
Dans quelques semaines, je vais commencer ma troisième et dernière année de thèse. Le temps passe vite et si je le pouvais, je signerais volontiers un contrat qui me donnerait trois années supplémentaires pour un autre projet de recherche, dans la continuité de celui-là.
Ce dont je voudrais témoigner, rapidement, c’est encore du bonheur que la situation de doctorant boursier procure. C’est vraiment une joie profonde, qu’il faut savoir vivre et sentir palpiter dans chaque parcelle de son corps. Je le disais à des amis qui s’inquiétaient : à la surface, il peut y avoir des emmerdements, du stress, toutes sortes de mécontentements, mais au fond, ce qui domine c’est le bonheur de lire et d’écrire. Le confort d’avoir assez d’argent pour ne pas penser au lendemain, le luxe d’avoir un toit sous lequel le monde entier se rencontre et écoute des comédies musicales indiennes.
Mais c’est une forme de bonheur difficile à faire comprendre. Dans un billet intitulé « Jouissance d’un rat (de bibliothèque) » j’avais tenté de le faire quelques mois après le début de mon doctorat. Quand je relis ce billet, je suis d’accord à cent pourcent et pourrais signer le même texte sans en changer une virgule.
Je discutais avec le thésard le plus cool de l’université, quelqu’un que tout le monde aime et apprécie. Il joue dans un groupe, c’est le mec cool. Il n’a pas fait grand chose pendant trois ans, et c’est maintenant, ayant dépassé la durée de sa bourse, qu’il met les bouchées double pour finir sa thèse. Il m’a dit qu’il avait tenu à faire de cette thèse « un boulot » et non « sa vie ». Y travailler de 9h00 à 17h00, mais pas y passer ses soirées et ses week-ends.
C’est drôle, les gens pensent souvent que lire, écrire, faire des recherches, sont des activités qui se situent à côté de la vie. Moi, quand j’écris, quand je lis, je ne me sens pas moins vivant, tant s’en faut, que quand je fais d’autres choses. Suis-je différent des autres chercheurs ?
Quelles sont les activités qui sont « dans » la vie ?






