robe colorée que l’on porte le jour de la remise des diplômes est donc l’équivalent des plumes et des tatouages des Bororo : ils aident l’individu à habiter son rôle, sa fonction et sa place dans le groupe.

Au même moment, dans le quartier populaire du Village les loyalistes défilent aussi, se déguisent aussi, mais sans que le déguisement montre une supériorité de classe. Il s’agit surtout d’un sentiment d’apartenance à un territoire, un quartier, une communauté. Les individus n’habitent aucun rôle, aucune fonction, ils sont sans rang, alors ils se déguisent.

Les uns défilent en silence, les autres au son du tambour et des flûtes. Les uns sont filmés et photographiés par la presse, les autres ignorés et, si possible, dissimulés.

Début Juillet : roses oranges de Belfast

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Les roses de Belfast sont magnifiques. Au jardin botanique, qui jouxte le campus de Queen’s, une impressionnante roseraie expose les créations d’un botaniste nord-irlandais qui, après la guerre, s’est déchaîné. Il a excellé, ce me semble, dans l’évolution des couleurs sur la même fleur. Celle de la photo ci-dessus tend vers le rouge à mesure qu’elle s’ouvre. Et en profondeur, elle est d’un doré dont je n’ai pas réussi à rendre l’intensité.

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Les fleurs de Queen’s, elles aussi, sortent aussi de leur bibliothèque pour montrer leur robe de lauréat. Elles viennent d’être diplômées de l’université et elles défilent au sein même du campus pour une cérémonie qu’elles se remémoreront toute leur vie. 

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Elles se font photographier par papa et maman, et elles s’assurent d’avoir un compagnon. Je remarque qu’il y a une espèce d’harmonie familiale qu’on essaie d’exhiber devant le groupe social : les deux parents qui ont financé les études, et une compagne ou un compagnon, qui prennent la fonction, sur la photo, de futur co-géniteur.

Dans le même temps, début juillet, pas si loin des roses des beaux quartiers, les orangistes des quartiers protestants se préparent aux célébrations du 12 juillet. Le bûcher de la rue Donegal a été attaqué récemment, par de jeunes catholiques. Les jeunes protestants se sont remis au travail pour le reconstruire. Sur la photo, des résidus calcinés de l’incendie et des palettes nouvelles pour un ériger le bûcher qui doit allumé dimanche ou lundi prochain. Sur une pancarte, écrit en lettres blanches, cette déclaration : « Dieu a créé le monde en six jours, il nous en faudra cinq pour reconstruire notre bûcher« .

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Juste après les marches orangistes et les flammes des bûchers, en priant que les violences connexes soient bien canalisées par les autorités des deux communautés et ne dégénèrent pas, il sera question d’une « semaine de la rose ». Les fleurs seront de nouveau à l’honneur, pour le plus grand bonheur des sages précaires.

Parier pour la défaite de la France

Je vais profiter de la coupe du monde de football pour explorer un aspect important de la culture populaire anglo-irlandaise : le pari sportif.

De nombreux lieux de pari ont pignon sur rue mais les gens comme vous et moi n’y entrent jamais car ils paraissent un peu mal famés, sans fenêtres, sans ouvertures, ils ne sont pas très accueillants. Mais comptez sur moi, je ne vous décevrai pas, j’irai et m’y ferai des amis.

Pour ce qui est des paris, j’ai décidé de parier sur la défaite des Français. Ainsi, si nous perdons effectivement, j’aurai une petite raison de me réjouir, et pourrai payer des pintes à mes amis. Et si, par miracle, nous gagnons, c’est avec plaisir que j’oublierai cet argent dépensé en pure perte.

Mon colocataire anglais se marie

C’est pourquoi il nous a quittés aujourd’hui.

C’était un jeune homme discret. Je n’en parlais jamais car je ne le voyais jamais. Il venait dormir chez nous deux ou trois nuits par semaine, et ne descendait dans la cuisine que lorsqu’il était sûr de n’y voir personne.

Fiancé à une Irlandaise de Letterkenny ou de Donegal town, il rentrait chez elle toutes les fins de semaine, plus les mercredi soir.

Il n’entrait en contact avec moi qu’en début de mois, pour me verser son loyer.

Samedi, il va se marier avec cette jeune Irlandaise. L’Angleterre jouera contre les Etats-Unis le même jour, mais une ou deux heures après la cérémonie. Il n’en a pas vraiment parlé avec sa promise, mais il pense qu’il pourra voir le match. 

Dès la fin du ouikennde, les mariés partiront au Kenya pour une lune de miel bien méritée. L’année prochaine, il terminera son dîplôme universitaire et cherchera un travail. Il compte, à terme, monter son propre business, et partir jouer au golf en France et en Afrique (!) tandis que des gens prendront soin de ses affaires.

Et me voilà à nouveau avec une chambre libre sur les bras.

La fin d’Alex, la dernière gloire de mon quartier

Les journaux locaux mettent Alex « Hurricane » Higgins sur leur une, ces temps-ci. Soit parce qu’il a fait une rechute, soit parce qu’il a des révélations à faire. Ses révélations ont quelque chose de pathétique, à la hauteur des journaux tabloids qui mettent sa photo en première page. Il révèle en exclusivité qu’il y a de la corruption dans le monde du billard, ou il révèle qu’un tel a triché dans les années 80, et les journalistes essaient de monter cela en épingle.

Cet homme qui a été champion du monde à deux reprises, et qui fréquente le même pub que moi, est toujours la vedette préférée des fans de billard. La scène, dont j’ai mis la vidéo ci-dessus, est vieille de 28 ans et pourtant, elle continue d’être une référence grâce au drame de son scénario héroïque.

Si vous alliez au Royal pub, vous ne reconnaîtriez pas Higgins l’Ouragan. Il est devenu étique et fragile. Ses grands yeux bleus mangent son visage cadavériques et il fume ses cigarettes dans son coin quand il ne joue pas au tiercé. (Le Royal est le seul pub du pays à ma connaissance qui tolère encore que l’on fume à l’intérieur.)

La triste vérité, à mon avis, est que les journaux locaux s’attendent à ce qu’Alex passe sous peu l’arme à gauche, et qu’il sera alors temps de rendre de vibrants hommages à sa carrière et à sa fidélité au quartier du Village et de Sandy Row. Ces unes de journaux le rappellent au bon souvenir de la communauté pour que, le cas échéant, l’hommage rendu rencontre l’émotion populaire que le pauvre homme mérite.

Un jeune homme de Lettonie

Il m’avait téléphoné un matin où je n’étais pas d’humeur. Il voulait visiter la chambre que j’avais mise sur le marché. Il m’attendrait devant l’église méthodiste, sur Donegal road.

Moi, je pensais donner la chambre à un jeune du coin, un protestant extrêmement sympathique, qui ne voulait pas entendre d’une coalition de gauche pour son pays, mais qui savait où se situait la Swatt Valley au Pakistan et qui connaissait des joueurs de l’Olympique lyonnais. Un mec de droite qui travaillait de nuit dans des boulots sans intérêt pour lui.

Une fille avait envie de vivre dans ma maison, aussi. Une fille très charmante, mais qui avait un chien et qui voulait qu’on la débarrasse de tous les meubles de la chambre pour qu’elle puisse y mettre les siens. Trop d’emmerdements en perspective, je préférais le jeune du coin, fût-il conservateur et difficile à entendre par moments.

Bref, je vais à l’église méthodiste, et je vois un jeune homme avec une valise et un sac à dos. Il visite la chambre et il me demande de signer le contrat. Il n’y a pas de contrat, ici, lui dis-je. Ici, c’est de la main à la main, top là et à la revoyure.

Je regarde son bagage, je contemple sa motivation tranquille, sa modeste assurance, et je lui dis d’accord, top là. Cela fait trop longtemps que je perds de l’argent avec cette chambre vide, je ne vais pas laisser l’occasion de remplir en un instant ladite chambre et mon portefeuille.

C. vient de Riga, en Lettonie, et il a traversé l’Europe de la Baltique avant de s’envoler pour l’Irlande du nord. À vingt ans à peine, il a déjà gagné sa vie en travaillant dans des usines en Suède, des bureaux au Danemark, en entraînant des équipes de basket ball en Estonie. Il a besoin d’un logement à Belfast au plus vite car il compte aller travailler dès le lendemain.

Je le revois dans le salon deux ou trois jours plus tard. Il a déjà trouvé deux jobs. Le premier, il l’a quitté au bout de deux jours, et le deuxième, sur les docks, il commence lundi.

La Bataille d’Alger est-elle toujours tabou ?

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Au festival du film de Belfast, ils ont diffusé La Bataille d’Alger. Un film de 1966, écrit et réalisé par des Italiens, basé sur les mémoires d’un leader du FLN et produit par le tout jeune gouvernement algérien. C’est plus complexe que cela, mais je résume.

Le film est devenu culte car il est fréquemment repris pour exemple d’une situation où une armée officielle finit par perdre une guerre alors même qu’elle avait gagné la bataille principale. Comment gagner l’aspect militaire et policier d’une guerre tout en perdant au final la bataille idéologique et médiatique. C’est un peu ce qui se passe avec les Irlandais d’Irlande du nord, et c’est aussi ce que Bush redoutait avec les Irakiens. C’est la raison pour laquelle il a diffusé ce film au Pentagone, en 2003, comme une sorte de training au traitement des guérillas urbaines.

Le film est bien fait, assez beau, dans le genre realisme italien, à tendance documentaire. Pour éviter d’être taxé de parti pris, le rôle de « colonel Mathieu », un mélange de Massu et de Bigeard, est outrageusement noble et racé. La noblesse putative des Francais est bien entendu le meilleur moyen pour le FLN de se hausser au niveau de l’Histoire.

Après le film, séance de discussion avec la directrice du festival. La Bataille d’Alger était le « Director’s choice ». Une femme française prend la parole. Elle dit que la guerre d’Algérie est un gros tabou en France, qu’on ne l’enseigne pas à l’école, et qu’elle a honte de son pays. Ah ! les Français et leur haine d’eux-mêmes. On devrait les envoyer sur une île et qu’ils nous foutent la paix. Que cette femme ait honte, soit. Elle a bien choisi son pays d’adoption pour soigner ses délices culpabilisatrices. Mais dire que ces événements sont tabous, c’est faux. Moi, on me l’a enseignée à l’école, la guerre d’Algérie, ainsi que les autres guerres, coloniales et d’indépendance.

Et puis il y a eu d’autres films, d’autres débats, des émissions de télé, des livres. Des articles de journaux par milliers. Pourquoi dire que c’est un tabou ? Le film même montre que les journalistes français questionnent le général Mathieu sur la torture. Il y est fait mention de Jean-Paul Sartre qui dénonçait les actions de l’armée française. Sartre était l’intellectuel le plus célèbre de France. Alors, comment peut-on parler de tabou ?

Ce n’est pas la première fois que j’entends des Français dire que ces choses sont cachées. J’ai l’impression que ce sont eux, les Français de l’étranger, qui n’écoutaient pas pendant les cours d’histoire, et qui ne lisent pas les journaux. Et plutôt que d’avouer qu’ils sont peu informés, peu ouverts sur l’histoire et l’actualité, préfèrent incriminer leur pays d’origine pour justifier leur ignorance.

Gentillesse théâtrale de Liverpool

A la fin de la pièce, le public a applaudi à tout rompre. Je me suis demandé si j’avais raté quelque chose. Clairement, une émotion était passé dans la salle et m’avait laissé de côté.

Je voyais une communion entre les acteurs et le public, debout et criant, à laquelle je ne m’attendais pas… Mais soudain je compris.

Ce n’était pas des spectateurs qui remerciaient des acteurs. c’était des Anglais de Liverpool qui envoyaient un message de soutien et d’affection aux Irlandais de Belfast. Les acteurs étaient d’Irlande du nord. Moi, j’avais cru qu’ils imitaient l’accent de l’Ulster, mais non, ils étaient d’authentique survivants des Troubles. Le geste d’un acteur m’a mis la puce à l’oreille : de la main, il invitait le public à aller boire une pinte après le spectacle. Geste typique de l’Irlandais qui joue son rôle de buveur sympathique, jovial et pas fier.

En desendant les marches du théâtre, je me suis dit qu’il y avait un exibitionnisme propre aux îles britanniques (Irlande et Royaume-Uni) : celui qui consiste à surjouer la « niceness« , la gentillesse simple et pas fière. Sincèrement, il y a quelque chose d’étouffant à cette pompe très particulière. On a envie de leur dire : « C’est bon, camarade, je sais que vous êtes sympas, ne faites pas tant d’effort. »

Des élections britanniques : pour qui voter quand on est protestant de gauche ?

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Les Britanniques vont voter début mai, tout le monde le sait. Ce que l’on connaît moins, c’est la manière de voter des habitants d’Irlande du nord.

En France, dans toutes les régions, même outremer, on retrouve les partis principaux et l’opposition habituelle gauche/droite, ce qui permet à toute la nation de lire les enjeux politiques à peu près dans les mêmes termes.

Il n’en va pas de même ici. En Irlande du nord, par exemple, on assiste à la lutte entre les trois champions nationaux, Brown (Labour), Cameron (Tories) et Clegg (Liberal Democrats), mais on ne peut pas voter pour eux. On doit voter pour les partis en présence en Irlande du nord, qui ne se distinguent pas sur les mêmes enjeux qu’en Angleterre. En Irlande du nord, les partis s’opposent principalement sur la question de l’appartenance de la province. Les partis « nationalistes » (SDLP et Sinn Fein) sont pour la réunification de l’Irlande, et les partis « unionistes » (UUP et DUP) veulent rester des citoyens britanniques. Les autres partis qui n’entrent pas dans cette problématique sont minoritaires. 

Comme il y a deux partis « nationalistes » et deux partis « unionistes », on pourrait imaginer qu’ils se partagent entre eux les voix de droite et les voix de gauche, mais ce n’est même pas le cas, et c’est ce qui m’étonne le plus. Les deux partis unionistes sont plutôt de droite, et les deux partis « pro Irlande unie » se définissent comme socialistes ou social démocrates.

Je connais des protestants de gauche qui ne savent pas pour qui ils vont voter. Ils ne veulent pas d’une Irlande unie pour des raisons économiques et culturelles, mais ils ne veulent pas soutenir les conservateurs non plus. S’ils habitaient en Angleterre, ils voteraient Labour ou Liberal Democrat, mais chez eux, ils ne se sentent pas représentés.

Je ne connais pas vraiment de catholiques de droite, ultra conservateurs, mais j’aimerais bien savoir comment ils voient cette élection, et pour qui ils voteront. Ils sont pour la réunification de l’Irlande, mais pas sur des bases socialistes, alors que faire ?

Cette situation étrange explique peut-être en partie pourquoi on entend souvent dire, comme l’écrivain McLiam Wilson l’a fait dans une interview en français sur France Inter il y a quelques mois, des choses très dures à l’égard des politiciens nord-irlandais. On entend souvent dire que la population nord-irlandaise a « évolué », mais que la classe politique est restée la même, luttant pour de vieilles lunes qui n’intéressent plus personne. Moi, c’est ce dernier discours qui me rend perplexe. Si les partis étaient vraiment déconnectés de la réalité, est-ce que les gens voteraient encore pour eux ?