Le Sage précaire apprend à fermer sa gueule

Il y a des gens qui détestent les cons. Pas moi. D’ailleurs, je ne sais pas les identifier. Je peux fréquenter quelqu’un pendant des années, sans savoir si c’est un con ou pas. Les autres m’en informent parfois.

Les difficultés relationnelles, le sage précaire les connaît plutôt avec une engeance spécifique : les supérieurs hiérarchiques.

Pas tous, notez, bien. J’ai connu de très bons chefs, sous l’autorité de qui j’ai travaillé des mois et des années sans l’ombre d’un nuage. Le vrai problème, en réalité, c’est l’incompétence de certains supérieurs hiérarchiques. Qu’ils aient de l’autorité sur moi, passe encore. Qu’ils soient stupides, ou incultes, admettons, ça ne me dérange pas. S’ils savent de quoi ils parlent, s’ils connaissent leur domaine d’activité, c’est déjà beaucoup et ça me convient amplement.

Mais trop souvent, ces individus se retrouvent en position de responsabilité sans le mériter, et détiennent un droit de vie ou de mort sociale qu’ils manipulent sans scrupule et sans lumière. Cet état de fait me rend nerveux, et je ne parviens pas à m’y soumettre. Ces mauvais chefs s’avèrent mal assurés dans leur gestion, peu sachant dans leurs approches, confus dans leurs ordres, malhabiles dans leurs feedbacks, ce qui les rend contradictoires dans un premier temps, difficiles à suivre, puis lâches dans un second, avant d’être expéditifs pour faire table rase. Et ils se débarrassent de vous comme si, par magie, d’autres collaborateurs leur apporteraient les compétences dont ils manquent.

Ce sont ces supérieurs qu’il faut savoir endurer pour réussir dans la vie. Je regarde autour de moi : nombre de mes amis ont le portefeuille bien rempli et dorment sur leur deux oreilles, grâce à leur capacité à avoir su se taire face à des supérieurs incapables. Ils en souffrent, mais savent souffrir en silence. C’est une force qu’ils ont, et que je contemple avec envie.

Autant le sage précaire aime travailler en équipe et s’entend bien avec ses égaux, autant il peut être chatouilleux avec celles et ceux qui ont du pouvoir. Pour des raisons purement pragmatiques, il vaudrait mieux s’écraser et laisser dire, mais c’est difficile pour moi. Le fait même qu’ils aient du pouvoir, c’est plus fort que moi, me conduit à les provoquer. C’est bizarre, cela doit correspondre à une maladie.

Un vieux problème avec l’autorité, qui a commencé dès l’école maternelle.

Mais cela doit finir. Résolution de la nouvelle année : le sage précaire va tâcher de fermer sa gueule avec les cons qui l’emploient.

 

 

Musée des Confluences, de l’intérieur

« Émile Guimet dans son musée », peinture de Jean Luigini, 1898.

C’est un étrange « muséum » que le Musée des Confluences. Je dis « muséum » car il me fait penser au British Museum de Londres, ou au World Museum de Liverpool, voire à l’Ulster Museum de Belfast. Comme dans ses homologues britanniques, on y trouve un peu de tout : des animaux empaillés, des carcasses de bêtes préhistoriques, des objets de curiosité, des ordinateurs, des reliques religieuses des pays lointains, des machines scientifiques, d’anciens observatoires, des manuscrits asiatiques, des souvenirs de voyage, de vieux téléphones, un minitel et des récits de l’origine du monde. On dit que c’est un musée de la science.

Ce qui est émouvant (car un musée se doit d’être émouvant)

Camarasaurus, photo Wikipedia

c’est qu’il accueille et met en valeur plusieurs collections qui dormaient dans la bonne ville de Lyon.

D’abord le fameux Emile Guimet, qui a donné son nom au Musée Guimet de Paris. Vous voyez, vous y êtes allés, c’est près du Trocadéro, métro Iéna : collection magnifique d’art asiatique, due en grande partie aux pillages de l’époque coloniale. Eh bien Emile Guimet (1836-1918) était lyonnais, il était industriel, artiste, musicien et voyageur. Il a conduit plusieurs missions en Asie, et a rapporté des dizaine de milliers d’objets. Il a tout donné à la nation. Un premier musée a d’abord été fondé à Lyon, puis une réplique a été créé à Paris pour devenir ce que l’on sait. Le Musée Guimet de Lyon était consacré à l’histoire naturelle. Les gens de mon âge s’en souviennent, c’était vieux et poussiéreux, les planchers grinçaient, les cartels étaient écrits à la main. On y admirait le mammouth de Choulan, ce n’était pas rien. Quel dommage de l’avoir fermé, c’était un témoignage hors du commun de l’esprit scientifique du XIXe siècle.

Aujourd’hui, le musée flambant neuf propose un nouvel écrin, évidemment très spectaculaire. Un espace gigantesque consacré à la vie et l’oeuvre d’Emile Guimet, un lieu où je me dois, pour des raisons professionnelles, de retourner et dont je vais m’imprégner. S’il ne s’agit pas d’une exposition temporaire. Et d’autres salles en enfilade qui mettent en espace les collections d’histoire naturelle.

Clin d’oeil ethnocentrique et colonialiste : une tunique d’autochtone du Nouveau Monde dans la même vitrine que des mammifères d’Amérique !

Voilà, je ne vais pas faire le détail de tout ce qu’on peut y voir. Tout est contestable dans ce musée, depuis l’enveloppe jusqu’au moindre recoin, mais cela reste une promenade fascinante, un spectacle hors norme dans un quartier forcément magique.

Le Musée des Confluences, de l’extérieur

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Selon un article du Monde, l’apparence de ce musée donne l’image d’un accident d’avion. Belle intuition de journaliste. Le nouveau musée de Lyon incarne en effet une chute et une carlingue froissée, comme si un météorite était tombée sur la vieille capitale des Gaules.

Encore un nouveau musée dans une ville de province. C’est ainsi, toutes les villes se dotent d’infrastructures impressionnantes pour attirer les touristes. Le miracle qu’a connu Bilbao, avec son Musée Guggenheim ouvert en 1997, tout le monde rêve de le connaître. La sagesse précaire ne saurait dire si c’est une bonne ou une mauvaise chose.

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Il y a une chose que le sage précaire aime, c’est la géographie. Et Lyon est une des villes françaises les plus excitantes, du point de vue de la géographie, de la topographie et de la géologie. Deux cours d’eau principaux se rejoignent au centre ville, la Saône et le Rhône. Une bande de terre se rétrécit inexorablement, sous l’attraction du fleuve et de la rivière, jusqu’à disparaître dans l’eau, au moment où les deux voies s’épousent.  On appelle « le Confluent » cette bande de terre.

Le musée des Confluences s’appelle ainsi parce qu’il célèbre cette géographie, mais pas seulement. Il s’agit aussi d’un musée scientifique qui voit se réunir plusieurs disciplines de recherche. Sciences naturelles et sciences de l’homme mêlent leurs eaux pour proposer des salles d’exposition spectaculaires, qui racontent l’origine des choses, l’évolution de l’humanité ou les explorations d’anciens savants.

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L’architecture est assez folle. Le but de ce monument, semble-t-il, est d’être vu, de faire parler, d’impressionner et, si possible, de créer de la conversation. Un cabinet d’architectes autrichiens a remporté le concours et incarne aujourd’hui la modernité lyonnaise.

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Les Lyonnais étaient impatients de visiter enfin ce mastodonte. Dès le premier d’ouverture, les entrées font le plein. Nous verrons si cela tient la route dans le temps.

Pour le moment, le sage précaire y est allé voir de ses yeux. Une première fois avec la femme qu’il aime, une deuxième fois déguisé en journaliste, pour les voeux du maire aux élus du Grand Lyon.

Bilans de ces agapes : vins rouge de Saint Joseph et excellents petits fours. On parlera une autre fois de ce qui se visite à l’intérieur du Musée des Confluences.

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Posologie : des mots pour guérir

Lévi-Strauss au Brésil

La lecture peut être une activité de transe. La lecture est peut-être ce qui nous met le plus facilement en transe. Quand on est pris dans un livre, notre concentration peut être apparentée à de l’hypnose. Et dans cette transe, dans cette hypnose, de nombreux phénomènes peuvent arriver, parmi lesquels la guérison, ou le soin.

J’ai essayé de me frotter à ce type d’écriture avec mes Lettres du Brésil, mais loin d’approcher de la transe, je cherchais à susciter l’apaisement chez le lecteur, une sorte de massage, ou de caresse mentale.

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Selon moi, s’il y a un auteur qui est passé maître dans l’art de la transe littéraire, c’est Claude Lévi-Strauss, et ce dans un seul de ses livres, le fameux Tristes tropiques. Quand j’étais doctorant, je faisais de longues plongées dans son oeuvre, et j’en remontais heureux, calme et reposé.

Dans mon souvenir, je me vois émerger dans le bureau collectif des thésards, le soir venu, tout seul. Les camarades étaient rentrés chez eux. Lévi-Strauss m’avait emporté dans son monde. Il avait opéré sur moi un charme qui m’avait fait plonger, et qui me rendait absent au monde pendant des heures.

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D’ailleurs, j’ai tort de dire que c’est uniquement vrai de Tristes tropiques. En réalité, l’ensemble du volume d’oeuvres, publiées dans la Pléiade, possède cette force de fascination, grâce à de nombreux échos, renvois, répétitions et rebonds. Mais j’ai déjà parlé de cela ici .

C’est pourquoi j’envisage parfois des lectures de Tristes tropiques comme une sorte de prescription médicale, avec diagnostique et posologie, sur le mode « Pour ce mal, tant de pages ».

Pour ton mal de vivre, le chapitre sur les Nambikwara. Celui-ci soigne à peu près tout. Si les symptômes persistent, revenir m’en parler pour un traitement de choc.

Pour tes angoisses nocturnes, une plongée dans le chapitre sur les Caduveo.

Pour le retour de l’être aimé, lire le chapitre « Hommes, Femmes, Chefs ». Méditer la question de la générosité. Si l’être aimé s’obstine, venir me voir.

Pour la dépression due au chômage, au déclassement et à la précarité, je préconise le chapitre intitulé « L’apothéose d’Auguste ». Une dose de cinq pages par jour pendant deux semaines, (et ne pas hésiter à relire des pages si nécessaire).

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Comme tous les médicaments, Tristes tropiques peut avoir des effets secondaires : pour ceux qui sont sujets à des accès de fièvre islamophobe, éviter les pages de la fin du livre sur l’Islam. Lévi-Strauss n’a jamais beaucoup étudié cette religion, et ce qu’il en dit serait passible d’une fatwa, voire d’un attentat aujourd’hui.

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Photos : Claude Lévi-Strauss, Saudades do Brasil.

Récit de voyage balsamique

Chemin des glaces

Si j’ai qualifié mon récit épistolaire de « balsamique », c’est parce que je m’intéresse à cette question du baume depuis longtemps.

Je me demande si l’on peut identifier une catégorie de récit de voyage qu’on pourrait appeler thérapeutique, ou cathartique, ou balsamique. Des voyages qu’on ferait pour guérir quelqu’un ou pour le soulager. Je ne parle pas de ces exploits que l’on fait pour lever des fonds dans un but caritatif, mais d’un voyage magique, que l’on raconte à un tiers pour qu’il aille mieux.

On connaît bien sûr les histoires qu’on raconte aux enfants pour les calmer et les endormir. Mais il y a aussi ces livres qui se présentent explicitement comme thérapeutiques.

Sur le chemin des glaces, de Werner Herzog. Dans les années 1970, le cinéaste part de Munich et marche jusqu’à Paris, où il va retrouver une amie gravement malade. « Je me mis en route pour Paris par le plus court chemin, écrit-il, avec la certitude qu’elle vivrait si j’allais à elle à pied. » Traduction française d’Anne Dutter.

Magie de la marche, magie des mots.

Le Marin à l’ancre, de Bernard Giraudeau. L’acteur publie en 2001 des lettres à un ami handicapé, il voyage à sa place, et quasiment à sa demande. « Il a voyagé pour lui », dit la présentation de l’éditeur.

La posture de Giraudeau me plaît peu, car il renoue avec la figure du héros qui voyage à notre place, comme si on avait besoin d’une caste d’élite qui nous fasse courir des aventures par procuration.

Mais enfin, le fait est là. Si trois individus aussi éloignés que Werner Herzog, Bernard Giraudeau et le sage précaire ont eu la même idée, c’est que c’est une idée universelle, que tout le monde l’a eue ou pourrait l’avoir.

Une scène de Romain Goupil

La scène centrale du dernier film de Romain Goupil est une engueulade entre Goupil lui-même et une vieille dame.

La dame vient se plaindre du fait qu’on a enlevé une plaque sur la façade de l’immeuble. Goupil crie que l’homme, honoré par la plaque, était un nazi. La dame répond que c’était un grand musicien.

« Un grand musicien ? Ce monsieur a composé la musique d’un film antisémite.

Comment pouvez-vous juger ? dit la dame. Peut-être qu’on l’a forcé ? »

Alors Goupil rit d’un air supérieur et tance la vieille dame. On se dit qu’elle est peut-être liée à ce musicien collaborateur. Que c’est peut-être sa fille, ou une musicienne qui a étudié son oeuvre. On ne sait pas, mais elle est bouleversée.

« On l’a forcé ! Vous voulez dire que, sous la torture, on a forcé ce mec à composer la musique d’un film de nazi. Cassez-vous madame ! »

La vieille dame éclate en sanglot et s’enfuit.  

Ce que ne dit pas le film, c’est que ledit musicien était sans doute précaire, comme nous tous. La vieille dame a raison, on l’a forcé à travailler pour les Allemands. Non pas sous la torture, mais par la misère économique.

Un beau roman est écrit sur ce sujet : Un roman russe d’Emmanuel Carrère. Carrère raconte comment son grand-père, immigré russe ou ukrainien, a travaillé pour les Allemands pendant l’occupation. Pauvre, inemployé, écrivain raté, mais parlant couramment français, allemand et russe. Seuls les nazis lui ont proposé un boulot.

Goupil aurait honni le grand-père de Carrère.

Au générique de fin, on contemple tous les soutiens financiers et politiques qui défilent sur l’écran, pour que Goupil ait les moyens de travailler.

Lettres du Brésil, le livre

 

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C’est fait, mes lettres brésiliennes sont accessibles en un clic. Mon livre se jette à l’eau.

Grâce à Pierre (Ebolavir), qui a oeuvré diligemment pour transformer le fichier Word en livre numérique, j’ai le plaisir de voir mon récit de voyage épistolaire en vente sur la plus grande librairie du monde.

Alors je sais, Amazon, c’est le diable. Sur Facebook, des amis me préviennent qu’ils n’achèteront pas mon livre sur ce site infâme, et qu’ils attendront une librairie alternative. Avec l’aide de Dieu, des choix et des solutions apparaîtront.

En attendant, je suis content que ce texte connaisse une vie publique. L’avantage qu’il soit un « produit » numérique est qu’il n’encombre personne. Il ne pèse rien, ne prend pas la place d’un autre, ne se bat pas pour être vu sur une table de libraire, ne sera pas retourné parmi les invendus.

Il ne consomme aucun papier, n’utilise aucune substance polluante comme l’encre et la colle. Il ne sera pas épuisé.

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Et puis encore une fois, les grosses entreprises numériques peuvent être les alliés des plus petits artisans de la plume. Dès la mise en vente de mon livre, des lecteurs ont pu se le procurer, pour une poignée de dollars, au Canada, aux USA et au Brésil. Pour mes amis chinois, ça va être un peu plus dur, peut-être, je ne sais pas.

Autre chose, qui va faire hurler dans les chaumières : Lettres du Brésil peut se lire sur un téléphone. Je le sais, un de mes frères est en train de le faire, et il se dit très satisfait. Cela me plaît infiniment que ma petite prose puisse s’infiltrer ainsi, sur différents supports et sur différents continents.

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Résultat de la consultation

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Le gagnant de la consultation est cette couverture, montrant un homme planté devant l’océan.

Je sais, ce résultat est étonnant quand on lit le billet d’il y a quelques jours. Sur ce blog, les commentateurs ont voté en majorité pour la carte Renaissance et pour l’architecture de Niemeyer.

Mais c’est Facebook qui a fait pencher la balance pour le choix final. A ma grande surprise, c’est celle-ci, le vieil homme et la mer, qui a attiré une nette majorité de suffrage. Encore plus étonnant, il semble que ce soit la préférée, et de loin, de la gent féminine.

Les gens les plus proches de moi, d’un point de vue socioculturel, ont préféré la carte Renaissance et l’architecture de Brasilia. Mais quand on écrit, on désire aussi toucher celles et ceux qui ne vous ressemblent pas.

Et d’ailleurs, le sage précaire se sent bien avec les gens qui sont loin de lui.

Une librairie disparaît

Dans le bon quartier de la Croix-Rousse, à Lyon, les  libraires ouvrent et ferment chaque année. Rue Jacquart, un libraire va bientôt mettre la clé sous la porte. Quel dommage, dira-t-on.

Oui, le sage précaire le dit aussi, quel dommage.

Il se trouve juste en face d’une école, et quand les mamans viennent lui demander les livres proposés par les professeurs, il ne les a pas et n’est au courant de rien. Il n’a pas cherché à établir de contact avec l’école. Il a aménagé un petit espace enfants, très sympathique, mais n’est pas allé plus loin dans le marketing.

Il aurait pu être un lieu de rendez-vous, d’échanges pour les parents d’élèves et les enfants. Un lieu de vie pour les gens du quartier. Il a préféré être seulement un amoureux des livres qui attend le client.

Même le sage précaire n’osait pas entrer dans sa boutique, lui qui aime traîner n’importe où.

Petits libraires et grosses baleines

« Pour Amazon, écrit un commentateur, le livre est une canette de soda, un moyen comme un autre de faire du business ».

Et pour les autres libraires, est-ce vraiment différent ? Je note que les libraires sont des gens formidables mais qu’ils sont malheureusement parfois un peu arrogants avec les livres et les auteurs sans prestige. Je me suis vu rejeté plusieurs fois par de petits libraires, alors que les gros (Fnac, Decitre, Sauramps, Amazon) ne faisaient pas la fine bouche. Au final, c’est Amazon qui a le plus vendu mes livres.

Paradoxalement, ce sont les très grosses structures qui sont les meilleures alliées des tout petits poissons comme moi.